Le système beveridgien est défini en 1942 au Royaume-Uni, par William Beveridge, dans un rapport parlementaire qu'il remet le 2 décembre de cette année. Il considérait alors le régime britannique d'assurance maladie obligatoire comme «trop limité avec le système du plafond d'affiliation, trop complexe avec la multitude des caisses et mal coordonné». Il a donc proposé un système étatisé (dont le financement repose sur l'impôt et non les cotisations sociales) de protection sociale, qui puisse couvrir toute la population face aux risques sociaux (chômage, maladie, vieillesse…).
Typologie duale simplifiée : modèle bismarckien versus modèle beveridgien
Lord William Beveridge en 1947Otto von Bismarck, fin XIXesiècle
Il est fréquent de définir classiquement l'État-providence en opposant deux grands modèles d'État-providence: l'État-providence bismarckien, fondé en Allemagne par les lois de 1880, et l'État-providence beveridgien, qui basé sur le rapport Social Insurance and Allied Services de 1942 (dit «rapport Beveridge»), naît au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. Le premier est fondé sur le mécanisme des assurances sociales, dans lequel les prestations sont la contrepartie de cotisations, tandis que le second, financé par l'impôt, fournit des prestations uniformes à tous les membres de la société[1].
Cependant cette présentation demeure simplificatrice: elle enferme la description des modèles d'État-providence dans leur situation initiale et peine à rendre compte de leur évolution ultérieure. Ainsi, si le modèle beveridgien met en place une protection universelle, fondée sur la citoyenneté, les prestations initialement fournies sont ultra-minimales. C'est pourquoi, selon Pierre Rosanvallon, «il a ainsi progressivement fallu mettre en place en Grande-Bretagne tout un ensemble d'allocations complémentaires d'assistance, non universalistes, elles, pour rendre viable le système»[1].