Tancrède (Voltaire)
tragédie de Voltaire en cinq actes et en vers
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Tancrède est une tragédie de Voltaire en vers croisés en cinq actes, créée au théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, à Paris, le .
| Tancrède | |
Page de titre de l'édition de 1771. | |
| Auteur | Voltaire |
|---|---|
| Genre | Tragédie |
| Nb. d'actes | 5 |
| Lieu de création | Comédiens français |
| Compagnie théâtrale | Hôtel de Bourgogne |
| Lieu de parution | Paris |
| Éditeur | Prault |
| Date de parution | 1760 |
| Date de création en français | |
| modifier |
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Sujet
Commencée le 22 avril 1759, achevée le 18 mai[1], la pièce met en scène, un chevalier qui croit avoir été trompé par la femme qu'il aime, en 1105, à Syracuse, au moment où les Normands mettent fin à la présence sarrasine en Sicile[2], dans un cadre médiéval annonçant le romantisme, mis en valeur pour sa couleur locale et son caractère spectaculaire[3].
Distribution
- Argire, chevalier : Brizard.
- Tancrède, chevalier : Lekain.
- Orbassan, chevalier : Grandval.
- Loredan, chevalier : Bellecour.
- Catane, chevalier : Dauberval.
- Aldamon, soldat : M. Dubois.
- Amenaïde : Mademoiselle Clairon.
- Fanie, suivante : Madame Préville.
- Plusieurs chevaliers assistants au conseil.
- Écuyers, soldats, peuples.
La scène est à Syracuse.
Argument
Aménaïde, fille d’Argire, est promise à Orbassan. Cependant, elle aime Tancrède, qui s’est caché après avoir été banni par l’Empire à l’initiative d’Orbassan. Une lettre d’Aménaïde à Tancrède ayant été interceptée, est faussement présentée comme destinée au Sarrasin Solamir ; elle est emprisonnée en attendant son procès. Tancrède, se croyant dupé par Aménaïde, cherche la mort en attaquant Solamir, qu’il tue. À l’agonie de Tancrède, Aménaïde clame son innocence et son amour avant de s’enfuir de chez son père et de mourir de chagrin auprès du corps de Tancrède.
Réception
Dernier chef-d'œuvre dramatique incontestable de Voltaire au théâtre[4], Tancrède a rencontré un grand succès auprès du public le. D’Alembert, qui y est allé trois fois de suite, cérit : « Tout le monde y fond en larmes, à commencer par moi, et la critique commence à se taire... Soyez sûr que cette pièce restera au théâtre. Mlle Clairon est incomparable[5]. »
La prestigieuse distribution a joué un rôle non négligeable dans le triomphe public de Tancrède grâce au talent des deux plus illustres interprètes de l’époque, Lekain et Mademoiselle Clairon, qui se sont surpassés dans leur performance[6].
Portée
Tancrède innove sur plusieurs points. Écrite en vers croisés, qui donnent au texte un ton plus fluide, naturel et moins déclamatoire que les alexandrins classiques à rimes plates des tragédies classiques[7]:13, la pièce fait, sous l’influence de la scène anglaise[8]:281, une place plus large au spectacle et à l’action, en introduisant un réalisme inédit pour l’époque (héroïne en chaines, jet de gantelet lors d’un défi, etc.)[9]:240. La nouvelle sensibilité préromantique baigne également dans une atmosphère nationale, avec Tancrède, chevalier normand[8]:280.
Voltaire a également mis à profit les nouvelles possibilités scéniques ouvertes garce à la suppression, en 1759, obtenue de haute lutte, des spectateurs sur la scène de la Comédie-Française, pour déployer une mise en scène spectaculaire, visuelle et dynamique[7]:4, déployée dans des décors médiévaux très soignés : salle du conseil du palais d'Argire, aux actes I à III, et place publique de Syracuse, rassemblant le peuple et les chevaliers, aux actes IV et V, rompant, par la même occasion avec l’unité de lieu aubignacienne[10].
Adaptations
La tragédie de Voltaire a inspiré à Stefano Pavesi le mélodrame en 2 actes Tancredi, sur un livret de Luigi Romanelli, créé à la Scala de Milan, le . Le , Gioachino Rossini crée l’opéra Tancredi, sur un livret de Gaetano Rossi à la Fenice de Venise[11]. En mars 1813, il charge Luigi Lechi (it), dont la maitresse Adelaide Malanotte (it) devait occuper le rôle-titre, de retravailler, pour le Teatro Comunale de Ferrare, le livret pour revenir à la fin tragique originale de Voltaire[12].
Bibliographie
- (en) John Stanton Henderson, Voltaire’s Tancrede : author and publisher, Genève, Institut et Musée Voltaire, , 165 p., in-8º (OCLC 489986823, lire en ligne).
- (en) Spire Pitou, « Voltaire’s Tancrède at Versailles in 1770 », Australian Journal of French Studies, vol. 10, no 3, , p. 310-6 (ISSN 2046-2913, lire en ligne).