Jeffrey Hamm

personnalité politique britannique From Wikipedia, the free encyclopedia

Edward Jeffrey Hamm, né le 15 septembre 1915 à Ebbw Vale et mort le 14 mai 1992, est un homme politique britannique fasciste et un adhérent fidèle à Oswald Mosley. Initialement considéré comme une personnalité secondaire au sein de la British Union of Fascists dirigée par Mosley avant la Seconde Guerre mondiale, Hamm s’affirme après-guerre comme un protagoniste central de l'Union Movement et accède finalement à la direction de l’organisation, succédant à Mosley.

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Jeffrey Hamm
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Biographie

Hamm voit le jour à Ebbw Vale, au Pays de Galles, alors que son père est engagé dans le conflit de la Première Guerre mondiale. La famille transfère ultérieurement sa résidence à Monmouth[1]. Selon certaines sources, il manifeste un premier attrait pour le British Union of Fascists en 1934 au cours d’un déplacement à Londres, lorsqu’il assiste fortuitement à une allocution d’un membre du parti, dont le contenu exerce sur lui une impression notable[1].

British Union of Fascists

En 1935, il intègre la British Union of Fascists lors de son installation à Londres pour occuper un poste d’enseignant à la King’s School de Harrow[2], mais sa jeunesse et son expérience limitée l’empêchent de gravir les hiérarchies internes de l’organisation. En 1939, il se rend aux îles Malouines afin d’y exercer l’enseignement et fait l’objet, l’année suivante, d’une arrestation au titre du Defence Regulation 18B, accusé d’avoir tenté de susciter chez ses élèves des sympathies en faveur du fascisme[2]. Il est interné à Leeuwkop, en Afrique du Sud, où il prend part à une tentative d’évasion consistant en un creusement souterrain[3]. Le camp reçoit également des prisonniers de nationalité allemande affiliés au régime nazi, et un rapport du MI5 de l’époque indique qu’il aurait été influencé par la propagande de ses codétenus[2]. Rapatrié au Royaume-Uni en 1941, il s’engage dans le Royal Tank Regiment, mais son comportement est jugé perturbateur, ce qui conduit à son retrait du front avant sa démobilisation en 1944[4][2]. À l’issue de celle-ci, il occupe successivement un emploi aux Royal Coach Works à Acton[2], puis exerce la fonction de comptable au sein d’une chapellerie[5].

À cette période, Hamm adopte la foi catholique sous l’égide du père Clement Russell, clerc établi à Wembley et connu pour ses positions favorables au nazisme ainsi que pour son antisémitisme manifeste, qui conservait dans son presbytère une photographie de Mosley[6]. Le mariage de Hamm et de son épouse est célébré par Russell, la cérémonie atteignant son paroxysme lorsque le couple adresse un salut à un drapeau nazi[6].

Retour à la politique

Hamm constitue une personnalité marginale au sein de la British Union of Fascists, mais son internement dans les camps de détention intensifie son adhésion à l’idéologie de Mosley[7]. Sa notoriété au sein du mouvement demeure si ténue que Mosley lui-même peine à l’identifier et rencontre, pendant un certain temps, des difficultés à transcrire correctement son patronyme[2]. Toutefois, à l’issue de sa libération, Hamm s’affirme comme l’un des partisans les plus ardents et les plus virulents de Mosley[8].

À l’issue de sa démobilisation, Hamm intègre la Ligue britannique des anciens combattants (LBEF) dont il prend ultérieurement la présidence. Cette association, initialement consacrée à la défense des intérêts des vétérans, se mue progressivement en instrument de propagation des doctrines de Mosley[9]. Animé par la volonté de maintenir la pérennité du fascisme britannique, Hamm organise, à partir de novembre 1944, une série de réunions à Hyde Park qu’il transfère ensuite dans les arrondissements traditionnels de la British Union Families situés à l’est de Londres. Les rassemblements de la LBEF attirent alors plusieurs milliers de participants, ce qui persuade Hamm de la possibilité d’un retour effectif à l’activité politique. Ces manifestations suscitent néanmoins une opposition vigoureuse, donnant lieu à des affrontements sporadiques entre les militants de la ligue et les groupes antifascistes[10]. La première campagne publique de l’organisation se déroule dans le quartier métropolitain de Hampstead. Hamm, en collaboration avec Eleonora Tennant, prend part à l’élaboration d’une pétition destinée à restreindre l’accès aux logements nouvellement construits aux seules personnes ayant servi dans les forces armées, sous prétexte de privilégier les anciens combattants[11]. Cette initiative lui confère une visibilité médiatique accrue pour la LBEF et lui permet d’entrer en relation avec des personnalités influentes telles qu’Ernest Benn et Waldron Smithers, impliqués dans la rédaction originelle de la pétition[11].

La visibilité croissante de Hamm suscite une attention soutenue tant parmi ses partisans que parmi ses opposants. En 1946, lui et son allié Victor Burgess subissent une agression d’une intensité notable de la part de militants antifascistes[11], un épisode comparable à celui survenu à Brighton en 1948 et ayant entraîné l’hospitalisation de Hamm[12]. Mosley, initialement circonspect à son égard, concède finalement son appui à son accession à des responsabilités lors d’une assemblée confidentielle tenue à Bethnal Green le 22 décembre 1946 et le désigne comme son « mandataire de l’East End »[11], l’est londonien constituant depuis longtemps le pivot de l’activité mosleyienne. L’année suivante, Mosley admoneste Hamm en raison du caractère véhément et incendiaire de l’essentiel de sa propagande, ce qui contraint ce dernier à tempérer son discours[13].

Union Movement

Hamm sollicite promptement Mosley afin de reprendre la direction du fascisme britannique[14]. Lors de l’institution de l'Union Movement en 1948, il fusionne sa Ligue britannique au sein de cette organisation[15]. Bien que rapidement promu au rang de membre influent du nouvel ensemble, il demeure une personnalité controversée et suscite un profond ressentiment au siège du mouvement, au point que Mosley le dépêche à Manchester en 1949. Hamm échoue à redynamiser la section septentrionale et envisage de se retirer de l’organisation jusqu’à ce que Mosley le rappelle à Londres en 1952[7]. Revenu dans la capitale, il se positionne au cœur de la campagne anti-noire orchestrée par l’Union, obtenant un appui relatif dans les quartiers tels que Brixton, ainsi que dans d’autres zones accueillant les immigrants récents originaires des Antilles[16]. Sa prise de parole devant la station de métro de Latimer Road, immédiatement consécutive aux émeutes raciales de Notting Hill en 1958, lui assure une visibilité médiatique considérable[17].

Hamm exerce la fonction de secrétaire particulier auprès de Mosley au cours des dernières années de l’Union Movement et assume la direction du mouvement à la suite du décès d’Alexander Raven Thomson en 1955[7]. À l’instar de Mosley, il manifeste une adhésion résolue à la cause de l’unité irlandaise et incite son chef à articuler sa propagande électorale autour de cette question[18]. Hamm se porte candidat de l’Union Movement aux élections générales de 1966 dans la circonscription de Birmingham Handsworth, où il recueille quatre pour cent des suffrages exprimés. Le retrait de Mosley de la scène politique entraîne la prise de contrôle de l’Union Movement par Hamm et Robert Row, qui demeurent les deux derniers militants rémunérés du parti[19].

Mosley conserve officiellement la direction de l’Union nationale jusqu’en 1973, année où il se retire, laissant la direction effective à Hamm, qui s’impose comme le chef opérationnel du mouvement[20]. Sous la férule de ce dernier, le parti se restructure et adopte la dénomination d’Action Party, sous laquelle il se présente aux élections du Greater London Council en 1973, sans parvenir à obtenir de mandat[21]. En 1978, l’organisation se réoriente, prend le nom d’Action Society et abandonne l’engagement partisan pour se consacrer exclusivement à l’édition[21].

Hamm rédige et diffuse son autobiographie, Action Replay, en 1983, puis son second ouvrage, The Evil Good Men Do, en 1988 ; à la suite du décès de Mosley en décembre 1980, il fonde et assure la direction de Lodestar, périodique trimestriel favorable à Mosley auquel apportent leur contribution Diana Mitford, Colin Wilson et Brocard Sewell ; il succombe en 1992 à la maladie de Parkinson.

Élections contestées

Davantage d’informations Date de l'élection, Circonscription électorale ...
Date de l'élection Circonscription électorale Parti Votes %
14 mars 1962 Middlesbrough Est Union Movement 550 1.7
31 mars 1966 Birmingham Handsworth Union Movement 1337 4.1
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Références

Liens externes

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