Theombogü
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Theombogü (Théophane Mbogue, dit), né le 16 novembre 1984 à Douala, est un écrivain, chercheur et critique littéraire camerounais. Docteur en littérature comparée, il a également fait des études de philosophie, de psychologie et de sciences religieuses. Il est membre du comité de rédaction de la revue Po&sie, fondée par Michel Deguy[1].
Theombogü a séjourné dans plusieurs pays africains et vit aujourd'hui en France[2]. Après des études de psychologie (Deug) et de philosophie (Licence) à l'Université de Douala, il fait un master en philosophie à l'Université catholique d'Afrique centrale (UCAC) à Yaoundé. Il étudie ensuite la théologie (Licence) à l'ITCJ à Abidjan et au Centre Sèvres (Master) à Paris. Puis il se consacre à la recherche. Auteur d'une thèse en littérature comparée intitulée « Situations d'écritures africaines contemporaines », soutenue à l'Université de Paris 8[3],[4], il poursuit ses recherches sur des domaines variés. Bien qu'exilé en France, il ne cesse de se soucier du Cameroun, son pays natal, comme l'indique ce poème extrait de son recueil Un Refuge autre que l'exil[5]:
« Un souvenir de ce pays disparu après la Grande Guerre... que mon grand-père appelait affectueusement Kamerun. (...)
C’était un Kamerun avec un territoire bien défini. Et puis un jour la Société Des Nations l’a offert gracieusement à la France et à la Grande-Bretagne. Et rien n’était plus comme avant. Tout avait changé.
Ce n’était plus un Kamerun. Ils ont commencé à parler d’un Cameroun français et d’un Cameroun britannique. (…)
Ils ont commencé à parler d’anglophones et de francophones comme si c’étaient des groupes ethniques kamerunais.
Pendant plusieurs décennies, les voix contestataires ont été pourchassées, emprisonnées, exilées, torturées, assassinées.
C’était une guerre qu’ils ont soigneusement enfouie dans le grand livre de l’oubli. »
Outre ses ouvrages et ses articles publiés[6], son texte « Respirer » paru dans la revue Hommes & Migrations en 2020 et quelques-uns des poèmes de son recueil Un Refuge autre que l’exil ont fait l’objet de performances théâtrales et hybrides par des professeurs du Conservatoire Royal de Bruxelles et de l'Université libre de Bruxelles (ULB) avec les étudiants du Master d’art dramatique (Conservatoire Royal) et d'art du spectacle vivant (ULB) autour du projet « Mots en exil »[7].
Recherche et création
Titulaire d'un doctorat en littérature comparée obtenu à l'Université Paris VIII, Theombogü se considère comme un chercheur indépendant. Ses travaux croisent les champs littéraire, philosophique et politique. Ils portent sur la question du «nous» de la nation natale ainsi que sur les situations d'écriture des auteurs ayant pris racine en dehors de leur cadre d'origine.
Il a enseigné les littératures africaines à l'Université Paris VIII, le français au lycée-collège Charles Lwanga à Sarh (Tchad)[8] et dans plusieurs collèges en région parisienne (France)[9].
En 2022, il publie aux éditions Pétra Un Végan chez les Pygmées, une fiction à mi-chemin entre roman et chronique. Le livre lui a été inspiré par le choc reçu en 2010 lors de la visite d’un campement, à quelques kilomètres de la ville balnéaire de Kribi. Il tente de transcender ce choc par la rédaction de cette sorte de quête identitaire d'un Parisien végan, né d'une mère Camerounaise et d'un père Français. Le livre met en exergue la question des personnes métisses perçues comme Noires en France, mais Blanches en Afrique. Pour Kidi Bebey du Monde, le roman, sans véritable intrigue, fait sourire, intrigue puis remue et peut se lire comme un plaidoyer en faveur des minorités, en ouvrant « de nouvelles pistes en prise avec les problématiques les plus actuelles du monde et des sociétés »[10].
Son essai Remember Kamerun, publié en 2025 aux éditions Classiques Garnier, jette les bases d'une littérature qu'on qualifie d'« hydroponique » ou « de serre »[11]. Il a forgé le concept d'« écriture hydroponique »[12].