« Osez-vous attenter au tableau vivant de ma docte machine, goujats de Cicéron? », s'indigne Granger dans Le pédant joué de Cyrano de Bergerac (1654)[3].
Théophile Gautier, qui estime que c'est un genre apprécié en Allemagne, les définit dans L'Art dramatique en France : « Ce divertissement, assez singulier, consiste à se revêtir d'habits semblables à ceux des personnages du tableau qu'on représente, à copier leur attitude et leur physionomie, en un mot à prendre l'inverse du procédé ordinaire, qui est de reproduire la nature avec des couleurs[4] ».
Victor Hugo note : « Dans l'automne de 1846, il y eut un spectacle qui fit fureur à Paris. C'étaient des femmes nues, vêtues seulement d'un maillot rose et d'une jupe de gaze, exécutant des poses qu'on appelait tableaux vivants avec quelques hommes pour lier les groupes[5] ».
Pierre de Lano, écrivain de la fin du XIXe siècle spécialisé dans l'évocation des mœurs parisiennes du second Empire, écrit « qu'il y eut, aux Tuileries, des tableaux vivants qui dépassèrent les bornes des convenances et que des scènes mythologiques […] furent représentées devant l'Impératrice et devant ses familiers par les plus jolies femmes du château, dans le costume trop exact exigé par les rôles choisis […] leurs formes moulées en des maillots de soie[6] ».
Zola présente le tableau vivant comme « l’amusement d’une société décadente » dans La Curée (chapitre VI).
Dans le chapitre IV de Bouvard et Pécuchet, les deux personnages présentent un tableau vivant du Moyen Âge qu'ils « interprètent » eux-mêmes[7] : « Une minute se passa dans l’ébahissement », écrit Flaubert pour donner une mesure du temps.
Dans Le Nœud de vipères de François Mauriac, le narrateur rapporte que sa belle-sœur Marinette, venue passer le premier été suivant son veuvage auprès de sa famille, « amusait beaucoup les enfants, organisait des parties de cache-cache dans le grenier, jouait le soir aux tableaux vivants[8]. »