Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole

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PaysDrapeau de la France France
Adresse17, rue Bardoux 63100 Clermont-Ferrand
Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole
Image illustrative de l’article Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole
Vue de la bibliothèque.
Présentation
Coordonnées 45° 46′ 27,127″ nord, 3° 05′ 18,485″ est
Pays Drapeau de la France France
Ville Clermont-Ferrand
Adresse 17, rue Bardoux 63100 Clermont-Ferrand
Informations
Gestionnaire Clermont Auvergne Métropole
ISIL FR-631136102
Site web « Médiathèques Clermont Auvergne Métropole »
Collections 170 000 documents (7 km)

Patrimoine : documents écrits et iconographiques anciens, rares ou précieux

Dépôt légal imprimeur et du web

Fonds régional Auvergne contemporain
Géolocalisation sur la carte : France
Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole

La bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole est un établissement spécialisé du réseau des Bibliothèques et médiathèques de Clermont Auvergne Métropole.

Bibliothèque classée pour ses collections patrimoniales (anciennes, rares ou précieuses), c'est aussi une bibliothèque de documentation régionale qui travaille en lien avec la Bibliothèque nationale de France pour assurer la collecte par dépôt légal et la conservation des imprimés en Auvergne.

Ses principales missions sont la conservation, le traitement, le signalement, l'enrichissement, la diffusion et la valorisation des collections qu'elle conserve : manuscrits, livres, périodiques, mais aussi des estampes, cartes et plans, photographies...

Une bibliothèque numérique, Overnia, permet de consulter en ligne les collections numérisées.

Les bibliothèques saisies à la Révolution

La bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole est l'héritière de collections plus anciennes qu'elle :

La bibliothèque du chapitre de la cathédrale

La plus ancienne bibliothèque de Clermont est celle de la cathédrale, qui comptait 57 volumes vers l'an 1000[1]. Dans son testament de 1474 l'évêque Jacques de Comborn lègue presque tous ses livres de droit[2]. À la fin du XVe siècle, Mathieu de la Porte, doyen du chapitre de la cathédrale, fait construire à ses frais une bibliothèque et lui donne ses livres[1]. En 1740[2] ou 1742, l'évêque Jean-Baptiste Massillon lègue par testament au Chapitre sa bibliothèque et ses boiseries de chêne réalisées par Pierre Sureau[3], à la condition que la bibliothèque soit ouverte au directeur de son séminaire et au clergé[1],[3]. En 1741 le chanoine Moranges (?-1748) lui donne aussi des livres[2]. La bibliothèque quitte la chapelle de saint-Nicolas pour un bâtiment de deux étages et compte alors 8000 volumes[2]. De 1742 à 1790 cette bibliothèque a été ouverte deux jours par semaine, non seulement aux ecclésiastiques, mais aux lettrés[1].

Autres bibliothèques saisies

En 1791 les confiscations révolutionnaires réunissent cette bibliothèque, les livres des Bénédictins de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Alyre[2],[4], des Carmes de l'abbaye de Chantoin, des Oratoriens, Dominicains[5] et Jacobins de Clermont, des Dominicains d'Issoire et de Sauxillanges, des Jésuites et de sociétés savantes[6].

Cependant, les fonds des couvents d'Auvergne avaient déjà fait l'objet au XVIIe siècle de quelques prélèvements par le bibliothécaire Étienne Baluze[7]. Sur la place de Jaude à la Révolution un feu de joie aurait fait disparaître certains ouvrages[7] et d'autres auraient été vendus[8].

La bibliothèque municipale dans l'hôpital des frères de la Charité (1800-1905)

A. Chenard, La colonne Dessaix [sic] Place du Torraux [sic] à Clermont. 1902 (date supposée). Vue de l'hôpital des Charitains, démoli vers 1906.
A. Chenard, La colonne Dessaix [sic] Place du Torraux [sic] à Clermont. Lithographie, entre 1802 et 1863. Vue de l'hôpital des Charitains (démoli en 1906).

Les collections avaient déménagé dans l'ancien Collège des Jésuites car en 1793, le conseil général de la commune avait décidé d'installer une « bibliothèque choisie »[9] dans ce lieu devenu Institut en 1791 puis École centrale en 1796. Mais la Ville ayant acquis l'hôpital des frères de la Charité, une bibliothèque publique est ouverte au premier étage en 1800. Une lettre du Ministère de l'intérieur, du , la confie officiellement à la municipalité : c'est l'acte officiel de naissance de la bibliothèque municipale de Clermont-Ferrand.

Les boiseries de Massillon et la statue de Pascal dans la bibliothèque municipale avant 1905.
Les boiseries de Massillon et la statue de Pascal dans la bibliothèque municipale avant 1905.

La salle de la bibliothèque fait environ 28 mètres de long sur 10 de large et 9 de haut. Elle compte 11 000 volumes en 1800, 13 000 en 1826. Les boiseries de la bibliothèque de Massillon et de celle du collège des Jésuites, la statue en pied de Blaise Pascal par Jules Ramey, le buste de Jacques Delille par Jean-Jacques Flatters, des portraits de Blaise Pascal, Jean Domat, Jean Savaron, et de certains évêques de Clermont[10] l'ornent.

La bibliothèque municipale et universitaire dans un même bâtiment (1905-1994)

La salle de travail de la bibliothèque municipale universitaire de Clermont-Ferrand en 1919

En 1902 la ville et l'Université unissent par convention leurs deux bibliothèques (35 000 livres de l'Université et 55 000 de la Ville), même si les crédits d'achats restent séparés[11]. Un bâtiment commun, conçu pour accueillir 250 000 volumes, est inauguré en 1905. C'est l'acte de naissance de la bibliothèque municipale et universitaire de Clermont-Ferrand (BMU puis BMIU - Inter Universitaire - en 1976 à la suite de la scission de l'Université). En 1974 y est aménagée la salle Massillon, à partir des boiseries qui avaient été entreposées dans la Halle aux blés, alors École des Beaux-Arts[3].

Ce n'est qu'en 1991 qu'est créé le département Patrimoine de la BMIU dirigé de 1991 à 2004 par Dominique Frasson-Cochet[12].

Fin de la BMIU puis BCIU : la bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole dans le bâtiment Bardoux (1994-202.)

L'essor des collections et les demandes du public conduisent à des extensions et c'est parce que la "Centrale" de la BMIU est engorgée qu'en 1994 les collections patrimoniales, régionales et le dépôt légal déménagent dans le nouveau bâtiment du 17 rue Bardoux.

En 1996, une nouvelle convention entre la ville et les universités vise à résoudre des dysfonctionnements constatés : la lecture publique est restée à l'écart du grand mouvement de développement des années 1980 et cette convention identifie les missions respectives des partenaires : aux universités la documentation universitaire, à la ville la lecture publique et le patrimoine[13].

Le Clermont-Communauté, communauté d'agglomération clermontoise, décide de transformer ses statuts afin que les communes lui transfèrent le la gestion de la totalité des bibliothèques et médiathèques existantes, l'ensemble du personnel, la totalité des services annexes et la création des futurs équipements[14]. Dominique Mans est recruté en 2005 comme directeur du réseau de lecture publique de Clermont-Communauté et le restera jusqu'en 2016. Le projet d'alliance entre bibliothèques communautaires et universitaires perdure à travers une Convention cadre créant un Réseau documentaire communautaire et interuniversitaire, signée le , une Bibliothèque Communautaire Interuniversitaire (BCIU) [15]. La bibliothèque de la rue Bardoux est alors appelée département Patrimoine de la BCIU.

Le projet d’une nouvelle bibliothèque communautaire et interuniversitaire programmée pour 2008 à l'emplacement de l'ancienne gare échoue et le partenariat historique entre la lecture publique et la lecture universitaire prend alors fin[14]. Jean-Paul Oddos, recruté comme chef de projet Grande Bibliothèque en 2010, devient en 2013 responsable de la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Communauté.

Michaël Guggenbuhl lui succède comme responsable de la Bibliothèque du Patrimoine de 2014 à 2018. La communauté d'agglomération Clermont-Communauté devient communauté urbaine en 2017, puis métropole en 2018 sous le nom de Clermont Auvergne Métropole.

En 2020, un décret prend acte de l'évolution vers un statut intercommunal de bibliothèques autrefois appelées bibliothèques municipales classées et Clermont-Ferrand figure dans cette nouvelle liste[16].

La bibliothèque dans l'Hôtel-Dieu (2026 ?)

Les collections de la bibliothèque du patrimoine sont destinées à déménager dans la grande bibliothèque de l'Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand dont Mélanie Villenet Hamel est cheffe de projet depuis 2016. L'ouverture est prévue pour 2026[17].

Collections

La bibliothèque du patrimoine conserve 7 kilomètres de documents.

On peut y distinguer[18] :

  • le fonds ancien et précieux :
    • plus 170 mètres linéaires en réserve : plus de 2000 manuscrits, 84 éditions incunables (63 volumes) et autres documents précieux
    • plus de 750 mètres linéaires de livres (plus de 27 000)
    • plus de 750 mètres linéaires de périodiques (1000 titres)
    • plus de 600 mètres linéaires et 15 meubles à plans de documents iconographiques (plus de 10 000 estampes, plus de 1000 cartes et plans[19], des affiches, cartes postales, photographies...).
  • le fonds Auvergne :
    • plus de 375 mètres linéaires de livres (16 000)
    • plus de 625 mètres linéaires de périodiques (230 abonnements en cours, 2000 périodiques "morts")
  • le dépôt légal imprimeur (depuis l'arrêté de 1943[20])
    • 10 000 livres
    • 6000 titres de périodiques
    • éphémères (affiches, brochures, cartes de visites, étiquettes, faire-part, feuillets, livrets, tracts...)
Lettre de Jules Ferry au maire de Clermont-Ferrand à propos du dépôt légal
Lettre de Jules Ferry au maire de Clermont-Ferrand à propos du dépôt légal
  • Les archives littéraires

Documents remarquables

Manuscrits :

  • Ms. 1, Bible de Clermont, XIIe siècle, donnée à la bibliothèque en 1795 par la comtesse Dauphin Montrodet de Villemont, elle a été rapprochée de la Bible de Souvigny.
  • Ms. 47, Fabulae moralisatae, Guillelmi de Lyra sermones, XVe siècle.
  • Ms. 60, Sacramentaire de Saint-Alyre, XIVe siècle.
  • Ms. 63, Sacramentaire de la cathédrale de Clermont, XIIe siècle (reliure XIVe siècle)[21].
  • Ms. 84, Heures à l'usage des Antonins, XVe siècle.
  • Ms. 145, Œuvres de Grégoire de Tours, IXe – Xe siècles.
  • Ms. 147, Libellus de sanctis ecclesiis et Monasteriis Claromontii, Xe – XIe siècles[22].
  • Ms. 160, Registre du greffe de l’Inquisition de Carcassonne, 1250-1258[23].
  • Ms. 201, Bréviaire d'Alaric, probablement deuxième moitié du Xe siècle, avec en marge un des plus anciens textes en occitan, Tomida femina.
  • Ms. 209, Pierre Chabrit, De la Monarchie, XVIIIe siècle, avec notes de Diderot.
  • Ms. 240, Liber glossarum (en) ou Glossaire latin dit d'Ansileubus, Xe – XIe siècles[24],[25],[26]. Ce manuscrit contient un poème de la Passion du Christ et une Vie de Saint-Léger qui sont, après les Serments de Strasbourg, les textes les anciens en langue française.
  • Ms. 248, Roman de Perceval le Gallois, XIIIe siècle.
  • Ms. 249, Recueil de poésies françaises (Ballades d'Eustache Deschamps, Bréviaire des nobles et Le lay de pays d'Alain Chartier), XIVe siècle.
  • Ms. 268, Chronique anonyme allant du IXe siècle au XIIe siècle, XVe siècle.
  • Ms. 269, La généalogie des Rois de France, XVe siècle. Rouleau en parchemin de 3,50 mètres de long sur 16 centimètres. Don Michel Bertrand.
  • Ms. 356, Ponthus et Sidoine, XVe siècle.
  • Ms. 534, Coutume d'Auvergne, 1510.
  • Ms. 707, Recueils de Noëls par Louis Chaduc, XVIe siècle. Don Gaspard Desbouis.
  • Ms. 1509, Heures à l'usage de Clermont, XVe siècle. Acheté chez Sotheby's à Londres en 1972.
  • Ms. 1510, Orationes de Pierre de Saint-Nectaire, XVIe siècle. Acheté à Sotheby's à Londres en 1973 (bibliothèque de Sir Thomas Phillipps)
  • Ms. 1512, Nécrologe du chapitre cathédral de Clermont, Xe – XIe siècles. Acheté à Sotheby's à Londres en 1973 (bibliothèque de Sir Thomas Phillipps).
  • Ms. 1522, Usage de la machine, vers 1779[27]. Provenance abbé Charles Bossut, Antoine-Augustin Renouard. Achat en 1982.

Incunables :

  • Conrad de Mure, Repertorium vocabulorum. Bâle, B. Ruppel, vers 1470.
  • Barthélemy l'Anglais, De proprietatibus rerum. Lyon, Nicolaus Philippi et Marcus Reinhart, 1480.
  • Nouveau Testament. Lyon, Barthélemy Buyer, 2 volumes (1476 et 1478). Une des premières bibles composée en français.
  • Supplementum chronicarum Fr. Jac. Philippi Bergomensis. Venise, 1492. Signature de Louis Chaduc.
  • Missale Claromontense. Lyon, M. Topié, 1492.
  • Manière d'enter et planter. Paris, J. Trepperel, vers 1494.
  • Strabon, De situ orbis. Venise, J. Vercellensis, 1494.
  • Sébastien Brant, La Nef des fous. Bâle, Johann Bergmann, 1497.

Post-incunables :

Livres imprimés du XVIe – XVIIe siècles :

La bibliothèque est particulièrement riche en ouvrages du XVIe – XVIIe siècle : reproduction de textes anciens, traités scientifiques, etc.

Reliures :

Périodiques[28] :

Cartes et plans[29] :

Autres :

La bibliothèque a aussi dans ses catalogues des peintures, dessins, sculptures, objets, parfois aujourd'hui visibles en d'autres lieux de Clermont-Ferrand, comme la machine arithmétique de Pascal[33] aujourd'hui exposée au musée Lecoq.

Fonds remarquables

Date d'entrée
dans les collections
Mode d'entrée Nom du fondsDescription Image
1828 Jean Deval de Saunade[34]
1835 Achat[35] Dulaure Documentation régionale rassemblée par Jacques-Antoine Dulaure
Le château du Broc dessiné par Dulaure
Le château du Broc dessiné par Dulaure
1850 Don Gonod Don par sa veuve de la bibliothèque de Benoît Gonod
Portrait de Benoît Gonod
1866 Joseph Thomas d'Espinchal Carnets de notes donnés par son fils Hyppolite : catalogue de sa bibliothèque à Massiac, état des gentilshommes coalisés, souvenirs de 1795 à 1797, correspondance avec la comtesse lors d’un voyage en Suisse effectué en 1783 et journal de voyage[36]
1869 Achat CrouzetDocumentation régionale rassemblée par Jean-François Crouzet[37]
1903 Achat Boyer2 500 portraits régionaux de toutes techniques (dessins, gravures, lithographies, caricatures, photographies) pour un ouvrage projeté par François Boyer, publié de façon posthume par Ambroise Tardieu[38].
Représentation graphique en bulles du fonds Boyer
Représentation graphique en bulles du fonds Boyer
1913 Don Hainl (dit Legs Grenier) Don de 2119 livres, 169 partitions, manuscrits et portraits, par Émile Georges Hainl (1861-1922). Provenances: George Hainl (1807-1873), Antoine Grenier (1823-1881), Marie Grenier (1836-1913), Marie-Louise Grenier (1860-1908)[39].
image des partitions du legs Grenier
1918 Legs Paul Le Blanc4 000 livres, 480 dossiers documentaires, généalogiques et héraldiques, 39 albums et cartes, 3 incunables[40]. Manuscrits cotés 833 à 1436.
Photographie de Paul Le Blanc
1919 Legs MerlePartitions
1936 Don Henri de La Tour 4000 volumes de numismatique
1943 Don Albert Ojardias600 volumes du XVIIe siècle donnés par Albert Ojardias (1870-1943)
1948 Don Georges Desdevises du Dézert447 manuscrits et dossiers documentaires sur des personnalités Auvergnates
1964 Achat Jacques Delille300 imprimés des œuvres du poète, pour la plupart dans des éditions du XVIIIe siècle
1968 Achat TocquevilleMusique : 130 pièces du XVIIIe siècle
1969 Legs Henri Soanen Franc-maçonnerie
1972 Auguste Audollent Histoire ancienne, archéologie
Portrait photographique d'Auguste Audollent
1974 Don Henri PourratDocumentation régionale : manuscrits, correspondance (20 000 lettres[41]) et 50 dossiers (environ 12000 pages) constitués de matériaux très divers : notes de l'écrivain, souvent datées et localisées, copies d'élèves d'école primaire, chansons notées, coupures de presse, éphéméride, lettres[42]...
Portrait photographique
1974 Achat Henri PourratDocumentation régionale : bibliothèque personnelle (6000 volumes[41]), correspondance annexe, collection de contes
Feuillets extraits du Trésor des contes
Feuillets extraits du Trésor des contes
1987 Jean Anglade Manuscrits
1987 Don Alice Ostrowsky[43] Danse moderne et chorégraphie
1988 Don Bénévol Magnétisme, spiritisme, illusion
Affiche Bénévol
1994 Convention Cheyne éditeurDocumentation régionale : production du typographe-éditeur
2002 Achat Pierre Delaunay[44] (libraire)Documentation régionale : 500 cartes de géographie
2012[45] Convention Christian Dedet Archives littéraires : manuscrits d’œuvres, correspondance
2013[45] Don Roger Quilliot Archives littéraires
2005-2013[45] Don Pascal Riou Archives littéraires
2011-2020[45],[46] Don Jean-Pierre Siméon Archives littéraires
Photographie de Jean-Pierre Siméon
2013[45] Don Jean Vissouze Archives littéraires
2017[47] Don Lucien Gachon Archives littéraires
2022 Don Jean Mesnard Archives scientifiques relatives à Blaise Pascal

Services

Constitution des collections

  • par dépôts de l’État :

Les collections de la bibliothèques ont été primitivement constituées par des confiscations révolutionnaires : bibliothèque de Massillon qui avait été léguée au chapitre de la cathédrale de Clermont, les livres des Bénédictins de l'abbaye de Saint-Allyre[48], des Carmes de l'Abbaye de Chantoin, des Oratoriens, Dominicains et Jacobins de Clermont, des Dominicains d'Issoire et de Sauxillanges, des Jésuites et de sociétés savantes. Ces livres saisis sont confiés à la municipalité en 1806 mais ils continuent d'appartenir à l’État. Au XIXe siècle et à partir de 1809, l’État concède aux bibliothèques des ouvrages "de qualité", scientifiques ou littéraires, mais ces documents restent sa propriété. Enfin, au début du XXe siècle l’État dépose de nouvelles confiscations ecclésiastiques.

Le dépôt légal imprimeur est confié en 1947 à la bibliothèque pour toute l'Auvergne et depuis cette date les imprimeurs d'Auvergne contribuent à enrichir le dépôt légal[49], mais ces documents attribués au titre du dépôt légal imprimeur restent propriété de l’État[50].

  • par dépôts de particuliers, d'associations, d'institutions

Les fonds mis en dépôt appartiennent toujours aux déposants et leur communication peut être restreinte par convention signée. Le fonds André Monglond appartient par exemple par à l'Université Clermont Auvergne.

  • par legs, dons ou achats

Les collections entrées par legs, dons ou achats appartiennent, eux, à ceux à qui ils ont été légués, donnés, aux acheteurs et à ceux à qui ils ont été transférés, par exemple transférés à l'EPCI Clermont Auvergne Métropole[51].

Parmi les achats remarquables, on peut distinguer les manuscrits 1510 et 1512 achetés lors de la vente de la bibliothèque de Sir Thomas Phillipps à Londres en 1973.

Conservation préventive et curative

Pour prévenir les dégradations des documents pendant leur stockage, la bibliothèque contrôle la température et l'humidité relative des locaux et conditionne les documents, dans des boites en matériaux neutres par exemple.

Pour prévenir les dégradations pendant leur consultation, elle propose des supports de substitution : microfilms et numérisations consultables en ligne. Avec l'aide l’État a été entrepris dès 1983 une opération "Microfilmage de périodiques régionaux" et à cette occasion des appels au public ont été faits dans la presse pour compléter les collections[52]. Ces microfilms réalisés par l''association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse (A.C.R.P.P.) combinent les collections de plusieurs bibliothèques et sont donc plus complets que les périodiques originaux conservés à la bibliothèque.

Il est parfois possible de restaurer des documents dégradés, comme ceux de la salle Massillon dégradés par la rupture d'une lance à eau en 1995[53],[54].

Signalement et catalogage des collections

Les collections de la bibliothèque du patrimoine ont fait l'objet de catalogues successifs. Ces catalogues, d'abord manuscrits, puis imprimés (ceux de Benoît Gonod, en 1839, Édouard Vimont en 1878, Camille Couderc en 1890, Georges Leboyer en 1900...), sont aujourd'hui l'objet de publications en ligne : ils ont parfois fait l'objet de numérisation, de conversion informatique rétrospective[55], ou sont directement catalogués sur un logiciel de gestion de bibliothèque et publiés en ligne.

Le catalogue des collections de la bibliothèque du patrimoine, enrichi en continu, est aujourd'hui consultable sur le portail des bibliothèques et médiathèques de Clermont Auvergne Métropole, mais aussi en partie sur le Catalogue collectif de France[56] ou des portails spécialisés comme Biblissima[57].

Consultation sur place et à distance

La bibliothèque conserve les documents pour les communiquer. Cette consultation peut se faire sur place ou à distance.

Numérisation et mise en ligne :

La bibliothèque numérique Overnia mise en ligne depuis [58] permet en 2020 de visualiser en ligne et télécharger au format pdf plus de 80 000 documents.

En 2010 la bibliothèque répond à « l'appel à initiatives pour la mise en œuvre d'un programme de numérisation et de valorisation concertées en sciences juridiques » proposé conjointement par la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque interuniversitaire Cujas (Paris). Ce projet de numérisation de l'ensemble des sources juridiques de la Bibliothèque du Patrimoine, soutenu par les historiens du droit de l'Université Clermont 1 et avec leur participation dans le choix de la documentation[59], est né à la suite du colloque international organisé en pour le 500e anniversaire de la rédaction de la Coutume d'Auvergne par le Centre de Recherche Michel de l'Hospital[60]. Il comprend l'ensemble des documents relatifs à la coutume d'Auvergne (25000 pages) ainsi que l'ensemble des factums de la Bibliothèque (45200 pages). Le travail de numérisation a débuté fin 2011 pour s'achever courant 2012. À ces corpus devaient s'ajouter les arrêts du Conseil du roi et ceux du Parlement de Paris relatifs à l'Auvergne. Les documents numérisés sont accessibles sur Overnia, Gallica et Cujas-num[60].

En 2011 la bibliothèque répond à l'appel à projets Patrimoine écrit, proposé par le Service du livre et de la lecture, afin de numériser et mettre en ligne un fonds cartographique acquis en 2002 : 1200 cartes et plans relatifs à Clermont-Ferrand et à l'Auvergne, corpus datant dans sa grande majorité, des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, avec plusieurs pièces du XIXe siècle et des documents plus contemporains[61], et 176 plans de Clermont-Ferrand, du XVIe au XVIIIe siècle, manuscrits, gravés, imprimés[62]. Ce projet de numérisation est soutenu par la DRAC d'Auvergne, par la Maison des Sciences de l'Homme et par le Centre d'Histoire « Espaces et cultures » (CHEC) de Clermont-Ferrand[63].

La presse régionale est aussi incluse dans la campagne de numérisation depuis 2011 : ce sont les microfilms qui sont numérisés[64].

Le fonds Pourrat fait l’objet depuis 2011 d’une campagne de numérisation[41] d’environ 17 700 pages[65].

D'autres numérisations sont en ligne sur des sites tiers, comme la base Enluminures de l'IRHT et du CNRS[66] (86 manuscrits numérisés dès 2000 par l'IRHT, 1462 vues)[67], la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux[68] (ce sont parfois des microfilms réalisés en 1985 qui ont été numérisés), Initiale[69] (qui alimente les Bases Enluminures et Liber Floridus), Medium[70], ou sur des sites tels que celui développé autour des Provinciales de Pascal par la MSH de Clermont-Ferrand[71].

Consultation sur place du dépôt légal et à distance des archives de l'internet

Le dépôt légal imprimeur ne peut être consulté que sur place et depuis 2017 il est possible d'y consulter les collections des archives de l’internet[72].

Valorisation

  • visites :

Chaque année, pour les journées du patrimoine, la bibliothèque propose la découverte de documents particuliers et des visites commentées de l'atelier de conservation et des magasins[73].

  • expositions :

La bibliothèque patrimoniale réalise aussi des expositions[74] et prête ses collections pour des expositions[75].

  • Publications imprimées :

La bibliothèque du patrimoine publie des catalogues d'exposition et participe à la publication d'ouvrages pour le grand public (L'Auvergne en affiches en 2016) ou les chercheurs. Des articles qui valorisent la constitution des collections[76] ou d'autres activités sont publiés.

  • Expositions en ligne :

Certaines collections numérisées ont fait l'objet d'expositions virtuelles, en collaboration avec des universitaires de Clermont-Ferrand :

  • Un provincial nommé Blaise Pascal (2019), avec le soutien scientifique de Dominique Descotes (Centre International Blaise Pascal)[77]
  • Grande Guerre des Auvergnats (2015), avec le soutien scientifique de Nicolas Beaupré (Centre d’Histoire Espaces et Cultures)[78]
  • Quatre siècles de cartographie en Auvergne (2013), avec le soutien scientifique de Frédéric Faucon (Centre d'Études et de Recherches Appliquées au Massif Central) et Stéphane Gomis (Centre d'Histoire "Espaces et Cultures")[79]
  • Factums, justice des villes et justice des champs (2013), avec le soutien scientifique de Jacqueline Vendrand-Voyer (Centre Michel de L’Hospital)[80]
  • L'Atelier de l'écrivain (2013)
  • Soutien à la recherche et à la création :

La bibliothèque répond aux demandes de renseignements, de consultation et de reproduction de documents.

Parmi les chercheurs ayant publié au sujet de documents conservés à la bibliothèque du patrimoine on peut citer Jean Savaron (1566-1622)[81], Gaston Paris (1839-1903)[82], Louis Bréhier (1858-1951)[83] et plus récemment D'Arco Silvio Avalle (it)[84], Catherine Brisac[85], Jean Ehrard[86], Florence Feugeas[87], Pierre-François Fournier (1885-1986)[88], Brigitte Fray-Lepoittevin[89], Thérèse Goyet[90], Michel Huglo[91], Dominique Iognat-Prat[92], Christian Lauranson-Rosaz (1952-2016)[93], Joseph Linskill[94], Damien Marcon[95], Pier Luigi Mulas[96], Jacques Paul[97], Guy De Poerck (de) (1910-1996)[98], John Renwick[99], Pierre Rézeau[100]...

La bibliothèque héberge deux centres d'étude spécialisés :

  • le Centre international Blaise Pascal, né en 1980 d'une convention ville-université, centre devenu plus tard unité mixte du CNRS, qui publie depuis 1979 le Courrier du Centre international Blaise Pascal devenu le Courrier Blaise Pascal en 2017[101]. Laurence Plazenet est présidente du CIBP et Thierry Lambre est président des Amis et correspondants du CIBP[102].
  • l'association Société des Amis d'Henri Pourrat qui publie de 1981 à 2008 les Cahiers Henri Pourrat et depuis 2015 les Nouveaux cahiers Henri Pourrat[103].

Bibliographie

Voir aussi

Notes et références

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