Théodore le Stratilate
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Théodore le Stratilate ou plutôt, si l'on transcrit le êta à la manière classique, Théodore le Stratélate (Θεόδωρος ὁ Στρατηλάτης), né à Euchaita vers 281 et mort le à Héraclée du Pont, est un saint chrétien vénéré comme mégalomartyr. Il n'est toutefois mentionné par aucun document antérieur au IXe siècle, et le premier auteur daté avec certitude qui parle de lui est Nicétas le Paphlagonien alias Nicétas David (né vers 885), dans sa Laudatio BHG 1753.
Sa mémoire est honorée dans l'Église orthodoxe le 8 février et le 8 juin (calendrier julien), ainsi que le 7 février dans l'Église catholique mais sans liturgie particulière pour l'Église occidentale[1]. Il est vénéré par les chrétiens comme un saint patron de l'armée.
Il est parfois[2] représenté avec Théodore Tiron ou « le Conscrit » (fêté le 17 février), également saint et martyr.
Un débat plus que centenaire divise les spécialistes (hagiologues et historiens des religions) : Théodore le Stratélate (héros de la légende BHG 1750, du IXe siècle) n'est il qu'un doublet de Théodore « Tiron » alias le Conscrit (attesté dès le IVe siècle), ou doit-il en être distingué ? Le premier Théodore était une nouvelle recrue (tiro en latin) alors que l'autre aurait été un général (stratélate) et, dès l'origine, un tueur de dragon ou « dracontoctone » (propriété qui n'est attribuée à Théodore le Conscrit qu'à partir de sa légende tardive BHG 1761-1762). Selon Delehaye[3] et plusieurs spécialistes ultérieurs dont Walter[4], les deux saints ne sont en réalité qu'une seule et même personne ; nous serions en présence d'un dédoublement légendaire, phénomène qui n'est pas rare dans l'hagiographie[5]. Gleede montre toutefois qu'on les différenciait au VIIe – VIIIe siècle — sans que cela implique l'existence réelle du second Théodore, le général, caractérisé comme dracontoctone dès ses premières représentations iconographiques, en Géorgie [6], et sans que cela empêche que le personnage de Théodore le Stratélate soit modelé sur celui du Conscrit —, et que leur fusion en un seul individu, dont témoigne BHG 750, n'eut lieu qu'au début du IXe siècle[7].