Séries éphémères de Tintin
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Cet article entend recenser progressivement toutes les séries éphémères parues dans Tintin. Par séries éphémères on retiendra toutes celles qui font au maximum une centaine de pages et au minimum une vingtaine. Ce dernier critère peut être toutefois battu en brèche si la série est due à des auteurs emblématiques de la bande dessinée.
Refondues en couleurs, les aventures de Tintin font 62 planches et c’est grosso modo le format qui sera adopté pour les « grandes » séries du journal de Tintin, Corentin, Alix puis un peu plus tard Blake et Mortimer[1] pour ne citer qu'elles. Elles sont toutes en couleurs, le plus souvent en tout cas, car les pages couleurs sont encore rares à la fin des années 1940, et composeront la moitié des pages dans les années 1950 et au début des années 1960.
Les séries secondaires[2] à suivre font moitié moins et sont quasiment toujours proposées en bichromie. Ce standard 30/60 planches va progressivement être remplacé par la norme 44/22 planches. Enfin au milieu des années 1960 toutes les pages BD seront en couleurs. Il n’en reste pas moins vrai que la bichromie et surtout la pagination marquaient la frontière entre les séries « vedettes » et celles qui semblaient sans doute moins essentielles aux yeux de la rédaction.
Ce procédé, avec celui des récits complets[3], permettaient de tester les personnages avant de les lancer dans le « grand bain » puis d’accéder à l’édition en album. Avec la publication en album quasi systématique de toutes les aventures ou presque à la fin des années 1960, ce distinguo aura moins d’importance. Mais de la création du journal au moins jusqu’au milieu des années 1960, il sera significatif. Dès lors un certain nombre de personnages vont être lancés. Certains feront de longues carrières avec différents animateurs comme Chlorophylle ou Clifton, d’autres feront de moins longues carrières mais resteront dans les mains de leurs créateurs, telles Rock Derby ou Rataplan, d’autres enfin n’auront que de furtives apparitions.
Les aventures comiques
Les séries sont classées par ordre alphabétique.
Ambroise et Gino (1966)
Parue initialement dans le Corriere dei Piccoli, c'est une bande dessinée en 3 épisodes de Dino Attanasio relatant les aventures d'un père et son fils, plombiers de leur état.
Dans le même esprit que Signor Spaghetti, avec moins d'inventivité et de truculence
Bôjolet (1964)
Série de 22 récits complets dont la longueur a varié entre 2 et 6 pages racontant les sympathiques aventures de Bôjolet, clochard de son état. A compter du neuvième épisode, il est rejoint par Riesling dont le fort accent alsacien (ou allemand) permet quelques jeux de mots. La série s'intitulera d'ailleurs un peu plus tard Bôjolet et Riesling.
Céleste Pion (1964)
19 récits de 4 pages scénarisés par Jacques Acar et dessinés par Hugo.
Les Chevaliers de Muzardon (1961)
Gédéon Rillette, le roi de la saucisse pour cocktail, a rénové à grands frais le château de Muzardon. Deux bandits profitent de la fête du village pour essayer de voler ce qui peut être volé. Mais une troupe de 3 jeunes scouts, les chevaliers de Muzardon, va les mettre en échec.
Bande humoristique de 30 pages dessinées par Mitteï et scénarisées par Michel Greg. Aucun album à ce jour.
Constant Souci (1967)
Une aventure de 44 planches signée Greg mais avec le soutien actif de Dupa et Vicq.
Didi Soda – L’Île atomique (1962)
Dessins de Hugo (Fonske) et scénario de Yves Duval. Série de 30 planches dans laquelle Dick et Phil Dever ont échoué sur une île du Pacifique. Survient un navire malheureusement rempli de gangsters. Mais à l’époque certaines îles de la région servent aussi à des essais atomiques...
Hugo signait également dans Tintin une courte série de récits humoristiques intitulée Professeur Twist. Dans les deux cas aucun album à ce jour.
Evariste Confus (1963)
Série humoristique de Jo-El Azara en récits complets. L’essentiel de l’action se situe dans la principauté du Frittland. Aucun album à ce jour.
La Famille Cokalane (1961)
Courte série signée Uderzo et Goscinny , dans l'esprit de la famille Moutonnet (voir infra). Cette BD était patronnée par Pétrole Hahn, pareil patronage était fréquent à l'époque. Les deux auteurs ayant par exemple créé Pistolin pour le chocolat Pupier.
La Famille Moutonet (1959)
Très courte série signée Uderzo et Goscinny.
La Famille Trotinet – Pâte à plans (1960)
Anjo, pseudonyme de Jo Angenot, signe cette courte bande humoristique de 30 planches. Aucun album à ce jour.
La petite ville de Valbourg abrite un centre de recherche atomique. Un espion vient de dérober le microfilm d’une nouvelle arme et cherche à échapper à Max Luger, l’un des as du contre-espionnage. Pour cela il part se mêler à la foule valbourgeoise mais son chemin va croiser celui de la famille Trotinet.
Joly – La clé mystérieuse (1963)
Sur un scénario d’Acar et un dessin d’Hugo, cette bande est en quelque sorte une réplique de Johan et Pirlouit (1952) : même époque, même fantaisie, même type de héros (le duo improbable), même lectorat visé. Malheureusement pour les auteurs pas le même succès.
La rédaction du journal devait néanmoins y croire puisque le personnage a eu les honneurs d’une couverture. Joly un jeune garçon astucieux a trouvé une clé en or et rencontre Fleurette, sympathique force de la nature qui fait office d’Obélix de service.
Tous deux veulent retrouver le propriétaire légitime de cette clé qui est bien sûr convoitée par d’autres. 30 planches en bichromie qui resteront sans suite. Aucun album à ce jour.
Ken Krom – Deux poires pour la soif (1965)
Nouvelle collaboration Berck/Duval de 30 planches. Ken Krom est un agent du FBI chargé d’infiltrer un réseau d’espions. Il s’attelle à la tâche avec son ami Curt Zurpatt.
Les noms et les physiques des deux héros rappellent Kromyr et Koursurpatt, méchants récurrents des aventures de Rataplan, une série créée précédemment par Berck et Duval, également dans Tintin.
L’histoire a été reprise en 1971 chez Samedi-Jeunesse. Un album paru chez BD Must (2010).
Lady Bound – Lady Bound s’en va-t-en guerre (1967)
Depuis 10 ans, Berck est l’un des piliers du journal. Il y a animé Strapontin, Rataplan, Panchico, Ken Krom et quelques autres bandes à connotation publicitaire. Cette série sera pourtant sa dernière création originale puisqu’il partira bientôt chez Spirou. Il livrera encore une dernière histoire de Strapontin et c’en sera fini.
Cette Lady Bound de 30 planches toutes en couleurs est co-signée Duval au scénario. En rentrant dans son château, Lady Bound le retrouve envahi de bêtes sauvages. Son voisin Lord Archibald, personnage excentrique, lui révèle que cela pourrait bien être l’œuvre de ses neveux, sinistres personnages.
L’histoire a été reprise en 1971 chez Samedi Jeunesse. Un album paru chez BD Must (2010).
Luc et Laplume – Le Trône de Gilgit (1952)
Luc et Laplume est une série humoristique d’aventures de Fred Funcken parue entre le n° 37 (1952) et le n° 2 (1953) de l’édition belge du Journal de Tintin.
Cette bande couleur de 19 planches est d’un style fort différent des réalisations futures de Funcken, qui seront alors signées en collaboration avec sa femme. Nous avons ici un dessin qui s’apparente peu ou prou à la ligne claire mais dans un style « enfantin ».
Luc et Laplume ont appris que leur copain Hadji, scout dans leur patrouille, a été enlevé. Tout laisse penser que le jeune homme qui est un enfant adopté pourrait bien être l’héritier du trône de Gilgit. Parce qu’ils soupçonnent un certain M. Blitz, Luc et Laplume sont également kidnappés et embarqués dans un navire qui part pour les Indes.
Bande destinée à la frange la plus jeune du journal.
Un album édité en 2014 aux Éditions Hibou[4].
Mottie (1956)
Mottie la marmotte, est une série de 11 récits complets de facture comique, soit en tout et pour tout 24 planches. René Goscinny a scénarisé certains épisodes tandis qu’Angenot assurait les dessins. A noter que cette bande comme quelques autres du même esprit est présentée comme s’il s’agissait d’une pellicule photo.
Panchico – Viva Panchico (1963)
Berck et Duval, avec vraisemblablement Acar en sous-main, collaboraient déjà ensemble sur Rataplan et le feront plus tard sur Lady Bound quand ils lancent Panchico.
Comme son nom l’indique Panchico est un jeune mexicain, petit cireur de chaussures. Il habite dans la province de Coplabamba, c’est justement là que le colonel Rossavacca part en exil après un putsch raté. Avec Slim, un bandit gringo, il compte bien mettre la région sous sa coupe réglée. Mais Don Fernan, le placide gouverneur local, a pour cireur de bottes et ami un Panchico plein de ressources.
Bande de 30 planches en bichromie. Un album paru chez BD Must (2010).
Périn – L’Affaire Tarentule (1961)
Tarentule, malfaiteur patenté, est libéré de la prison de Patrouville et retrouve Mimosa son ancien complice. Ses premiers moments de liberté semblent montrer qu’il s’est amendé. Pourtant vols, agressions et enlèvements reprennent. Périn, son avocat est persuadé que son client est innocent. A noter que Pincher Barnett, l’un des personnages de Clifton à New York, apparaît dans l’histoire.
Les 30 pages de cette BD humoristique sont signées Mazel.
Poussin et Poussif (1957)
3 petites histoires signées Goscinny et Uderzo, mentionnées ici compte tenu de la notoriété des auteurs.
Rouly-la-Brise (1959)
Courte série humoristique de pirates scénarisée par Greg et dessinée par Mitteï. On peut penser que cette bande a été lancée pour faire plus ou moins pièce à Vieux Nick paru un an plus tôt dans les pages de Spirou.
Tim et Anthime (1966)
Cette série de Christian Godard est une reprise en 1966 de deux aventures initialement parues dans le journal IMA durant la période 1957-59. Il s'agit d'aventures comiques à connotation plus ou moins policière.
