Séminaire de Québec
séminaire à Québec (Québec)
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Le Séminaire de Québec, ou Société des prêtres du Séminaire de Québec[1], est une corporation religieuse québécoise. Fondée le par François de Laval, elle est administrée par des prêtres diocésains catholiques de l'archidiocèse de Québec. Son siège est le pavillon Jean-Olivier-Briand à Québec.
| Séminaire de Québec | |
| Situation | |
|---|---|
| Création | 1663 |
| Ancien nom | Séminaire des Missions étrangères de Québec |
| Type | Corporation religieuse |
| Domaine | Enseignement catholique, propriétaire foncier |
| Siège | Pavillon Jean-Olivier-Briand, Québec |
| Coordonnées | 46° 48′ 53″ N, 71° 12′ 19″ O |
| Organisation | |
| Supérieur général | Gilles Routhier |
| Sigle | SME |
| Personnes clés | François de Laval |
| Organisations affiliées | Séminaire des Missions étrangères de Paris (1665-1760) |
| Site web | https://www.seminairedequebec.org/ |
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Le Séminaire est à l'origine de plusieurs institutions d'enseignement, comme le Petit séminaire de Québec, le Grand séminaire de Québec et l'Université Laval. C'est également un propriétaire foncier important de la région de la Capitale-Nationale, détenant encore aujourd'hui la Seigneurie de Beaupré et le Domaine du Petit Cap.
Statut

L'acte de fondation du Séminaire de Québec est rédigé le 26 mars 1663 à Paris par François de Laval, alors vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Suivant les propositions du Concile de Trente, il réunit ainsi ses prêtres en société apostolique dans l'objectif d'éduquer la jeune population en vue du sacerdoce et la desserte des paroisses[2]. Louis XIV approuve la constitution du Séminaire le 22 avril 1663.
Le 19 janvier 1665, le Séminaire de Québec est uni au Séminaire des Missions étrangères (SME). Laval veut ainsi favoriser la venue de prêtres français pour travailler dans les coins les plus reculés de l'Amérique[3]. Cette association se termine avec la Conquête britannique du Canada en 1760.
Plusieurs ornements comportant les initiales SME sont toujours présents de nos jours sur des bâtiments du Séminaire. La dénomination « Séminaire des Missions étrangères de Québec » figure encore dans les procès-verbaux des années 1940. Jusqu'en 1965, les règlements du Séminaire de Québec s'intitulaient « Constitutions et règlements du Séminaire des Missions étrangères et épiscopal de Québec ». Cette dénomination n'est plus utilisée de façon officielle depuis l'adoption de la Loi du Séminaire de Québec par l'Assemblée nationale le . Le Séminaire est incorporé civilement à cette date en tant que corporation religieuse[4].
Œuvres
Séminaires

Fondé en même temps que le Séminaire en 1663, le Grand séminaire de Québec est son œuvre première et principale. Ce séminaire est toujours en activité.
En 1668, le Petit Séminaire de Québec est inauguré en tant que résidence pour des étudiants du Collège des Jésuites[5]. Il joue alors un rôle dans la francisation des autochtones et la préparation des jeunes au sacerdoce[6]. Après la Conquête, le Petit séminaire prend la relève des Jésuites, expulsés du pays. Les prêtres du Séminaire deviennent alors des enseignants. Ils assurent cette suppléance temporaire dans l'éducation des jeunes Français et Canadiens jusqu'au XXe siècle. Ils donnent aussi naissance au réseau des collèges classiques qui furent rattachés à la Faculté des arts de l'Université Laval à sa fondation en 1852. Le Séminaire cède le Petit séminaire de Québec, devenu entre-temps une école secondaire, à une nouvelle entité laïque le 30 juin 1987. Il est connu sous le nom de Collège François-de-Laval depuis le 1er mars 2011[7],[8],[9].
Universités
Le Séminaire de Québec obtient une charte royale de la reine Victoria en 1852 pour fonder l'Université Laval, première université francophone sur le continent américain. En plus de la théologie, la médecine, le droit et l'art y sont également enseignés par les prêtres. En 1878, une nouvelle succursale universitaire est ouverte à Montréal, aujourd'hui l'Université de Montréal, qui acquiert son indépendance de 1919. L'Université Laval est cédée par le Séminaire en 1970.
Autres
Parmi les autres œuvres religieuses du Séminaire, on retrouve :
- le Service de la formation continue pour les prêtres, les diacres, les agentes et agents de pastorale laïques du Diocèse de Québec ;
- la Pastorale universitaire catholique à l'Université Laval ;
- le Centre d'animation François de Laval.
Propriétés

Le Séminaire de Québec, en tant que corporation religieuse, possède et administre plusieurs propriétés foncières.
Il est propriétaire de la Seigneurie de Beaupré, également désignée Terres du Séminaire, depuis le 12 avril 1680. Il utilise ce territoire à des fins commerciales pour de l'exploitation forestière, la production d'énergie éolienne et la location à des fins de villégiature à de nombreux clubs privés. La production agricole a longtemps servi d'approvisionnement en nourriture au Séminaire[10]. En 1916, le Séminaire constitue la municipalité de Saint-Louis-de-Gonzague-du-Cap-Tourmente dont il est l'unique propriétaire. Le Domaine du Petit Cap s'y trouve[11].
Le Séminaire est aussi propriétaire de plusieurs bâtiments du Vieux-Québec. Au fil des siècles, le Séminaire a construit plusieurs bâtiments formant aujourd'hui la Cité du Séminaire. Ce site est désigné lieu historique national du Canada le . L'ensemble de ses édifices sont classés monument historique le [12]. On y retrouve entre autres :
Administration
Sa patronne principale est la Sainte Famille et son patron secondaire François de Sales[4].
Supérieurs généraux
Les supérieurs du Séminaire sont ex officio recteur de l'Université Laval entre 1852 et 1950. De 1938 jusqu'aux années 1970, un poste de supérieur existait également pour le Petit et le Grand séminaire. C'est aussi à partir de 1938 que les supérieurs du Séminaire deviennent des supérieurs généraux[13].
- 1663-1672 : Henri de Bernières
- 1672-1673 : Louis-Ango de Maizerets
- 1673-1683 : Henri de Bernières (2e)
- 1683-1685 : Louis-Ango de Maizerets (2e)
- 1685-1688 : Henri de Bernières (3e)
- 1688-1693 : Louis-Ango de Maizerets (3e)
- 1693-1698 : Henri de Bernières (4e)
- 1698-1721 : Louis-Ango de Maizerets (4e)
- 1721-1723 : Charles de Glandelet
- 1723-1724 : Thomas Thiboult
- 1724-1726 : Étienne Boulard
- 1726-1734 : Jean-Lyon de St-Férréol
- 1734-1747 : François-Elzéar Vallier
- 1747-1748 : Joseph-André-Mathurin Jacrau
- 1747-1748 : Augustin Lalane
- 1750-1756 : François de Villars
- 1756-1762 : Colomban-Sébastien Pressard
- 1762-1768 : Urbain Boiret
- 1768-1774 : Henri-François Gravé
- 1774-1778 : Jean-François Hubert
- 1778-1781 : Henri-François Gravé (2e)
- 1781-1787 : Thomas-Laurent Bédard
- 1787-1793 : Henri-François Gravé (3e)
- 1793-1795 : Thomas-Laurent Bédard (2e)
- 1795-1798 : Antoine-Bernardin Robert
- 1798-1802 : Henri-François Gravé (4e)
- 1802-1805 : Antoine-Bernardin Robert (2e)
- 1805-1809 : Jean-Baptiste Lahaille
- 1809-1815 : Antoine-Bernardin Robert (2e)
- 1815-1821 : Jérôme Demers
- 1821-1824 : Antoine Parant
- 1824-1830 : Jérôme Demers (2e)
- 1830-1836 : Antoine Parant (2e)
- 1836-1842 : Jérôme Demers (3e)
- 1842-1848 : Antoine Parant (3e)
- 1848-1851 : Louis Gingras
- 1851-1860 : Louis-Jacques Casault
- 1860-1866 : Elzéar-Alexandre Taschereau
- 1866-1869 : Michel-Édouard Méthot
- 1869-1871 : Elzéar-Alexandre Taschereau (2e)
- 1871-1880 : Thomas-Étienne Hamel
- 1880-1883 : Michel-Édouard Méthot (2e)
- 1883-1886 : Thomas-Étienne Hamel (2e)
- 1886-1887 : Michel-Édouard Méthot (3e)
- 1887-1893 : Benjamin Pâquet
- 1893-1899 : Joseph-Clovis-Kemner Laflamme
- 1899-1908 : Olivier-Elzéar Mathieu
- 1908-1909 : Joseph-Clovis-Kemner Laflamme (2e)
- 1909-1915 : Amédée Gosselin
- 1915-1921 : François Pelletier
- 1921-1921 : Pierre Hébert
- 1921-1924 : Charles-Napoléon Gariépy
- 1924-1927 : Camille Roy
- 1927-1929 : Amédée Gosselin (2e)
- 1929-1929 : Camille Roy (2e)
- 1929-1932 : Philéas Filion
- 1932-1938 : Camille Roy (3e)
- 1938-1939 : Arthur Robert
- 1939-1940 : Alexandre Vachon
- 1940-1943 : Camille Roy (4e)
- 1943-1945 : Cyrille Gagnon
- 1945-1954 : Ferdinand Vandry
- 1954-1960 : Alphonse-Marie Parent
- 1960-1977 : Louis-Albert Vachon
- 1977-1981 : Marcel Drouin
- 1981-1993 : Louis-Joseph Lépine
- 1993-2002 : Jacques Lemieux
- 2002-2012 : Hermann Giguère
- 2012-2021 : Jacques Roberge
- Depuis 2021 : Gilles Routhier
Bibliothèque et archives
Histoire de la bibliothèque
À sa fondation en 1663, les premiers livres composant la collection de la bibliothèque du Séminaire de Québec sont les écrits de François de Laval lui-même. Toutefois, le nombre d’élèves augmente rapidement, de sorte qu’en 1678, une réorganisation du travail s’impose au sein de l’équipe du Séminaire. Il est alors déterminé que la gestion de l’école sera faite par six officiers. Un d’entre eux se voit alors attribuer la responsabilité de la bibliothèque et des archives de l’institution. Ce premier bibliothécaire permet alors un développement de la collection du Séminaire. En effet, l'officier à qui incombe cette tâche effectuera dans les années suivantes, de nombreuses commandes de livres variés au Séminaire des missions étrangères de Paris[14]. À cette époque, il n’est pas non plus rare de recevoir des dons de la part de bibliothèques personnelles d’individus souhaitant contribuer à l’enrichissement de la collection du Séminaire[14]. Il est également habituel que des prêtres reviennent de voyages en France avec des livres supplémentaires pour étoffer l’inventaire de la bibliothèque[14]. En 1763, suivant la conquête anglaise, le Séminaire de Québec se voit incomber la tâche de l’éducation laïque à la suite de la fermeture du Collège des Jésuites. Afin de répondre à ces nouvelles responsabilités, les directeurs du Grand Séminaire s’affairent rapidement à se procurer un grande quantité d’ouvrages, en commandant à Paris jusqu’en 1775, puis en faisant plutôt affaire avec le Londonien Paul Vaillant[14]. En 1782, un inventaire est effectué par l’abbé Arnault-Germain Dudevant, qui fait état de 4883 ouvrages, plaçant la bibliothèque du Séminaire comme la plus importante de la colonie[15]. Quelques années plus tard, en , la collection du Séminaire bénéficie d’un don important de la part du père Jean-Joseph Casot, qui compte notamment un grande quantité de livres du Collège de Québec[14]. En 1852, l’ouverture de l’Université Laval est un point tournant pour la bibliothèque du Séminaire. En effet, la bibliothèque, qui est à ce moment composée de pas moins de 15 000 livres, se voit attribuer le statut de bibliothèque universitaire. Afin de réaliser ce nouveau mandat, la recherche de livres connaît un montée fulgurante, l’établissement s’adressant à Paris, à Londres, et à New York[14]. Cette mobilisation est si grande, qu’en 1869, la bibliothèque commune à l’Université Laval et au Séminaire atteint 50 000 ouvrages[14]. La création d’un campus universitaire à Sainte-Foy en 1964 force la scission de la collection de la bibliothèque : les acquisitions antérieures à 1910 seront conservées au Séminaire alors que les autres seront acheminées vers le nouveau campus[16]. Le Fonds du Séminaire a été le premier élément du patrimoine documentaire canadien à être reconnu en 2007 par le programme Mémoire du monde de l’UNESCO.
Le Séminaire conserve aussi dès ses débuts ses archives. Comme François de Laval, à titre d'évêque, siège au Conseil souverain, on y trouve des correspondances et des documents importants sur l'implantation de la colonie française. On y trouve aussi 8 654 plans et cartes datés de 1500 à nos jours, et plus de 50 000 photographies[17]. Les archives du Séminaire sont ouvertes aux chercheurs depuis 1942.
La section Enfer
En 1960 la Loi de l’Index est abrogée. Les ouvrages interdits confinés à une section recluse des bibliothèques sont réintégrés aux collections générales et regagnent les tablettes des rayons. S’il s’agit d’un recul important pour la censure au Québec, la disparition subite des listes des ouvrages indexés entraîne la perte de nombreuses et précieuses données concernant ce qui était jugé malsain par les autorités diocésaines [18]. Toutefois, la collection indexée de la bibliothèque historique du Séminaire de Québec échappe à cette mesure. Tout comme sa collection courante, la section indexée de la bibliothèque du Séminaire de Québec, nommée la section Enfer, s’étend sur une aire temporelle très large. En effet, l’ensemble des ouvrages interdits ont été produits entre le XVIe et le XXe siècle. Un inventaire dénombrant 603 monographies mises à l'Index a été dressé[19]. On retrouve de plus, dans la section Enfer, des dizaines de boîtiers dans lesquels se trouvent des brochures, dépliants et feuillets faisant aussi objet d’une censure. La valeur de cette collection interdite par l’Église catholique réside dans le fait qu’elle agit comme un témoin des bouleversements et des tribulations idéologiques qui secouent l’Église romaine au fil des époques qui marquent son existence. Le plus vieil ouvrage qu’on retrouve dans la section Enfer est un recueil de textes de l’Église luthérienne de Saxe imprimé à Bâle vers le milieu du XVIe siècle. Cet ouvrage rassemble surtout des écrits de Johann Rivius, auteur réformiste éminent. Sa mise à l’index s’inscrit bien entendu dans le mouvement de Contre-Réforme mené par l’Église catholique, mais témoigne plus précisément du désir de François de Laval de contrer la présence des huguenots en Nouvelle-France[19]. Les tensions théologiques entre la Compagnie de Jésus et la doctrine issue des écrits de Cornelius Jansen, le Jansénisme, sont reflétées dans la collection indexée qui comporte un bon nombre de ces ouvrages jugés hérétiques au cours du XVIIe siècle[19].
En 2019, Roland Lepage fait un don de 5 millions de dollars pour lancer un projet de conservation et de mise en valeur des archives historiques[20].

