Tell al-Ubaid
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Le tell al-Ubaid (ou tell el-Obeid) (en arabe : العبيد) est un site archéologique de la Mésopotamie préhistorique et antique, situé à l'ouest d'Ur, dans le gouvernorat de Dhi Qar, dans le sud de l'Irak. Il a livré des vestiges de la période chalcolithique ancienne, la période d'Obeïd (v. 6500-4000 av. J.-C.), à laquelle le site a donné son nom. Il a également livré un sanctuaire et un cimetière de la période des dynasties archaïques (IIIe millénaire av. J.-C.).
| Tell al-Ubaid | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Province | Dhi Qar | |
| Coordonnées | 30° 58′ 20″ nord, 46° 01′ 50″ est | |
| Superficie | 6 hectares environ[1] | |
| Géolocalisation sur la carte : Irak
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Site et situation
Aujourd'hui, Tell al-Ubaid se situe à 250 km du golfe Persique, près de l’ancienne Ur, mais le littoral était plus proche à l’époque de son occupation. Le site couvre environ 6 hectares, et comprend deux tells (collines), dont la hauteur maximale est de 5 mètres. Le plus vaste comprend des occupations des périodes d'Obeïd et des dynasties archaïques, le plus petit les ruines du sanctuaire archaïque[1].
Fouilles
Le site est mis au jour par Henry Hall en 1919, alors missionné par le British Museum. Leonard Woolley poursuit les fouilles en 1923 et 1924, puis Seton Lloyd et Pinhas Delougaz en 1937, ces derniers pour le compte de l'Oriental Institute de l'Université de Chicago[1].
Période d'Obeïd
Des fragments de poteries et des traces de fours destinés à leur fabrication furent exhumés. L'étendue de la dispersion des éclats de vaisselle indique la spécialisation artisanale de ce lieu, ce que confirment d'autres exemples géographiquement proches comme celui d'Eridu[2]. Des céramiques peintes, des cratères et des décors vaguement naturalistes rappellent celles de Bender Bouchir ou de Tepe-Moussian[3].
Période des dynastiques archaïques
Le sanctuaire, au nord du site archéologique, remonte aux premiers temps de l'époque sumérienne archaïque[2]. Il repose sur une sorte de terrasses en briques formant un quadrilatère irrégulier et encerclé d'un mur, sur lequel s'élevait un temple consacré à la déesse Ninhursag qui ne laisse presque plus de traces[3]. Sur la base du temple a cependant été trouvé une œuvre en cuivre représentant Imdugud, un aigle à tête de lion, entouré de deux cerfs[4]. Probablement construit ou restauré par le roi Aʾannepada, fils de Mesannepada, vers 2.400 ans av. J.-C., le temple était richement décoré, dont les deux colonnes incrustées de nacre, de calcaire rose et d'argile, ainsi que les façades surmontées de frises narratives représentant, entre autres, des rangées de taureaux[5].
- Frise d'Imdugud.
- « Frise à la laiterie » montrant la façade du temple de Ninhursag à Tell al-Ubaid, du début de l'époque sumérienne vers 2600-2800 av. J.-C., représentant la fabrication de produits laitiers de vache dans les étables du complexe, avec la traite à droite et, à gauche, le décantage et le barattage dans de grands récipients pour obtenir également de la crème, du beurre et du fromage.
Le cimetière de la même période comprend 96 tombes[6].
Nom antique
Le nom antique de la ville n'est pas connu avec certitude. Il pourrait s'agir de la ville nommée Nutura/Enutura, mentionnée dans la Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur. Cette ville serait située dans le voisinage d'Ur et disposerait d'un temple dédié à Ninhursag, ce qui correspond bien au profil d'Ubaid[1].