Tommy Moran
From Wikipedia, the free encyclopedia
Thomas P. Moran, né en 1901 et mort à une date inconnue, est un membre la British Union of Fascists et comme un collaborateur étroit d’Oswald Mosley. Issu du milieu minier, où il reçoit sa formation initiale, il s’oriente par la suite vers les fonctions d’ingénieur qualifié. Il contracte un engagement au sein de la Royal Air Force à l’âge de dix-sept ans, avant d’intégrer ultérieurement la Royal Naval Reserve, où il exerce les attributions de mécanicien affecté à la salle des machines[1].
| Naissance | Inconnue |
|---|---|
| Décès |
Inconnue |
| Nom de naissance |
Thomas P. Moran |
| Nationalité | |
| Activité |
| Parti politique | |
|---|---|
| Sport |
Biographie
Moran entame son parcours politique au sein du Parti travailliste, sans toutefois y exercer de responsabilités déterminantes ni y acquérir une influence notable. Il s’en retire en 1933 afin de rallier la British Union of Fascists (BUF), au sein de laquelle il se consacre à la structuration de l’antenne locale de Derby. Il se distingue promptement par ses qualités oratoires lors des manifestations organisées par ce mouvement, ce qui lui vaut d’être ultérieurement appelé à siéger au niveau central, où il contribue à la coordination et à l’ordonnancement de l’appareil organisationnel dans son ensemble. Parallèlement, son épouse, Toni, connue pour ses prises de position antisémites, adhère elle aussi à la BUF et prend part de manière régulière à des interventions publiques, notamment à Manchester[2].
Activisme au BUF
En 1934, Oswald Mosley dépêche Moran dans le sud du Pays de Galles, en considération notamment de sa familiarité avec l’industrie extractive houillère. Cette affectation procède des préconisations de J. F. C. Fuller, lequel soutient que la British Union of Fascists doit concentrer son action sur des espaces circonscrits en y missionnant des organisateurs susceptibles de susciter l’identification des populations autochtones[3]. Moran n’accède toutefois à une visibilité notable auprès du public gallois qu’en 1935, à l’occasion d’une allocution prononcée devant une assemblée estimée à six mille personnes réunies à Tonypandy lors d’un meeting de la même organisation. La prise de parole demeure néanmoins éphémère : une affluence significative d’opposants, venue contester la réunion, interrompt la séance et contraint les intervenants à se retirer, sous l’effet de projectiles lancés en direction de l’estrade. Cet épisode consacre le déclin de la British Union of Fascists en tant qu’acteur politique au Pays de Galles[4]. Moran est subséquemment réaffecté à Northampton[5].
En octobre 1936, Moran prend part aux affrontements de Cable Street ; à l’issue de ceux-ci, il reçoit des soins pour des lésions crâniennes consécutives à plusieurs entailles. Les actualités cinématographiques tournées dans les premières séquences de la confrontation le donnent toutefois à voir en position de supériorité physique, portant des coups à des manifestants[6]. Il figure par la suite parmi les ultimes représentants du BUF lors d’un scrutin, en se présentant à l’élection partielle de Silvertown, dans la circonscription de West Ham, en 1940. Dans ce fief du Parti travailliste, il mène campagne sur la base d’un programme préconisant la conclusion immédiate d’une paix avec l’Allemagne nazie ; cette orientation ne recueille qu’un suffrage marginal, limité à cent cinquante et une voix, soit 1,0 % des suffrages exprimés[7].
À la suite de la première phase d’internements opérée en application du Defence Regulation 18B, Moran, qui demeure stipendié par Diana Mosley, exerce de manière officieuse la direction effective de la BUF[8]. Il fait ultérieurement l’objet d’une mesure d’internement fondée sur le même dispositif réglementaire. Retenu dans un camp établi sur l’île de Man, il s’emploie néanmoins à prolonger ses fonctions dirigeantes en instituant une structure administrative interne destinée à assurer la pérennité des activités de l’organisation, initiative qui ne suscite qu’une vigilance limitée de la part du personnel de garde[9].
Activité d'après-guerre
À la suite de sa libération en 1944, Moran institue à Derby une organisation autonome dénommée Ordre des Fils de Saint-Georges, laquelle se définit comme un groupement à visée patriotique[10]. Dans l’immédiat après-guerre, Moran, conjointement avec Horace Gowing, se porte candidat aux élections locales de Derby sous l’égide de cette formation, sans toutefois rencontrer de succès électoral. L’organisation demeure d’une envergure marginale et conserve un effectif restreint ; en 1948, Moran en transfère l’intégralité des adhérents à Mosley, les intégrant ainsi au sein de l'Union Movement récemment constitué[11]. Moran conserve par la suite une position éminente au sein de cette structure jusqu’à la fin de la décennie 1940, avant de s’en retirer à une date sensiblement concomitante à celle du départ de Mick Clarke, autre ancien membre de la British Union of Fascists[12].
Désillusionné à l’égard de Mosley, Moran soutient ultérieurement, dans un entretien accordé au Reynolds News, que la représentation du commandement chez ce dernier s’apparente à un régime de nature dictatoriale, tandis que sa conception du service public relève, selon lui, d’une forme d’asservissement[13]. Lors des obsèques de Moran, une déclaration attribuée à Benito Mussolini est diffusée par le truchement d’un enregistrement réalisé antérieurement, dans lequel celui-ci, anticipant sa propre disparition, qualifie le défunt d’« homme de valeur ». Par ailleurs, Jeffrey Hamm, alors secrétaire de Mosley, assiste à la cérémonie funèbre et affirme que Moran aurait renoué des relations conciliées avec Mosley à l’approche de sa mort[14],[15].