Textes fondateurs de la franc-maçonnerie

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Frontispice et page de titre des Constitutions de 1723 de l'Ancienne et Honorable Fraternité des Francs-Maçons Libres et Acceptés,par James Anderson.

Les textes fondateurs de la franc-maçonnerie sont l'ensemble des textes manuscrits ou imprimés entre le XIVe et le XVIIe siècle. Ils constituent un fonds documentaire historique ayant servi à la création de la franc-maçonnerie spéculative au XVIIIe siècle. Ils sont constitutifs d'un ensemble de mythes maçonniques qui alimente l'imaginaire symbolique et philosophique de son parcours spéculatif, graduel ou encore initiatique.

Toujours étudiés par les historiens et les francs-maçons, ces documents s'inscrivent pour partie avant la création de la première obédience maçonnique, la Grande Loge de Londres et de Westminster, en 1717. Ils permettent aux historiens et maçonnologues de mettre en exergue les liens, qui s'avèrent à l'analyse uniquement symboliques et culturels à l'instar de la théorie de la transition, qui relient dans le temps la maçonnerie opérative d'Écosse et d'Angleterre aux premières loges maçonniques spéculatives de la franc-maçonnerie et plus tardivement à l'élaboration de son histoire légendaire.

1390-1420 : les Anciens devoirs

Les Anciens devoirs (Old Charges) sont un ensemble d'environ cent trente documents rédigés entre les XIVe et XVIIIe siècles, la plupart manuscrits et plus tardivement gravés ou imprimés, tous d'origine anglaise. Ces documents décrivent les obligations et fonctionnement des corporations de maçons et de bâtisseurs, mais également l'historique mythique de la création du métier. Ils connaissent deux époques distinctes : une première à la fin du XIVe siècle, avec l'apparition de deux documents uniques, les Manuscrits Régius et Cook, et une seconde période à partir du XVIe siècle, où ils réapparaissent en 1583 sous une forme moins opérative et sous le nom de Grand Lodge n°1, ce dernier entamant la production de près de 130 autres versions manuscrites ou imprimées[1].

1598-1599 : les statuts Schaw

Les statuts Schaw sont deux documents écrits au XVIe siècle par William Schaw, Maître des Travaux du roi Jacques VI d'Écosse. La première version est datée de 1598, la seconde de 1599. Ces documents édictent les règles et structures les corporations de maçons et bâtisseurs des loges opératives en Écosse[2].

Les statuts mettent en œuvre un système de loges opératives organisés selon une structuration territoriale. Les loges ne sont plus temporaires comme dans celles décrites dans les Anciens devoirs, mais permanentes et affectées à une zone géographique précise. Ces effectifs sont constants et fluctuent au gré des départs ou s'enrichissent de nouveaux ouvriers. Leurs identités sont constantes et elles tiennent des registres. Elles portent parfois des noms comme Mary's Chapel à Edimbourg ou Cannongate kilwinning[2].

1696 : le manuscrit d’Édimbourg

Le manuscrit des archives d'Edimbourg est un rituel d'initiation d'origine écossaise, daté de 1696. Il est attesté comme étant le plus ancien rituel maçonnique connu en 2016. Il est le premier d'une série de documents qui sont assemblés sous le titre de Premières instructions maçonniques (« The Early masonic catechisms »). Ce recueil qui est le plus ancien rituel de l'histoire de la franc-maçonnerie est découvert en 1930 dans l'ancienne maison des archives d'Edimbourg. Rien n'est connu sur l'histoire antérieure de ce document. Il ne comporte que quatre pages et a été divulgué en 1932 par la loge de recherche Quatuor Coronati. Il est composé de deux parties : la première est une série de questions et réponses dénommée « Quelques questions que les maçons ont coutumes de poser à ceux qui ont le mot avant de les reconnaitre », la seconde est une description de la prestation de serment et d'une instruction au travers d'un rite, des mots et signes des maçons. Cette section est dénommée « La manière de donner le Mot de maçon »[3].

1700 : le manuscrit Sloane

Le manuscrit Sloane no 3329, de par son classement au British Museum est le premier document fondateur d’origine directement anglaise. Il tire son nom de son appartenance à la collection de Sir Hans Sloane. Il se compose de deux parties, la première révèle les signes par lesquels les maçons se reconnaissent entre eux, la seconde est une instruction par question et réponse débouchant sur un serment à prêter. C'est le premier manuscrit à évoquer clairement une franc-maçonnerie en trois grades. Dans les manuscrits plus anciens ou précédent, les termes de « compagnon » et de « maitre » sont synonymes et usités pour designer un seul état de grade, dans le Sloane, ils sont clairement différenciés et leur secret diffèrent[4].

Ce manuscrit fait état par deux fois de manière claire du « Mot de maçon » et ajoute un mot de maître qui se transmet en deux temps à l'image des mots d'apprenti et de compagnon. Il évoque également le concept de « loge parfaite » composée de deux apprentis, de deux compagnons du métier et enfin de deux maîtres[5].

Post-création de la Grande Loge de Londres

Notes et références

Voir aussi

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