Syster

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Un décodeur Syster et sa clef grise sécurisée

Syster contraction de SYStème TERrestre désigne le décodeur de télévision analogique de troisième génération, de Canal+ basé sur un mélange des lignes et adapté aux chaînes à péage, sur le principe du contrôle d'accès. Développé au début des années 1990, il est exploité et mis en location en France, notamment par Canal+ dont il succède au Discret 11 lancé en 1984, pour Canalsatellite et les chaînes du groupe Canal+ en télédiffusion analogique. Historiquement, le modèle Syster est le troisième appareil développé par Canal+ après le récepteur-décodeur Decsat adapté à la réception par satellite et la norme D2 Mac.

À partir de 1992, le groupe Canal+ le propose en location pour son bouquet Canalsatellite puis ce décodeur est progressivement adopté par la chaîne Canal+ (terrestre), jusqu'à la fin de l'année 1995. En 1998, Canalsatellite abandonne son exploitation après avoir décidé d'arrêter la diffusion du bouquet en mode analogique et avec l'arrivée de la technologie de télédiffusion numérique. Ce dispositif reste temporairement exploité à la fois pour la télédiffusion terrestre jusqu'en novembre 2010 et par satellite jusqu'au 1er janvier 2012, date de l'arrêt de la retransmission analogique 625 lignes SECAM sur Eutelsat 5°W-a[1].

Au début de l'année 1990, Canal+ exploite à la fois la télédiffusion terrestre à la norme L (ou L' en VHF bande I[2]) à 625 lignes SECAM et la télédiffusion par satellite en 625 lignes SECAM en cryptage de type Discret 11 sur le satellite Télécom 2C, ainsi que la chaîne jeunesse Canal J[3]. En avril 1990, la chaîne musicale MCM (en clair), La Sept (culturelle) et Canal+ débutent leur diffusion sur les satellites TDF1/2 à la norme D2 Mac. Dans ce but, Canal+ développe son propre récepteur satellite Decsat (décodeur à la norme D2 Mac/Eurocrypt avec tuner satellite intégré[4].

Devant le faible nombre des téléspectateurs équipés pour capter TDF1/2[5] et le fiasco technique des tubes à ondes progressives forte puissance de ces satellites qui tombent en panne les uns après les autres[6],[7], Canal+ se désengage progressivement des satellites TDF. La chaîne payante préfère la diffusion de son bouquet de programmes Canalsatellite, majoritairement en diffusion 625 lignes SECAM sur les satellites Télécom 2, à partir de novembre 1992.

L'accès à la plupart des émissions payantes nécessite de relier le décodeur Syster de Canal+ depuis sa prise péritélévision prévue à cet effet, sur celle de son récepteur satellite. Toutefois, pour bénéficier de la qualité supérieure des images au format 16/9 et du son numérique, une option permet aux intéressés de louer ou acheter un décodeur complémentaire en D2 Mac, compatible avec le cryptage EuroCrypt. Cette accumulation de boîtiers n'avantage pas la formule de l'offre sur Télécom 2, ce qui amène Canal+ 3 ans plus tard, à développer un bouquet de chaînes entièrement numériques à la norme DVB-S, avec son décodeur Mediasat, sur les satellites luxembourgeois Astra.

Contexte historique

Successeur et remplaçant du tout premier décodeur Canal+ Discret 11 significativement peu fiable contre le piratage et devenu obsolète, le Syster est compatible dans un premier temps avec le même type d'embrouillage, avant d'exploiter un nouvel algorithme d'encodage spécifique, développé par la société suisse Vaudoise Kudelski. Le système d'embrouillage vidéo analogique décline la dénomination de ses célèbres magnétophones portables professionnels de type Nagra, par la marque déposée Nagravision. Ce nom commercial est ultérieurement réemployé pour désigner les différents systèmes de codage Nagravision de la télévision numérique (Tiger, Cardless...), lesquels sont sans aucun lien avec le procédé analogique exploité par le Syster.

Bien que concepteur du dispositif et des brevets associés, le fabricant suisse n'industrialise pas lui-même les appareils. Une coentreprise créée entre Canal+ et Sagem nommée « Eurodec » fabrique, dès juin 1990[8], le décodeur Syster sous licence Nagravision. Plusieurs déclinaisons étrangères de l'appareil appartenant au groupe Canal+ sont exploitées, notamment pour la chaine allemande Premiere[9].

À la différence de l'historique décodeur Discret 11 où un code doit être manuellement saisi chaque mois, le Syster intègre une puce électronique sous la forme d'une clé en plastique amovible blanche ou d'une autre couleur selon les réseaux ou modes de diffusion, sur laquelle les droits de l'abonné sont stockés, obtenus à travers les données du signal vidéocomposite reçu par le téléviseur ; la mise à jour des droits d'accès est réalisée automatiquement, par la démodulation des signaux de télévision, sous réserve de rester sur la même chaîne codée, au minimum trente minutes, afin de les réactualiser lors d'un cycle de leur rediffusion en boucle, sur une période d'un mois.

Les autorisations ou « clés d'accès » sont transmises sous forme numérique sur le principe du télétexte), via l’intervalle de rafraîchissement vertical.

Décliné dans la version Syster+ dont la forme du boîtier est redessinée, le décodeur de deuxième génération intègre également un récepteur TNT (démodulateur numérique). Comme son prédécesseur Discret 11, le décodeur Syster est définitivement abandonné à compter du , dans le cadre de l'arrêt de la télédiffusion analogique en France.

Principes de fonctionnement

Le mot décodé est déterminé par un algorithme secret contenu dans la puce de la clef de l'abonné qui déchiffre toutes les deux secondes un mot de 64 bits à partir des données contenues dans l'intervalle de rafraîchissement vertical. Ce mot permet de générer des clefs de 15 bits spécifiques à chaque trame permettant de démélanger les lignes de la trame. La clef de 15 bits se décompose en un offset r sur 8 bits et un pas s sur 7 bits soit 32 768 solutions.

Une mémoire tampon de 32 lignes est chargée avec les 32 lignes de la trame suivante: ces lignes se trouvant au bas de l'image. Une table de permutation de 256 valeurs entre 0 et 31 permet de savoir quelle ligne de la mémoire tampon est envoyée sur la tv. Cette ligne de la mémoire tampon exportée est remplacée par la ligne reçue sur le téléviseur. La table de permutation est parcouru avec la formule suivante : ième ligne de la trame doit être échangée avec le numéro de ligne de la mémoire tampon qui correspond à la valeur située à la position (r+(2s+1)i) mod 256 de la table de permutation.

La faiblesse du système repose sur la faible mémoire tampon du décodeur. Cela est dû au coût élevé des mémoires au moment de la mise au point du décodeur.

Une cryptanalyse permet de reconstituer les tables de permutation utilisées qui sont au nombre de 2 : phase 1 et phase 2, elles ont été publiées ainsi qu'une analyse mathématique du système Nagravision analogique par un universitaire de Cambridge le [10].

Les attaques du décodeur Syster

2017-2022 : exploitation promotionnelle

Références

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