Tomida femina
From Wikipedia, the free encyclopedia
Tomida femina est le plus ancien poème en occitan connu, et un des plus anciens textes en occitan connus.
Ce texte de 16 lignes (la 14e qui manque a été reconstituée par Bernhard Bischoff) se trouve en marge d'un manuscrit du Xe siècle, un Bréviaire d'Alaric conservé à la bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole.
Texte
- Tomida femina
- in tomida via sedea
- tomid infant
- in falda sua tenea
- tomides mans
- et tomidas pes
- tomidas carnes
- que est colbe recebrunt
- tomide fust
- et tomides fer
- que istæ colbe donerunt.
- Exsunt en dolores
- d'os en polpa
- [de polpa en curi]
- de curi in pel
- de pel in erpa.
- Terra madre susipiat dolores
Il a été traduit en anglais par William Doremus Paden et Frances Freeman Paden[1].
Interprétation
D'après Gerold Hilty ce texte est une incantation destinée à chasser la maladie d'une mère et son enfant[2]. La douleur est transférée des os à la chair, de la chair à la peau, de la peau aux cheveux, des cheveux à l'herbe, jusqu'à la terre mère. Bernhard Bischoff cite un exemple parallèle, tiré d'un manuscrit de Vérone du IXe siècle[3]. D'après William et Frances Paden, il s'agirait d'une incantation destinée à aider un accouchement difficile où un outil sert à percer le sac amniotique[1]. Katharine Park suggère qu'un outil en bois (fust) et fer (fer) est utilisé pour sortir par morceaux l'enfant du ventre de sa mère[4].