Tau Pegasi
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Salm
| Ascension droite | 23h 20m 38,24623s[2] |
|---|---|
| Déclinaison | +23° 44′ 25,2782″[2] |
| Constellation | Pégase |
| Magnitude apparente | 4,60[3] |
Localisation dans la constellation : Pégase | |
| Stade évolutif | séquence principale[4] |
|---|---|
| Type spectral |
A5 Vp[3] (A8V(n)kA5mA5 (λ Boo)[5]) |
| Indice U-B | +0,10[3] |
| Indice B-V | +0,17[3] |
| Indice R-I | +0,09[3] |
| Variabilité | δ Sct[6] |
| Vitesse radiale | +11,48 ± 0,34 km/s[2] |
|---|---|
| Mouvement propre |
μα = +36,270 mas/a[2] μδ = −2,505 mas/a[2] |
| Parallaxe | 20,714 5 ± 0,113 8 mas[2] |
| Distance | 48,275 ± 0,265 pc (∼157 al)[7] |
| Magnitude absolue | +1,10[8] |
| Masse | 2,14 ou 1,80 M☉[4],[9] |
|---|---|
| Rayon | 2,8 R☉[10] |
| Gravité de surface (log g) | 3,88[9] |
| Luminosité | 32 L☉[4] |
| Température | 7 709 K[4] |
| Métallicité | [Fe/H] = −0,28[8] |
| Rotation | 149 km/s[4] |
| Âge | 879 Ma[9] |
Désignations
Tau Pegasi (en abrégé τ Peg) est une étoile de magnitude 4,6 de la constellation de Pégase. Son nom, approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI), est Salm. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Gaia, l'étoile est située à environ 157 années-lumière de la Terre. Environ deux fois plus massive que le Soleil et 30 fois plus lumineuse que lui, il s'agit d'une variable de type Delta Scuti dont la luminosité ne change que de quelques centièmes de magnitude sur environ une heure.
Du ciel des Arabes aux catalogues internationaux
τ Pegasi, latinisé Tau Pegasi, est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de 62 Pegasi[7].

Salm est le nom de l'étoile aujourd’hui retenu par l’UAI[11]. Il dérive de Salma, que note Johann Bayer dans son Uranometria (1603)[12]. On pourrait imaginer qu’il s’agit de l’arabe al-Salm, « le Seau de cuir », nom qui conviendrait pourtant à cet endroit dans le ciel arabe traditionnel dont où bien des objets sont liés au puits, mais ne ce serait que pure reconstruction[13]. Le terme étant repris par Richard Allen (1899)[14], il est raccourci en Salm chez Harley Barlow Rumrill[15] et chez Jack W. Rhoads[16], ce qu’a repris l’UAI.
Cette étoile a également d'autres noms :
Markab, qui n’a pas la même origine que l'autre Markab, nom de α Peg venant lui de l’arabe الفرس منكب Mankib al-Faras, « l’Épaule du Cheval ». Il s’agit en fait ici de l’arabe الكرب al-Karab donné au couple τ et υ Peg dans le ciel arabe traditionnel pour une scène qui se passe autour d'un puits[17],[18]. Il apparaît sous cette forme pour τ Peg chez Hugo Grotius (1600) qui le fait dériver par erreur de l’arabe المركب al-Markab, « la Selle », dans le cadre de la figure du Pégase gréco-arabe[19]. Repris par Johann Bayer (1603)[20], il est encore noté par Richard Allen (1899)[21].
El Kerb est, comme le nom précédent, issu de l’arabe الكرب al-Karab donné au couple τ et υ Peg dans le ciel arabe traditionnel. Figurant chez al-Tizīnī (1533) pour τ et υ Peg[22], il est transcrit ‘AlKerb vel AlKereb’, dans sa traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg, par Thomas Hyde (1665)[23]. Puis, par l’intermédiaire du philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796) qui retranscrit ’el-kerb’[24], nous lisons le nom El Kerb, toujours pour le couple τ et υ Peg dans l’Uranographia de Johann Elert Bode (1801)[25], nom donné cette fois comme Al Karab par Richard Allen (1899) qui le spécialise à τ Peg[14]. C’est sous ces deux formes avec de multiples variantes que le nom El Kerb figure dans les catalogues[26].
Sad al Naamah est aussi un nom porté par τ Peg. C'est, au départ, l’arabe نيّر سعد النعام Nayyir Saᶜd al-Naᶜām, « la Propice de la Poutrelle [du Puits] », dans le cadre du ciel arabe traditionnel, nom qu’al-Tīzīnī (1533) affecte à ζ Peg'[27],[28]. Dans la traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg, par Thomas Hyde (1665), le nom est transcrit ‘Lucida τῦ Sa’d AlNaâm’[29]. Nous apprenons d'un autre côté par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī que le couple formé par la 5e et la 6e étoile se nomme النعام al-Naᶜām[30],[31]. Or, en se référant à al-Ṣūfī, Richard Allen (1899) note ‘Sa’d AlNaâm’ en l’affectant par erreur au couple formé par la 15e et la 16e étoile, soit τ et υ Peg au lieu de σ et ζ Peg[14]. C’est ainsi que le nom Sad al Naamah se retrouve attribué à τ Peg dans les catalogues, notamment chez Christian Nitschelm (1989)[32],[33]
En Chine
En astronomie chinoise traditionnelle, τ Peg est connue comme 离宫五, soit « la 5e étoile » de l'astérisme 离宫 (pinyin : ), « Partir (?) du Palais »[34].
Environnement stellaire
Tau Pegasi présente une parallaxe annuelle de 20,71 ± 0,11 mas mesurée par le satellite Gaia, ce qui indique qu'elle est distante de 48,28 ± 0,27 pc (∼157 al) de la Terre[2]. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de +11 km/s[2]. Elle apparaît être une étoile seule, car on ne lui connaît pas de compagnon stellaire avec qui elle serait physiquement associée au sein d'un système[35].