Thérèse Sclafert

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Thérèse Sclafert
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Distinction

Thérèse Sclafert, née Jeanne Sclafert le à La Bachellerie et morte le à Fontenay-aux-Roses, est une historienne et géographe française.

Jeunesse et identité

Selon une nécrologie parue dans le Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes en 1962, Thérèse Sclafert serait née le à La Bachellerie[1], en Dordogne[2],[3]. En fait, il s'agit d'une erreur typographique car elle est bien née le 18 mars 1876 à La Bachellerie comme en témoigne son acte de naissance (n°11) avec le prénom de Jeanne. Dans le Journal officiel, elle apparaît sous le nom de Jeanne Sclafert[4](ou Jeanne-Thérèse Sclafert[5]), tout comme dans le recensement de population de la ville de Paris de 1936[6].

Carrière

Thérèse Sclafert devient institutrice (ou enseignante dans l'enseignement secondaire[3]) à Bordeaux ; elle y rencontre Anne-Marie Grauvogel, qui est directrice de l'école primaire supérieure de Bordeaux[3]. En 1907, cette dernière est mutée à l'école primaire supérieure de Grenoble, en Isère[7], où Thérèse Sclafert la rejoint pour être directrice de l’École d’application associée [3]. Thérèse Sclafert entreprend en parallèle des études universitaires ; l'un de ses professeurs d'alors est Raoul Blanchard[3], géographe, qui l'a « préparée à la licence avant 1914 »[8]. Elle effectue également des recherches dans les archives iséroises[3]. Elle se spécialise dans la géographie historique, où elle rassemble ses deux spécialités : la philologie et la géographie.

En 1917 ou 1919, Anne-Marie Grauvogel prend la direction de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses[3]. Thérèse Sclafert devient répétitrice de grammaire et de latin dans cette même école normale supérieure[2] et s'inscrit en doctorat d'histoire à Paris[3], sous la direction de l'historien médiéviste Ferdinand Lot (1866-1952)[9]. Elle soutient sa thèse de doctorat ès lettres, Le Haut Dauphiné au Moyen Âge, en 1926[2],[3] à Paris, après 15 années de recherches, et obtient la mention très honorable[10]. Dans l'introduction de sa thèse, elle remercie notamment « des maîtres et amis qui nous ont éclairé de leur science et soutenu de leur sympathie »[11], parmi lesquels on peut noter plusieurs historiens et géographes : Paul Fournier, professeur à la faculté de droit de Paris, Raoul Blanchard, professeur à l'université de Grenoble, Robert Caillemer, professeur à la faculté de droit de Paris, Lucien Gallois, professeur à l'université de Paris, élève et successeur de Paul Vidal de La Blache, Ferdinand Lot, professeur à la faculté de lettres de Paris, Georges de Manteyer, archiviste des Hautes-Alpes et historien français, monsieur Letonnelier, archiviste de l'Isère, et Paul Thomé de Maisonneuve, archiviste bénévole de Briançon[11]. L'historien renommé Marc Bloch fait un compte-rendu favorable de cette thèse dans la revue des Annales en 1930[3].

Selon l'historienne Natalie Zemon Davis en 2017, l'obtention d'une thèse aurait constitué pour un homme une étape vers une promotion[3]. Néanmoins, Thérèse Sclafert continue son métier d'enseignante en grammaire et en latin à l’École normale supérieure de Fontenay[12],[3]. Toutefois, Thérèse Sclafert continue ses travaux de manière indépendante et publie quelques articles de recherche[3].

Les historiennes professionnelles sont encore rares à cette époque et Thérèse Sclafert devient l'une d'elles. Elle et Lucie Varga sont les deux seules femmes à avoir publié chacune un article (« Les routes du Dauphiné et de la Provence sous l’influence du séjour des papes à Avignon », pour Thérèse Sclafert) dans la Revue des annales entre 1929 et 1944[13],[12],[14]. Elle est également l'une des rares à avoir reçu une reconnaissance académique avant 1945. Cependant, il semble que le fait que Thérèse Sclafert ait été une femme à cette époque ait empêché qu'elle puisse réellement se professionnaliser dans le métier d'universitaire[9],[3]. En 1935, Anne-Marie Grauvogel est mise à la retraite d'office de l'école de Fontenay-aux-Roses ; Thérèse Sclafert et elle s'installent alors à Paris[15]. Thérèse Sclafert quitte alors Paris et s'installe à Manosque, où elle poursuit ses travaux de recherche sur les Alpes méridionales.

Thérèse Sclafert a publié de nombreux articles dans des revues telles que la Revue de géographie alpine, les Annales d'histoire économique et sociale, et les Annales de géographie.

Mort

Elle meurt le , âgée de 82 ans, à Fontenay-aux-Roses, dans le département des Hauts-de-Seine[1],[2]. Elle travaillait alors sur son deuxième ouvrage majeur, qui est publié sous le titre Cultures en Haute-Provence en 1959[3].

Travaux de recherche

Parmi ses recherches historiques et géographiques, Thérèse Sclafert s'est notamment intéressée à l'économie rurale et aux Alpes françaises ; selon le médiéviste Louis Stouff en 1961, elle fait partie des auteurs connus à l'époque pour s'être penchés sur le sujet[16].

Publications

Thèses de doctorat (éditées)

La soutenance de thèse pour le doctorat ès lettres de Thérèse Sclafert a eu lieu en 1926 à Paris[17],[12],[18]. Dans un compte-rendu de lecture qu'il fait lors de son édition, Lucien Gallois indique qu'elle « appartient à la géographie autant qu'à l'histoire »[17].

  • Le Haut Dauphiné au Moyen Âge[11],[19], Paris, Société anonyme du Recueil Sirey, 1926, XIX-765 pages (thèse principale)[20],[18].
  • L'Industrie du fer dans la région d'Allevard au Moyen Âge, Grenoble, Impr. Allier père et fils, 1926, 120 pages (thèse complémentaire)[18].

Ouvrages

  • Cultures en Haute Provence. Déboisements et pâturages au Moyen-Age, Paris, S.E.V.P.E.N. (publications du Centre de recherches historiques de l’École pratique des Hautes études), 1959 (livre posthume)[16],[3].
  • en tant que coauteure avec Jean-Gérard Lapacherie[2] (éditeur scientifique), Le Queyras au Moyen âge, éditions Transhumances, 2015.

Articles

  • « La vie chère dans le Dauphiné : au XVe siècle », Nouvelle revue historique de droit français et étranger, Paris : Recueil Sirey, 1925.
  • « L'Industrie du fer dans la région d'Allevard au Moyen-Âge », Revue de géographie alpine, 1926, vol. 14, n°2, pp. 239-355[21].
  • « Sisteron au début du XVIe siècle [D'après un cadastre] », note critique, Annales de géographie, 1928, vol. 37, n°206, pp. 167-173.
  • « Le Pillage du château de Vitrolles au XVe siècle », extrait du "Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes", 47e année, 5e série, 1928.
  • « La vallée de l'Avance au Moyen Age : XIIIe – XVIe siècles », extrait du : "Bull. de la Société d'études des Hautes-Alpes", 3e trimestre 1928.
  • « Problèmes d'histoire routière. II. - Les Routes du Dauphiné et de la Provence sous l'influence du séjour des papes à Avignon », Annales d'histoire économique et sociale, 1929, vol. 1, pp. 183-192[lire en ligne (page consultée le 2022-03-15)][3].
  • « La Vie dans la montagne de Séuse du XIVe au XVIe siècle », extrait du "Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes", 48e année, Gap : impr. de L. Jean, 1929.
  • « Comptes de péages de Montmélian de 1294 à 1585. Le Passage des draps de France en Savoie et en Piémont. L'Itinéraire des grandes voitures entre Lyon et Milan », Revue de géographie alpine, 1933, vol. 21, n°3, pp. 591-605.
  • « À propos du déboisement des Alpes du Sud (premier article) », Annales de géographie, 1933, vol. 42, n°237, pp. 266-277.
  • « À propos du déboisement des Alpes du Sud (deuxième article) », Annales de géographie, 1933, vol. 42, n°238, pp. 350-360.
  • « À propos du déboisement des Alpes du sud - Le rôle des troupeaux », Annales de géographie, 1934, vol. 43, n°242, pp. 126-145.
  • « Un aspect de la vie économique dans les hautes vallées des Alpes du Sud : La Surcharge pastorale », Bulletin de l'Association de géographes français, 1939, vol. 16, n°120, pp. 58-66.
  • « L'Apprentissage à Manosque du XIVe au XVIIIe siècle », extrait du Bulletin de la Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes. T. 28. Fasc. 179.
  • « Usages agraires dans les régions provençales avant le XVIIIe siècle. Les Assolements », Revue de géographie alpine, 1941, vol. 29, n°3, pp. 471-492.
  • « Les Haches en pierre polie et leurs sites d'accumulation dans le sud-est de la France », Annales de géographie, 1946, vol. 55, n°298, pp. 130-131.
  • « Les Monts de Vaucluse. L'Exploitation des bois du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle », Revue de géographie alpine, 1951, vol. 39, n°4, pp. 673-707.

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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