Tapis de Djebel Amour

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Type de nœud
Tissage à points noués (frach)
Type de travail
Tapis traditionnel
Velours
Laine vierge locale (parfois mélangée à poils de chèvre ou chameau)
Tapis de Djebel Amour
Tapis de Djebel Amour, XIXe siècle ou antérieur
Provenance
Type de nœud
Tissage à points noués (frach)
Type de travail
Tapis traditionnel
Velours
Laine vierge locale (parfois mélangée à poils de chèvre ou chameau)
Chaîne et trame
Coton ou laine
Densité des nœuds
Variable selon la taille et le style
Formats
De 3×2 m à 10×5 m

Le tapis de Djebel Amour est un type de tapis traditionnel algérien originaire de la région du Djebel Amour, dans l’Atlas saharien, au sud de l’Algérie. Réalisé principalement dans les zones d’Aflou et El Bayadh, il constitue l’un des symboles majeurs de l’artisanat des Hautes Plaines sahariennes.

Le tapis de Djebel Amour tire son nom de la chaîne montagneuse située entre Laghouat et El Bayadh, au cœur de l’Atlas saharien. Présent entre Sebgag et El Bayadh, il demeure un symbole fort d’un patrimoine mêlant authenticité et modernité. Étroitement lié au mode de vie nomade des tribus locales, notamment les Chaamba et certaines fractions mozabites, il servait autrefois dans les tentes comme matelas, séparation et isolant contre le froid[1],[2].

Sa singularité réside dans la continuité des générations qui ont préservé ses techniques de tissage, ses motifs et ses couleurs inspirés de la nature. Influencé par trois cultures; berbère, arabe et ottomane; il intègre des symboles en tifinagh, des appellations arabes (el-louchi, el-assa, el-mâaklfa) et des apports ottomans (el-khaznajia, el-istanboulia). Cette richesse, alliée à des origines si anciennes qu’aucun chercheur n’a pu les rattacher à une tribu ou un pays précis, lui confère le statut d’héritage universel[3].

Avec l’arrivée de la colonisation française en 1830, les « Pères blancs » (missionnaires chrétiens) tentèrent de s’approprier ce patrimoine algérien en y introduisant des symboles liés à la civilisation chrétienne occidentale, notamment la croix, et en limitant sa commercialisation aux chrétiens, qui l’offraient ensuite comme présent à des rois et présidents en Europe, mais aussi en Amérique, au Canada et en Russie. Plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), les artisans algériens y intégrèrent des motifs inspirés des insignes et médailles nazis, comme acte de revanche contre l’occupant français, ce qui entraîna la répression de cette production par les autorités coloniales, qui cessèrent de la promouvoir et d’en assurer la diffusion[4].

Caractéristiques

Le tapis est confectionné selon la technique du tissage à points noués (appelée frach). La réalisation se fait sur un métier vertical, sous la direction d’un reggam (maître tisseur) qui assure la régularité des nœuds, assisté par des femmes qui tissent la trame[5]. Les matériaux utilisés sont[6] :

  • de la laine vierge locale, parfois mélangée à des poils de chèvre ou de chameau pour renforcer la texture ;
  • des colorants naturels à base de plantes (garance pour le rouge, safran pour le jaune), d’indigo, de terre ou de charbon.

Les tapis de Djebel Amour se distinguent par une grande sobriété et une composition géométrique. Les motifs les plus fréquents sont[7] :

  • losange central (kheznachi), symbole de fécondité et de prospérité ;
  • motifs crénelés (mekhleb), rappelant des griffes, destinés à repousser les esprits malveillants ;
  • triangles, chevrons et étoiles berbères stylisées.

Les couleurs dominantes sont le rouge et le noir, agrémentées de touches de blanc, d’indigo et de jaune safran[8].

La plus grande pièce peut atteindre 10 mètres de long sur 5 mètres de large, tandis que la plus petite mesure environ 3 mètres sur 2 mètres. La réalisation d’un seul tapis demande trois mois de travail, mobilisant la collaboration de trois artisanes[4].

Reconnaissance et sauvegarde

Références

Voir aussi

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