Synagogue de Siedlce (1859-1939)

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La synagogue de Siedlce

La synagogue de Siedlce, située rue Warszawska (aujourd'hui rue Józefa Pilsudskiego) a été construite en 1859 et détruite par les Allemands en 1939.

Siedlce est une ville de l'est de la Pologne située à environ 100 km à l'est de Varsovie. De 1815 à 1831, Siedlce fait partie du Royaume du Congrès sous tutelle russe, puis sous domination russe jusqu'en 1868 et incorporée à l'Empire russe à cette date. Après la Première Guerre mondiale, elle intègre la république polonaise nouvellement créée. La ville compte actuellement un peu plus de 75 000 habitants.

La communauté juive jusqu'en 1949

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Siedlce, comme de nombreuses villes de Pologne possédait une population juive significative. À certaines époques, ils étaient même majoritaires.

La présence des Juifs à Siedlce est attestée à partir du milieu du XVIe siècle par la présence de marchands, artisans et aubergistes juifs. Un hôpital juif existe dans la ville dès le début du XVIIIe siècle. En 1794, un Beth Midrash (maison d'étude) est ouvert et en 1798 le cimetière juif est agrandi, témoignant de l'accroissement de la communauté. Siedlce est alors sous domination autrichienne conformément au troisième partage de la Pologne en 1795. En 1815 formellement (en 1813 de facto), la ville passe sous contrôle russe et va le rester plus d'un siècle. Jusqu'en 1819, la communauté juive de Varsovie, située 90 km à l'ouest est officiellement soumise à l'autorité des rabbins de Siedlce.

La politique russe discriminatoire à l'égard des Juifs leur interdit pendant la majorité du XIXe siècle, de s'installer en dehors de la Zone de Résidence. Pendant cette période, la population de Siedlce augmente régulièrement et les Juifs vont représenter la majorité de la population de la ville: 3 727 Juifs soit 71,5% de la population en 1839; 4 359 soit 65 % en 1841; 5 153 soit 67,5 % en 1858 et 8 156 soit 64 % en 1878. Par la suite, le pourcentage de Juifs va décroitre à la suite d'une migration non juive. En 1897, selon un recensement russe, la population totale de la ville est de 23 700 habitants, dont 11 400 Juifs, ce qui représente environ 48 %[1].

Lors du premier recensement polonais après la Première Guerre mondiale, en 1921, 14 685 Juifs habitent à Siedlce, et ce nombre va peu varier pendant la période entre les deux guerres. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, la population juive de la ville est estimée à environ 15 000 personnes.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les Juifs, comme dans toute l'Europe de l'Est et centrale, sont de plus en plus impliqués dans des activités politiques, sociales et culturelle séculaires. En 1900, le Bund (Union générale des travailleurs juifs) ainsi que les mouvements sionistes commencent leurs activités dans la ville. De nombreux Juifs sont adhérents au Parti socialiste polonais. Un lycée juif est fondé pendant la Première Guerre mondiale et entre 1911 et 1939, paraissent deux hebdomadaires en yiddish.

Dans les dernières décennies de l'Empire tsariste, de nombreux activistes, Polonais et Juifs, de Siedlce prennent part à la révolution polonaise de 1905. Après une série d'attaques contre des Russes dans toute la Pologne lors du mercredi sanglant (Krwawa środa) le 15 août 1906, les autorités russes organisent en représailles un pogrom à Siedlce du 8 au [2],[3],[4],[5] pendant lequel 26 Juifs sont assassinés.

À la suite de la Première Guerre mondiale, la ville est impliquée dans la guerre soviéto-polonaise, occupée en 1920 par l'Armée rouge et reprise en 1922 par l'armée polonaise.

Seconde Guerre mondiale

En 1939, les Juifs représentent environ 37% de la population de la ville. Les Allemands transfèrent à Siedlce plus de mille Juifs en provenance d'autres régions de la Pologne, principalement de Łódź, Kalisz et Pabianice. En mars 1941, avant que n'ait été décidée la Solution finale visant à l'extermination de tous les Juifs, des bataillons de l'Ordnungspolizei (Orpo ou police de l'ordre) font un carnage à Siedlce pendant trois jours, tuant un grand nombre de ses habitants juifs. En août de la même année, les Juifs sont parqués dans le nouveau ghetto de Siedlce, constitué de plusieurs petits blocs d'immeubles sur une douzaine de rues piétonnières dans le centre de la ville. Le , le ghetto est complètement coupé du monde extérieur. En août 1942, quelque 10 000 Juifs de Siedlce sont déportés à Treblinka et assassinés en même temps qu'un nombre similaire de Juifs en provenance de trois ghettos de transit proches : de Łosice, où étaient enfermés les Juifs locaux ainsi que les familles de Huszlew, d'Olszanka et de Świniarów; de Sarnaki, avec les Juifs de Górki, de Stara Kornica et de Łysów; et le troisième ghetto de transit avec les Juifs de Mordy, de Krzesk-Królowa Niwa, de Przesmyki, de Stok Ruski et de Tarków.

Les Juifs restants de la ville, entassés dans le petit ghetto, sont envoyés à la mort le [6],[7].

La communauté juive de Siedlce ne s'est pas reformée après la défaite des nazis. Les quelques survivants ont émigré en Israël et ont fondé une association qui en 1956 a publié un livre mémorial complet retraçant l'histoire de la communauté[8]. En 1971, Y. Kravitz, un des survivants, publie ses mémoires en hébreu sous le titre : La vie en enfer, cinq ans sous la domination nazie dans la ville de Siedlce.

La nouvelle synagogue de Siedlce

Références

Bibliographie

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