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Tilcayo

espèce de mammifère From Wikipedia, the free encyclopedia

Leopardus tilcayo

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Leopardus tilcayo
Description de cette image, également commentée ci-après
Tigrino, le tilcayo en captivité à La Senda Verde, en Bolivie.
1.4–0 Ma
Du Calabrien du Pléistocène à l'Holocène (Présent).
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Genre Leopardus

Espèce

Leopardus tilcayo
Nogales-Ascarrunz, Aliaga-Rossel, Lescroart & Eizirik, 2026

Statut de conservation UICN

( NE )( NE )
NE  : Non évalué

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
  • Aire de répartition de Leopardus tilcayo
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Le tilcayo[1] (Leopardus tilcayo) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félidés. Ce petit félin (sous-famille des félinés) du genre des Chats-tigres (Leopardus), originaire de Bolivie en Amérique du Sud, a été décrit scientifiquement en 2026. Il s'agit de la première espèce de félin formellement identifiée depuis plus d'un siècle, l'animal était toutefois déjà connu des populations locales.

Étymologie

Le terme tilcayo n’est ni un toponyme, ni le nom d’un éventuel auteur ou explorateur : ce nom correspond en fait au nom vernaculaire traditionnellement employé par les communautés locales des Yungas boliviens pour désigner ce félin[2]. Les auteurs de la description originale ont délibérément choisi de le retenir à la fois comme épithète spécifique dans le nom scientifique et comme nom commun officiel afin de saluer et d'intégrer le savoir ancestral de ces populations locales.

Sa signification exacte ainsi que ses origines linguistiques précises demeurent incertaines, le terme ne semblant pas se rattacher de manière évidente au lexique des langues parlées dans la région, à savoir l'espagnol et le quechua[3]. Interrogée sur l'origine du mot, la biologiste Paola Nogales-Ascarrunz rapporte ce dialogue avec les habitants locaux : « Je demandais aux locaux : « Pourquoi l'appelez-vous tilcayo ? » Et ils me répondaient : « Je n'en sais rien ! Mon grand-père l'appelait ainsi, alors moi aussi je l'appelle comme ça » ».

Taxonomie

Historique

Le processus menant à la découverte et à la description formelle du tilcayo s'amorce en 2016, lorsque la biologiste bolivienne Paola Nogales-Ascarrunz, exploratrice pour la National Geographic Society, est contactée par le refuge de faune sauvage Senda Verde, situé dans les Yungas, au sujet d'un spécimen atypique[4]. Un habitant de la région de La Paz l'avait recueilli alors qu'il n'était qu'un petit, pensant avoir affaire à un chat domestique errant ; sa famille l'a élevé pendant plus d'une année en le nourrissant « de nouilles, de riz et d'œufs », avant de remarquer qu'il s'attaquait aux poules et émettait un miaulement distinct de celui des chats domestiques[5],[6],[7]. Intriguée, Nogales-Ascarrunz prend plusieurs photographies de l'individu, supposant initialement qu'il s'agit d'une variation inhabituelle de l'Oncille (Leopardus tigrinus)[3].

En 2019, alors qu'elle prépare un livret d'identification sur les félins de Bolivie, la chercheuse réexamine le spécimen et constate qu'il présente une morphologie nettement différente de celle de L. tigrinus[3]. Elle initie alors une série d'analyses génétiques qui se poursuivent sur près d'une décennie. Pour confirmer le statut du taxon, une équipe internationale procède au séquençage génomique complet de 38 individus du genre Leopardus, combinant du matériel prélevé sur des animaux vivants à de l'ADN extrait de spécimens de muséums[2]. Ces recherches, codirigées par l'écologue évolutionniste Jonas Lescroart de l'Université d'Anvers et Eduardo Eizirik de l'Université pontificale catholique du Rio Grande do Sul, aboutissent à la publication officielle de l'espèce le dans la revue Current Biology[2].

Le spécimen hébergé au refuge Senda Verde, baptisé « Tigrino », est le seul individu connu maintenu en captivité. En raison de sa longue imprégnation à l’Homme et de son éloignement prolongé de la nature, sa réintroduction dans son habitat d'origine est jugée impossible[5],[8].

Systématique et phylogénie

L'espèce est formellement décrite en par Paola Nogales-Ascarrunz, Enzo Aliaga-Rossel, Jonas Lescroart et Eduardo Eizirik dans un article intitulé « Phylogenomics and museomics reveal five distinct species of tiger cats in South America »[2]. La même étude décrit également une nouvelle sous-espèce péruvienne, Leopardus tigrinus antisuyo, et valide quatre autres taxons d'oncilles préalablement proposés au sein du genre Leopardus.

L'enregistrement officiel de l'espèce a été effectué auprès du registre nomenclatural ZooBank sous le code LSID (Life Science Identifier) : urn:lsid:zoobank.org:act:E91EB0AF-416E-4B27-97D2-643BE62DD936.

Spécimen type

L'holotype désigné est le spécimen catalogué CBF-11990, un individu mâle adulte capturé vivant. Ses données de séquençage génomique sont archivées auprès du Sequence Read Archive du NCBI sous le numéro d'accès SRX30196846. Il a été collecté en septembre 2021 par Enzo Aliaga-Rossel et Paola Nogales-Ascarrunz dans la province de Nor Yungas, au sein du département de La Paz, près de la localité d'Arapata, à une altitude de 1 570 m (16° 14′ 55″ S, 67° 38′ 05″ O)[2].

Phylogénie

Le tilcayo s'insère dans la lignée des Chats-tigres, comme l’Oncille, mais aussi l'Ocelot, le Margay, le Kodkod ou encore le Pajéros (genre Leopardus) au sein de la sous-famille des félinés. L'analyse de 26 spécimens appartenant au complexe d'espèces cryptiques de l’Oncille (Leopardus tigrinus) a démontré que ce groupe regroupe en réalité cinq espèces génétiquement distinctes[2],[9].

Les reconstructions phylogénomiques indiquent que Leopardus tilcayo a divergé des autres chats-tigres il y a environ 1,4 million d'années[2],[7]. Les données ont également bénéficié de l'intégration inédite de matériel génétique issu de spécimens historiques provenant des Guyanes, région correspondant à la localité type originale attribuée à l'oncille en 1775[10].

Au sein du sous-genre Oncifelis, le complexe des différents Oncilles s'avère paraphylétique ; les résultats phylogénomiques obtenus à partir du jeu de données de séquences nucléaires consensus à haute couverture sont présentés ci-dessous[2] :




Tilcayo (L. tilcayo)



Oncille

L. t. tigrinus



L. t. antisuyo




L. pardinoides







Oncille du Sud (L. guttulus)



Oncille d’Émilie (L. emiliae)





Kodkod ou Guigna (L. guigna)



Chat de Geoffroy (L. geoffroyi)





Description

Le tilcayo est un félin élancé de petite taille, plus petit qu'un chat domestique[3],[11]. Sa longueur tête-corps est comprise entre 42,5 et 50 cm (environ 46 cm chez l'adulte[9],[11]), pour une queue longue et effilée mesurant de 25 à 26,5 cm[9],[8]. Le poids d'un mâle adulte varie entre 1,3 et 2,0 kg[9],[11].

Sa tête présente une face ramassée, de longues moustaches ainsi que des oreilles courtes et arrondies[3]. Le pelage de fond est d'une tonalité générale plus terne que celle observée chez l'Oncille, tirant sur le brun clair[12],[8]. La robe est marquée de rosettes larges et irrégulières, de coloration brun foncé à noire ; ces motifs apparaissent en majorité ouverts ou entrouverts et ne confluent pas entre eux[2]. Comparé à l’Oncille ainsi qu’aux autres chats-tigres du genre Leopardus, le tilcayo se distingue par ses taches nettement plus grandes, sa queue plus longue et fine, et sa teinte globale plus estompée[8],[2].

Distribution et habitat

Le tilcayo est une espèce endémique de Bolivie[5]. Il peuple la région des Yungas, une formation de forêt de nuage étagée sur le versant oriental de la cordillère des Andes, formant une zone de transition écologique entre les hautes terres andines et la plaine du bassin amazonien[3],[2].

La localité type a été circonscrite dans la province de Nor Yungas, au sein du département de La Paz, à proximité du village d'Arapata, à une altitude de 1 570 m[2]. L'étendue exacte de son aire de répartition ainsi que les effectifs de sa population sauvage demeurent totalement inconnus[2].

Écologie et comportement

La biologie, les mœurs et la dynamique des populations du tilcayo restent très peu documentées. Les données récoltées via des pièges photographiques indiquent que l'animal adopterait des mœurs préférentiellement nocturnes[12].

L'analyse du contenu d'échantillons fécaux a révélé la présence de restes de petits rongeurs, confirmant qu'ils composent une part prépondérante de son régime alimentaire naturel[12]. Par ailleurs, les observations recueillies auprès de l'individu élevé en captivité avant son identification indiquent qu'il s'attaquait volontiers aux volailles domestiques et qu'il émettait des vocalisations singulières, nettement différentes des miaulements d'un chat domestique[5],[6].

Menaces et conservation

L'abondance de l'espèce à l'état sauvage n'a fait l'objet d'aucun recensement précis. En raison de son endémisme strict à la Bolivie, la disparition de ses populations locales conduirait à l'extinction irréversible du taxon, sans possibilité de recolonisation naturelle depuis des régions voisines[8].

Les scientifiques identifient comme menaces majeures la perte et la fragmentation de son habitat forestier engendrées par la déforestation et l'expansion de l'activité minière dans les vallées des Yungas[2]. Ils soulignent que la reconnaissance de cette espèce doit stimuler et renforcer les politiques de préservation ciblant les petits félins néotropicaux[2]. Le tilcayo n'a pas encore été évalué par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et figure provisoirement avec le statut d'espèce non évaluée (NE).

Notes et références

Voir aussi

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