Toccata et fugue en ré mineur

œuvre pour orgue de Jean Sébastien Bach From Wikipedia, the free encyclopedia

La Toccata et fugue en ré mineur, BWV 565, est une œuvre pour orgue écrite par Jean-Sébastien Bach entre 1703 et 1707.

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Toccata et fugue en ré mineur
Premières mesures de la Toccata et fugue BWV 565 d'après la plus ancienne copie connue de Johannes Ringk[1].
Informations générales
Formes
Tonalité
Compositeur
Date de création
Mouvement
Interprétée par Ashtar Moïra[n 1] (8 minutes, 45 secondes).
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Structure

L'œuvre est articulée en trois parties :

  • un épisode de 29 mesures, constitué de gammes, arpèges, d'un style récitatif, rhapsodique, en accords dissonants, au style de toccata (prestissimo) ;
  • la fugue, de 97 mesures, avec un épisode en forme de toccata (mesures 59 à 85) ;
  • la conclusion (mesures 127 à 143), retourne au style récitatif (indiqué expressis verbis) en dynamiques opposées (presto – adagio – vivace – molto adagio…) et très rapprochées.

Influences

À ses débuts, Bach fut un très grand admirateur de Dietrich Buxtehude, au point de s'absenter plusieurs mois, alors qu'il travaillait pour la ville d'Arnstadt, afin d'aller l'écouter à Lübeck. Les œuvres pour orgue d'Allemagne du Nord de cette époque sont caractérisées par la présence du Stylus phantasticus, dérivé de l'improvisation. Ce dernier comprend des passages héroïques, aux harmonies recherchées et aux changements soudains de rythme. Ces pièces débutent généralement par une partie où le compositeur fait preuve de beaucoup de liberté. Dans sa composition, la toccata de Bach utilise fortement le stylus phantasticus[2],[3].

Une œuvre test pour les orgues

La toccata (de l'italien toccare toucher), est une pièce musicale pour instruments à clavier de style improvisé et virtuose — arpèges, traits, pédale, etc. Originellement destinée à permettre à un instrumentiste de prendre contact avec un instrument, cette forme dérive ensuite pour devenir une démonstration du talent de l'interprète et permettre de faire apprécier les qualités de l'instrument.

Klaus Eidam avance l'hypothèse que l'œuvre de Bach a été écrite afin de mettre à rude épreuve la mécanique des orgues ainsi que le son et la jouabilité de l'instrument. En effet, on a souvent affirmé qu'avant de jouer sur un instrument, Jean-Sébastien Bach tirait tous les jeux de l'orgue afin d'en évaluer la puissance et la suffisance de vent produite par les soufflets. La toccata et fugue BWV 565 de Bach aurait été une œuvre créée à l'origine pour le clavecin puis transposée à l'orgue pour augmenter l'effet spectaculaire[4].

Controverse sur la paternité

La copie de Ringk, fragment de la première page.

Du fait de l'ancienneté de l'œuvre, il subsiste de nombreuses inconnues sur les conditions de sa composition. En particulier, la source la plus ancienne conservée est une copie par Johannes Ringk à qui on attribue une réputation sulfureuse[réf. souhaitée]. L'idée que BWV 565 puisse être une transcription d'une œuvre pour violon seul a également été émise[5],[6],[3].

De récents travaux musicologiques attribuent aussi l'œuvre à Johann Peter Kellner[7],[8], Ringk étant un élève de Kellner[3],[9].

Cependant, il existe un très large consensus quant au fait que le BWV 565 est bien une œuvre originale de Jean-Sébastien Bach[n 2]. Certes, œuvre de jeunesse, elle est particulièrement empreinte des influences dont Bach aimait à s'imprégner. Cependant, les indices de la paternité de Bach abondent, la ressemblance avec d'autres œuvres de Bach est nette (toccata en mi majeur BWV 566, toccata en do majeur BWV 564), et la formule initiale de trois notes (aller-retour descendant sur deux notes voisines (plus généralement appelé un pincé) est retrouvée dans BWV 538 et BWV 540. De manière générale, la solidité et la longueur de la fugue (notamment le petit labyrinthe contrapuntique allant des mesures 97 à 109) étaient probablement inimitables à l'époque.

Transcriptions

Faits en bref
Fichiers audio
Image illustrative de l’article Toccata et fugue en ré mineur
Leopold Stokowski
Partie 1 (4:29)
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Partie 2 (4:24)
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Orchestration de Leopold Stokowski, jouée sous sa direction par l'Orchestre de Philadelphie
enregistré en 1928.
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Deux transcriptions pour piano célèbres sont encore jouées : celle de Tausig et celle de Busoni.

Leopold Stokowski a transcrit l'œuvre pour orchestre symphonique. La première exécution se fit par l'orchestre philharmonique de Philadelphie en 1926[10]. Il en subsiste de nombreux enregistrements dont le plus fameux illustre le film Fantasia des studios Disney.

En 1993, Salvatore Sciarrino a fait un arrangement pour flûte solo[11]. Une version pour cor solo a été arrangée par Zsolt Nagy (d) Voir avec Reasonator[12] et a été interprétée par Frank Lloyd. Une autre version pour alto solo a été arrangée et enregistrée par Marco Misciagna[13]. Au milieu des années 1990, Fred Mills, alors trompettiste pour Canadian Brass, a créé une adaptation pour quintette de cuivres qui est devenue un standard mondial pour les ensembles de cuivres[14].

Dans la culture

L'œuvre fait de nombreuses apparitions dans divers films ou bandes originales :

Au cinéma

À la télévision

  • Il était une fois… l'Homme, générique ;
  • Naruto, un sample est utilisé pour les deux thèmes musicaux du personnage Orochimaru ;
  • Bleach, un extrait de la Toccata est repris dans Senna (7e titre de l'OST du premier film) tandis que le début de la Fugue est repris dans Shadow's Masquerade (16e titre du deuxième OST de la série) ;
  • Les Simpson, dans le premier Simpson's Horror Show ;
  • Le Grand Restaurant, une version modernisée d'un extrait est jouée lors du générique d'ouverture ;
  • Boardwalk Empire, saison 1 épisode 7 ;
  • La Famille Addams (la série animée de 1992), au tout début du générique ;
  • Objectif Nul (série des Nuls), durant le premier épisode L'Arrivée de Syntaxerror ;
  • Tamako Market, épisode 8 ;
  • Tom le dinosaure, quand le méchant arrive ;
  • The Frankenstein Chronicles, scène finale de l'épisode 6 de la saison 1 ;
  • Il était une fois… ces Drôles d'objets, générique :
  • Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance (2024), dans un clin d’œil au film 20 000 lieues sous les mers de 1954.
  • Wednesday : saison 2 episode 8 (2025), au moment où Isaac Night réhabilite son laboratoire.
  • Sailor moon : musique d'introduction des méchants dans la saison 1

Dans le jeu vidéo

Le morceau est utilisé avec diverses orchestrations et arrangements dans au moins 14 jeux vidéos des années 1980 et 1990[15]. Toutes périodes confondues on le trouve par exemple dans :

En musique

Notes et références

Liens externes

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