Thomas-Joachim Hébert
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Thomas-Joachim Hébert, né en 1687 et mort le 23 décembre 1773 à Paris, est un célèbre marchand mercier français.
Par son mariage en 1714 avec Louise Desgodets, fille d'Antoine Desgodets, et veuve du marchand mercier Nicolas Guillaume Dau[s]tel (mort en 1713), que Thomas Joachim Hébert entre dans le négoce d'objets d'artisanat d'art de haute qualité et de luxe. À cette époque, il possède boutique quai de la Mégisserie, non loin de la place Dauphine et du marchand Edme-François Gersaint[1].
Après le décès de sa première épouse en 1724, il se marie avec Marie-Jeanne Legras, également fille de marchand mercier. On peut trouver dans sa boutique des meubles, mais aussi des pendules, des gemmes et beaucoup de porcelaines orientales, entre autres[2].
Dans les années 1720, Hébert passe commande de meubles à l'atelier d'André-Charles Boulle. Parmi les autres ébénistes travaillant pour Hébert on compte aussi Bernard II Van Riesen Burgh[3],[4].
Vers 1736, il déménage sa boutique rue Saint-Honoré, non loin du Palais-Royal, désormais appelée Au Roy de Siam. Témoin indirect de ce succès, Voltaire cite l’enseigne du magasin dans sa vaste correspondance[5].
En 1740, il est chargé de la prisée lors de l'inventaire des biens de Louis IV Henri de Bourbon-Condé. Sa boutique est citée dans le roman à succès de l'époque, Thémidore (1745) de Claude Godard d'Aucour.
Vers 1750, il fournit en meubles estampillés Van Riesen Burgh le ministre Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, et certains de ces meubles peuvent être encore de nos jours identifiés dans des collections comme venant de ce marchand. Peu après, il cède sa boutique à Lazare Duvaux[2],[6].
En août 1752, Thomas Joachim Hébert s’oriente vers une nouvelle activité par l’acquisition d’une charge de « conseiller secrétaire du Roi », qui lui assure des revenus substantiels jusqu’à son décès, le 23 décembre 1773, dans une maison rue des Moulins, butte Sainte-Anne, paroisse Saint-Roch à Paris[2].
Il fut dès 1737 l'un des grands fournisseurs officiels de la Cour de Louis XV à Versailles, par l’intermédiaire de l’administration des Menus-Plaisirs et de celle du Garde-Meuble de la Couronne[1].
Thomas Joachim Hébert avait marié en 1751 sa fille Marie Margueritte à M. Dufour, fils de la première femme de chambre de la Dauphine, Marie-Josèphe de Saxe, dans un contrat signé à Versailles : le duc de Luynes consigne le fait dans ses Mémoires en observant qu'elle est « la fille du fameux Hébert, marchand au palais, laquelle aura beaucoup de biens »[7].
Notes et références
- 1 2 Rose-Marie Herda-Mousseaux (dir.), La Fabrique du luxe : les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle, Paris, Musée Cognacq-Jay, catalogue d'exposition, 2018, p. 64-71.
- 1 2 3 Vincent Bastien, « Hébert, Thomas Joachim », notice biographique sur la base Agorha.
- ↑ Jean Vittet, « Le marchand Thomas-Joachim Hébert (1687–1773) et l'ébénisterie de son temps », in: Stéphane Castellucio (dir.), Le Commerce du luxe à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles. Échanges nationaux et internationaux, Berne, Peter Lang, 2009, p. 177-198
- ↑ (en) Carolyn Sargentson, Merchants and Luxury Markets: The Marchands Merciers of Eighteenth-Century Paris, Londres, Victoria and Albert Museum, 1996.
- ↑ « Lettre de Voltaire à l’abbé Moussinot, le 5 juin 1737 », in: Les Vraies Lettres de Voltaire à l’abbé Moussinot, 1875, p. 47.
- ↑ (en) Christie's New York, 2 November 2000, lot 231, « a pair of lacquer encoignures ».
- ↑ Pierre Verlet, Le Commerce des objets d’art et les marchands merciers à Paris au XVIIIe siècle, Annales ESC. Histoire, Sciences Sociales 13.1, janvier-mars, 1958, p. 13.