Saint Théau est le patron des enfants qui ont des difficultés à apprendre à marcher. On l'invoque également contre les maladies et les fièvres infantiles.
Théau était probablement originaire de Westphalie en Vieille-Saxe, et avait des parents païens. Il serait le fils d'un chef saxon battu par Clotaire II. Vers 622, il est vendu comme esclave par les Francs, et est acheté à Paris par saint Eloi[1].
Eloi le baptise et le donne aux moines de l'abbaye de Solignac (Solemniacum) dans le Limousin, où il est ordonné prêtre[1].
Évangélisation
Théau demeure quelque temps à Solignac où il est un orfèvre renommé avant, selon certaines sources, de recevoir d'Éloi la mission de se rendre en Gaule Belgique pour convertir à la religion chrétienne les Suèves et les Frisons qui s'étaient établis sur les bords de la mer dans les environs d'Anvers[2].
Après le départ en 651 de Remacle pour fonder Stavelot, Théau est, selon certaines sources, nommé abbé de Solignac[3],[4].
A la mort de saint Éloi qui l'avait nommé abbé[5], il se retire comme ermite: établissant sa cellule dans les gorges désertes de la vallée d'Auze, dans ce que l'on appelle aujourd'hui la Grotte de Saint-Til, là où se trouve maintenant Brageac[6],[7].
Pour regrouper les nombreux disciples étant venus se mettre sous sa conduite, Théau élève ensuite un monastère qui prend le nom de Brajecte, aujourd'hui Brageac. Après y avoir réuni trente moines de l'ordre de Saint-Benoît, Théau se retire non loin de Solignac où il meurt en l'an 702[8].
Décès
Statue de Théau de Solignac sur le portail d'entrée de l'église Saint-Théau d'Iseghem
La légende raconte qu'il connaissait d'avance l'heure de sa mort, à l'âge de 94 ans, car il envoya un messager à l'évêque Hermenus (Ermenon) de Limoges, qui apparut alors au bon moment pour lui prodiguer l'extrême-onction.[réf.nécessaire]
Le jour de sa mort, en 707 à Solignac, près de 300 personnes se seraient rassemblées pour pleurer sur sa tombe.[réf.nécessaire] Son corps aurait été longtemps conservé dans le monastère de Solignac, et aurait été brûlé lors des guerres de religion[9].
Postérité
Son dernier oratoire est à l'origine du village du Vigen[10].
Son buste reliquaire est conservé dans l'abbatiale de Solignac, et est la plus belle pièce de son trésor actuel[11],[12].
L'abbaye de Solignac est détruite en 732 par les Sarrasins ainsi que l'oratoire de Brageac[7]. Ce n'est qu'après cinq siècles d'abandon qu'est élevée l'église actuelle de Notre-Dame-de-Saint-Thibaud de Brageac. Le titre de cette église se réfère à saint Thibaud (abbé de l'abbaye des Vaux-de-Cernay mort en 1247), et n'a pas de rapport avec Théau, bien que ce fut Théau le fondateur de oratoire originel à l'emplacement de l'église. Dans cette église de Brageac se trouve une bourse reliquaire dite de saint Théau[13].
12Chanoine Chabau, Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze - tome dix-neuvième - L'église de Brageac (Sa Description, son Histoire, son Trésor), éditeur Marcel Roche, Brive, 1897, p.21-41. URL: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54576863/f25.item
↑Jean-Loup Lemaitre, «Reliques et authentiques de reliques à l'abbaye Saint-Pierre de Solignac», Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, vol.1985, no1, , p.115–137 (DOI10.3406/bsnaf.1987.9149, lire en ligne, consulté le )
Vies des Saints du diocèse de Limoges, t.1 (lire en ligne), p.74-83
Supplément aux vies des Pères, etc., pour les Saints du diocèse de Limoges (lire en ligne), p.36-40
Jean Collin, Histoire sacrée de la vie des saints principaux et autre personnes plus vertueuses: Qui ont pris naissance, qui ont vécu, ou qui sont en vénération particulière, en divers lieux du diocèse de Limoges, Limoges, Martial Barbou, , 708p. (lire en ligne), p.1-11
Abbé Chabau, «Til: Abbé de Solignac», dans Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, t.ix, Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, (lire en ligne), p.577-617
Dom Dumas, «Chronique du monastère de Saint-Pierre de Solignac» publiée par l'abbé André Lecler, dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1895, tome 43, p.585-673(lire en ligne) (édition complète de 1896 p. 70-75)
Pierre Vayre, «Ermites guérisseurs et protecteurs en Limousin au début de l’ère chrétienne», Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine, vol.195, no6, , p.1418 (lire en ligne)