Dès 1987, principalement pour remplacer son décodeur Discret 11 qui montre des faiblesses en termes de piratage et accuse certains défauts en matière de qualité d'image et de son et avant d'introduire son décodeur Syster, Canal+ souhaite développer un terminal de réception qui sera son deuxième décodeur. À la même période, les pouvoirs publics français souhaitent faire adopter une norme de télévision censée remplacer la norme 625 lignes et le standard couleur SECAM. Un accord européen autour de la norme D2 Mac est défini, notamment avec l'Allemagne (de l'Ouest).
Les motifs d'économie de moyens et de rapidité de lancement opérationnel orientent les autorités vers la télédiffusion par satellite et la télédistribution par câble. Les premiers prototypes D2 Mac élaborés Thomson, Philips et le CCETT (futur France Télécom) sont dévoilés à la presse et aux médias, à la fin de l'année 1988. Canal+ choisit de développer son propre terminal qui sera mis en location, alors que d'autres fabricants parmi lesquels Philips, Nokia ou Technisat commercialisent leur propre récepteur-décodeur D2 Mac. Pour la première fois en adoptant EuroCrypt, système d'embrouillage (cryptage) commun avec d'autres opérateurs, Canal+ concède que la carte d'abonnement seule pourra être utilisée dans des récepteurs-décodeurs D2 Mac vendus dans le commerce. Réciproquement, il est possible à un opérateur d'empécher un concurrent d'utiliser son parc de décodeur en refusant les cartes d'accès qui ne renvoient pas le mot d'initialisation de l'opérateur, en anglais l'ATR (answer to reset (en)). Une récepteur libre lit toutes les cartes.
Sur certains réseaux câblés, le futur opérateur France Télécom exploite la version câble du même type de décodeurs, nommée Visiopass. Cet appareil complète l'offre existante du bouquets de chaînes analogiques distribués à la norme L et au standard SECAM déjà présentes sur le câble.
Toutefois, Canal+ et les réseaux câblés (Lyonnaise des Eaux, Générale des Eaux et France Télécom) souhaitent maintenir le bouquet satellite analogique Canalsatellite sur les satellites Telecom 2, diffusés en modulation 625 lignes et couleur SECAM, codés en Discret 11 puis en Nagravision. Pire, une option complémentaire D2 Mac nécessitant le Decsat accentue l'effet « usine à gaz » de l'équipement nécessaire l'abonné qui souhaite s'abonner à l'offre complète : le récepteur satellite analogique + le décodeur Discret 11 ou Syster + le décodeur Decsat ou un récepteur D2 Mac EuroCrypt. Le coût très élevé des abonnements Canalsatellite ne permettra pas d'obtenir les résultats escomptés par le groupe Canal+ et ses partenaires.
De son côté, au début des années 1990, l'adversaire européen britannique BSkyB préfère simplifier son offre sur les satellites Astra, en commercialisant des récepteurs-décodeurs à la norme 625 lignes et au standard couleur européen PAL avec contrôle d'accès VideoCrypt, bien plus économiques et plus rapides à industrialiser. Quelques offres en D2 Mac voient le jour sur Astra mais sont marginales.
L'échec relatif de la norme D2 Mac et l'arrivée de la technologie numérique DVB-S accentue l'échec du Decsat. Le succès populaire de l'offre Astra en Europe amène alors Canal+ à choisir ces satellites luxembourgeois et à y lancer son bouquet Canalsatellite numérique à la fin de l'année 1995. Dès lors, le Decsat et le D2 Mac sont abandonnés.