Théodore Maillot

peintre français From Wikipedia, the free encyclopedia

Théodore-Pierre-Nicolas Maillot, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un peintre français.

Biographie

Théodore Maillot naît le dans l'ancien 10e arrondissement de Paris[1],[2],[3],[4],. Il est le fils de Nicolas Sébastien Maillot, capitaine adjudant major et peintre, et d'Émilie Carlier. Son frère Charles Désiré Claude Maillot est également artiste peintre.

Théodore Maillot est un peintre académique, qui remporte le prix de Rome en 1854, et reçoit de nombreuses commandes notamment pour décorer des bâtiments publiques dont le Panthéon et Notre Dame de Paris. Il est très reconnu, médaillé au Salon de 1867[4] et décoré de la Légion d'honneur en 1870[4]

En 1882, il épouse Anne Charlotte Félicie Duban, fille de Félix Duban[5].

Théodore Maillot meurt le [6] dans sa ville natale[1],[4] à son domicile au 11, rue Marceline-Desbordes-Valmore dans le 16e arrondissement[7]. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (19e division)[8].

Formation

Théodore Maillot suit une formation académique classique. Il entre à l’École des beaux-arts de Paris le , présenté par le peintre Belloc. Il poursuit ensuite son apprentissage dans les ateliers de François-Édouard Picot et de Michel Martin Drolling.[9],[10]

Au cours de sa formation, il participe à plusieurs concours académiques : le concours de la figure peinte en 1845, pour lequel il présente une académie[11] ; le concours de l’esquisse peinte en 1847, où il réalise Les Saintes Femmes au tombeau[12] ; enfin, en 1853, il concourt pour la demi-figure peinte avec un torse (ou demi-figure)[13], œuvre qu’il exposera ultérieurement à l’Exposition universelle de 1889.

Après sa formation, il tente à plusieurs reprises d’obtenir le prix de Rome dans la catégorie de peinture d’histoire. En 1847, il présente La Mort de Vitellius[14]; en 1850, Zénobie trouvée par les bergers sur les bords de l’Araxe[15], qui lui vaut le deuxième prix de Rome. Il concourt de nouveau en 1851 avec Périclès au lit de mort de son fils[16], en 1852 avec La Résurrection du fils de Jaïre, et en 1853 avec Jésus chassant les marchands du Temple[17].

Il remporte finalement le prix de Rome en 1854 avec Abraham lavant les pieds aux trois anges. L’esquisse de cette œuvre est conservée au musée d’Orsay, tandis que le tableau définitif est conservé à l’École nationale supérieure des beaux-arts.[18]

Lauréat du prix de Rome, il séjourne à la Villa Médicis, siège de l’Académie de France à Rome, afin de parfaire sa formation de à . Durant son séjour en Italie, il étudie les maîtres de la Renaissance et réalise plusieurs « envois de Rome », œuvres que les pensionnaires doivent adresser annuellement à l’administration afin d’attester de l’avancement de leurs travaux[19].

Son premier envoi (deuxième année, 1855) consiste en une figure nue assise à terre, les yeux baissés, les mains cherchant à dissimuler sa poitrine[20]. En troisième année, il exécute Le Martyre de sainte Juliette[21], Saint Joseph et l’Ange (également appelé Le Songe de saint Joseph)[22] et Saint Jean dans le désert (conservé au musée des beaux arts de Paris)[22]. En quatrième année, il envoie une figure d’ange nu d’après Raphaël[23], ainsi qu’un Saint Luc peignant la Vierge[24].

Enfin, en cinquième année, il présente La Charité de saint Remi, œuvre achetée par l’État pour la somme de 6 000 francs au Salon de 1861 et déposée l’année suivante au musée de Montauban[25].

Durant son séjour romain, il réalise également plusieurs portraits de ses camarades peintres et sculpteurs, conservés à la Villa Médicis[26].

De retour à Paris, il bénéficie d’une réputation déjà établie, favorisée par l’obtention du prix de Rome[19] et par l’acquisition d’une de ses œuvres par l’État, ce qui lui vaut de nombreuses commandes publiques.

Carrière académique

Revenu à Paris, le peintre reçoit d’importantes commandes pour des bâtiments publics et expose régulièrement au Salon.

Commandes publiques

En 1860, il participe au décor du Théâtre de la ville (alors théâtre lyrique de Paris), pour lequel il réalise des peintures de plafond. Avant l’incendie de 1883, on pouvait y voir des décors en forme de mandorle[27] représentant des allégories de la Danse et de la Musique[28].

Il intervient également au Panthéon de Paris (ancienne église Sainte-Geneviève), où il exécute une partie du décor du transept sur le thème des miracles de sainte Geneviève. Les panneaux de gauche représentent la procession de la châsse de sainte Geneviève, organisée à Paris le afin de faire cesser les pluies et inondations menaçant la capitale ; ceux de droite illustrent la guérison du « mal des ardents » par les reliques de la sainte en 1130. Le décor n’est mis en place qu’après sa mort, en 1888[29].

Au Palais de la Légion d'honneur, il réalise deux plafonds peints : l’un, sur le thème La Justice assure la paix et protège les arts (esquisse conservée au musée Carnavalet)[30] ; l’autre, pour le grand salon, intitulé L’Institution de la Légion d’honneur. La composition représente Napoléon Ier entouré de grandes figures de l’Empire : la Victoire confère à l’empereur le collier de grand maître de l’ordre ; l’Équité, assise devant lui, désigne notamment Masséna et Murat. À droite de l’empereur figurent des soldats l’acclamant ; à gauche, des savants, magistrats et artistes, parmi lesquels Portalis, Monge, Cuvier, Lacépède, David et Ingres[31].

Il travaille également pour la Cathédrale Notre-Dame de Paris, notamment pour la chapelle Saint-Marcel, décorée d’une fresque peinte par Théodore Maillot entre 1864 et 1868, représentant l’ancien évêque de Paris et la translation de ses cendres[32].

Parmi ses réalisations on compte aussi les décors de l’église Église Saint-Jean-Baptiste de Belleville, notamment le transept Nord: Scènes de la vie de saint Jean-Baptiste (Baptême du Christ ; Prédication de Jean - scène centrale, Décapitation de Jean, L'Incrédulité de saint Thomas[2],[3], La Sainte-Famille, d'après Andrea del Sarto[3], Saint Rémi[2],[3],

A l'Église Saint-Jacque-du-Haut-Pas on peut aussi voir du peintre, Les Trois Vertus théologales ou Le Martyre de Saint-Jacques, projet de retable pour la chapelle Saint-Jacques, dans l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas[4].

Enfin il travail au décor complet pour la Cathédrale Notre-Dame d'Amiens, pour laquelle il peint : Sainte Marguerite Marie Alacoque, Saint François de Sales, Saint Thomas d'Aquin, Saint Bernard, Le Chef de saint Jean-Baptiste, Saint Jean l'évangéliste, Saint Pierre, La Vierge Marie, Saint Joseph, Saint Paul, Saint Augustin, Saint Ignace de Loyola[33].

Plafond de l'hôtel de la légion d'honneur, esquisse au musée Carnavalet
Plafond de la légion d'honneur, Grand salon
décors de l'opéra lyrique

Participation au Salon

Parallèlement à ces commandes, il expose au Salon de 1854 à 1883, présentant tantôt des œuvres achevées, tantôt des esquisses ou cartons préparatoires liés à ses chantiers en cours. Il obtient une médaille en 1867 et est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1870.[34]

Parmi les œuvres exposées figurent notamment (liste non exhaustive) [34]:

  • 1852 : Incrédulité de Saint Thomas.
  • 1857 : La Sainte Famille, d’après un tableau d’Andrea del Sarto.
  • 1860 : Martyre de saint Jacques (croquis pour l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas), musée Carnavalet.
  • 1861 : Saint Rémi, musée Ingres, Montauban.
  • 1863 : Le Christ et la Samaritaine, Cathédrale Saint-Louis de Versailles.
  • 1863 : Portrait de M. E. H.
  • 1865 : Animaux sauvages près d’une source ; Tambours aux gardes.
  • 1866 : Portrait de M. V.
  • 1867 : Saint Jean.
  • 1869 : Portrait de la comtesse de L. (récompense, exempté) ; Portrait de M. le vicomte de L.
  • 1869 : Transport des reliques de Saint Marcel [35]
  • 1870 : Fénelon pendant la bataille de Malplaquet (11 septembre 1709).
  • 1870 : chapelle du Sacré-Cœur, cathédrale d’Amiens.
  • 1873 : Portrait de Madame la marquise de C… (hors concours).
  • 1874 : Saint Jean prêchant dans le désert, transept de l’église Saint-Jean de Belleville (peinture à la cire).
  • 1874 : plafond du nouveau théâtre de Tours (trois sujets peints à la détrempe).
  • 1876 : cartons de la Procession de la châsse de sainte Geneviève à Paris le 12 janvier 1496 (Panthéon).
  • 1877 : coupole du grand salon du Palais de la Légion d’honneur.
  • 1879 : Procession de la châsse de sainte Geneviève, 12 janvier 1496, église Notre-Dame-de-Bon-Port, Nantes.
  • 1883 : Miracle des ardents, décoration du Panthéon.


Production privée

En parallèle de sa production officielle, Théodore Maillot réalise de nombreuses œuvres de style historiciste ou troubadour, caractéristiques du XIXe siècle, issues de commandes privées. Parmi celles-ci figurent Crispin et Colombine (musée des Beaux-Arts de Bordeaux)[36], Gilles et Scaramouche (musée municipal de La Roche-sur-Yon)[37] et Cendrillon mélancolique devant la cheminée du Mans, œuvre inspirée d’une cheminée conservée au musée de Cluny, entrée dans les collections vers 1860[38].

Élèves

Distinctions

Notes et références

Annexes

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