Taisōgi

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Le taisōgi (大喪儀, たいそうぎ) est l'un des rites funéraires organisés lors de la mort d'un empereur, d'une impératrice, d'un empereur émérite ou d'une impératrice douairière du Japon.

L'empereur Showa après avoir rendu hommage à l'impératrice Teimei dans la chambre mortuaire le 22 juin 1951

Description

La cérémonie est décrite en détail dans l'ordonnance sur les funérailles de la maison impériale, incluse dans la constitution de l'empire du Japon et l'ancienne loi de la maison impériale. Bien que toutes les ordonnances relatives à la maison impériale aient été abrogées en 1947, la cérémonie continue d'être organisée de manière coutumière.

Selon la Constitution japonaise actuelle et la loi de la Maison impériale, lorsqu'un empereur ou un ancien empereur décède[1], une cérémonie funéraire nommée Taisō no Rei (大喪の礼) est organisée en tant qu'obsèques nationales, distinctement du Taisōgi, qui est la cérémonie de la maison impériale.

Déroulé

  • Shindenshikō (櫬殿祗候) : Après la mort, le corps du défunt est placé dans une salle temporaire nommée Shinden.
  • Haiketsu no Gi (拝訣の儀) : Les membres de la famille impériale font leurs derniers adieux au défunt avant le placement du corps dans le cercueil.
  • Ofunairi no Gi (御舟入の儀) : Le corps est placé dans le cercueil intérieur (les cercueils impériaux sont divisés en deux parties, cercueils intérieur et extérieur).
  • Renkan no Gi (斂棺の儀) : Le cercueil intérieur est placé dans le cercueil extérieur, qui est fait de cuivre. Le cercueil est ensuite fermé hermétiquement.
  • Ryousho Jichinsai no Gi (陵所地鎮祭の儀) : L'endroit où la tombe doit être construite est purifié par harae.
  • Cérémonie des 10 jours après le décès.
  • Shinden Batsujo no Gi (櫬殿祓除の儀) : Le Shinden est rituellement purifié.
  • Hinkyuuigyo no Gi (殯宮移御の儀) : Le cercueil est déplacé du Shinden vers la chambre mortuaire.
  • Hinkyuushikou (殯宮祗候) : L'équivalent de la tsuya bouddhiste. Une chambre mortuaire temporaire (殯宮) est érigée dans le palais impérial pour abriter le cercueil jusqu'à l'enterrement. La chambre ne contient qu'une seule source de lumière. Dans la chambre mortuaire de l'empereur Showa, une vingtaine de chaises étaient disposées devant le cercueil, et le (nouvel) empereur, la famille impériale, le premier ministre et les membres du parlement, les employés du palais etc. se recueillirent chacun dans le noir pendant 45 minutes[2].
  • Cérémonie des 24 heures après le déplacement.
  • Hinkyuu Nikku no Gi (殯宮日供の儀) : Des offrandes sont placées devant le cercueil tous les jours jusqu'à l'enterrement.
  • Hinkyuu Hairei no Gi (殯宮拝礼の儀) : La famille impériale vénère l'esprit du défunt. Les délégations diplomatiques des autres pays viennent rendre hommage lors de cette cérémonie.
  • Cérémonie des 20 jours après le décès.
  • Tsuigou Houkoku no gi (追号奉告の儀) : Le nom posthume est annoncé officiellement devant le cercueil.
  • Cérémonie des 30 jours après le décès.
  • Cérémonie des 40 jours après le décès.
  • Cérémonie avant l'enterrement.
  • Cérémonie le jour de l'enterrement.
  • Ryoushobatsujo no Gi (陵所祓除の儀) : Le tombeau est purifié rituellement. Celui-ci est constitué d'une chambre funéraire en pierre couverte d'un pavillon nommé Osuya (御須屋).
  • Reidai Houan no Gi (霊代奉安の儀) : L'âme du défunt est rituellement séparée de son corps et placée dans un objet appelé Reidai, qui est ensuite déposé dans une pièce nommée Gonden (権殿).
  • Jisha Hatsuin no Gi (轜車発引の儀) : Le corbillard transporte le cercueil de la chambre mortuaire au tombeau.
  • Soujouden no Gi (葬場殿の儀) : L'équivalent de l'enterrement au sens strict. Le cercueil est déplacé sur un palanquin, et les membres de la famille impériale font des offrandes au son de chants traditionnels. Ensuite, le torii et les autres symboles du shintoïsme sont retirés et l'on enchaîne avec le Taisou no Rei (cérémonie nationale qui doit respecter le principe de séparation des Églises et de l'État).
  • Ryousho no Gi (陵所の儀) : Le cercueil est descendu dans la chambre funéraire. Les membres de la famille impériale déposent du sable avant que la chambre ne soit scellée. Le pavillon est ensuite retiré, et le tumulus est complété.

Diverses cérémonies sont ensuite organisées à dates régulières ou à l'occasion du début ou de la fin des travaux du tombeau.

Par ailleurs, l'empereur Akihito a exprimé le souhait de modifier le rite funéraire, passant de l'inhumation à la crémation. Dans ce cas, la crémation aura lieu avant la cérémonie du Sojouden no Gi, et après une cérémonie funéraire relativement simple et respectueuse, le corps sera incinéré. Au lieu d'une chambre mortuaire, le cercueil contenant les cendres sera placé au Hoan-gu, un sanctuaire aménagé dans le palais impérial, jusqu'à l'enterrement.

Histoire

Jusqu'à l'époque d'Edo, les funérailles de la famille impériale se déroulaient dans des temples bouddhistes, mais à partir de l'ère Meiji, les funérailles ont commencé à être organisées selon le rite shintoïste.

Antiquité

Jusqu'à l'époque d'Asuka, il était d'usage d'établir une chambre mortuaire (pratique dite du mogari) et d'y conserver le corps pendant un an, mais après l'introduction de la crémation sous le règne de l'impératrice Jito, cette pratique fut simplifiée et ramenée à 30 jours.

Durant l'époque de Nara, sous le règne de l'empereur Shōmū, les funérailles impériales furent réformées selon le rite bouddhiste. De cette date jusqu'à l'empereur Murakami, elles devinrent des événements nationaux. Cependant, après les funérailles de l'empereur Goichijō, décédé en exercice, on commença à organiser d'abord la cérémonie de transmission du pouvoir, et ensuite à organiser les funérailles comme celles d'un empereur émérite, considérées comme une cérémonie privée de la maison impériale. Par crainte d'impureté, aucun noble, à l'exception des parents maternels et des proches conseillers, n'était plus autorisé à y assister[3].

Selon certaines théories, après l'empereur Junna, une coutume s'établit : les empereurs décédés en exercice étaient inhumés dans un tombeau, tandis que ceux qui abdiquaient étaient incinérés et aucun tombeau n'était construit (les deux hypothèses existent toutefois concernant l'empereur Saga, décédé après Junna)[4]. Cependant, l'empereur Daigo, décédé immédiatement après son abdication, avant que son successeur ne lui confère le titre d'empereur émérite, fut inhumé comme un empereur à part entière. L'empereur Ichijo, décédé dans des circonstances similaires, a été incinéré comme un empereur retiré, bien que son testament prévoyait une inhumation. On ignore si cette erreur lors des funérailles de l'empereur Ichijo était intentionnelle ou accidentelle, mais elle est considérée comme une étape importante : par la suite, même les décès des empereurs régnants après Go-Ichijo furent célébrés selon le rite des funérailles d'un empereur retiré et incinérés[5]. Bien que tous les empereurs n'aient pas été incinérés par la suite, la construction de grands tombeaux cessa jusqu'à la fin de l'époque d'Edo.

Après l'époque Heian : style bouddhique

Après l'époque Heian, et durant les périodes Kamakura, Muromachi et Azuchi-Momoyama, des funérailles de style bouddhiste étaient célébrées dans les temples que l'empereur avait construits de son vivant. À partir du règne de l'empereur Go-Kogon de la Cour du Nord, les funérailles eurent lieu au temple Sennyuji à Kyoto. Une grande partie des préparatifs funéraires devint une sorte de rituel secret, accompli presque exclusivement par des moines. Sous le règne de l'empereur Go-Tsuchimikado, la destruction du temple Sennyuji pendant une guerre empêcha la présence de moines. Le noble de la cour Higashiboujou Kazunaga, qui a alors apporté son aide à l'organisation, laissa un compte rendu des funérailles, le Meiōki, qui relate les détails des funérailles impériales à la postérité. De plus, en raison des difficultés financières consécutives à la guerre d'Ōnin, les préparatifs durent être suspendus. Les funérailles proprement dites n'eurent lieu que 43 jours après le décès de l'empereur. Il a été rapporté plus tard dans le Zoku Honchō Tsūkan que « le corps de l'empereur était décomposé et que des insectes étaient apparus » (bien que la vérité à ce sujet reste inconnue)[6].

Durant l'époque d'Edo, sous l'influence du shogunat Tokugawa, les funérailles retrouvèrent leur caractère d'événement national, et la plupart des nobles, à l'exception du régent en fonction, y assistèrent[3]. Après l'empereur Go-Kōmyō, la crémation resta officiellement en vigueur, mais la pratique de l'inhumation fut rétablie.

Époque moderne : rite shinto

Pour les funérailles de l'empereur Komei, le format fut modifié pour adhérer au rite shintoïste. Avec la restauration de Meiji et le transfert de la capitale à Tokyo, la cérémonie des 3 ans de sa mort se déroula selon les rites shintoïstes au Palais impérial. Par la suite, le format shintoïste fut définitivement adopté pour l'impératrice Eisho et l'empereur Meiji.

Durant l'ère Taisho, l'Ordonnance relative au deuil de la Maison impériale fut promulguée en 1909, suivie de l'Ordonnance relative aux cérémonies de deuil de la Maison impériale en 1926, qui stipulaient que la mort d'un empereur et d'une impératrice devait être qualifiée de "Hougyo" (崩御) et leurs funérailles de Taisou (大喪). Bien que ces ordonnances aient été abolies par la révision de la loi sur la Maison impériale après la guerre, les cérémonies continuent d'être organisées selon ces règles, de manière coutumière.

Lorsque la Constitution du Japon actuelle est entrée en vigueur, les funérailles (dans le cas de l'empereur Showa) ont été nominalement séparées en "Taisou no Rei" en tant que cérémonie d'État et en "Taisougi" en tant que cérémonie de la famille impériale, afin de ne pas violer le principe de séparation de la religion et de l'État.

Bibliographie

Notes et références

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