Tonolei
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Tonolei (aussi orthographié Tondai, Tonolai[1],[2] ou Tonalei[3]) est un port naturel situé dans la circonscription de Konnou[4] dans le district de Buin[5], dans le sud de l’île Bougainville, en Papouasie-Nouvelle-Guinée[6],[7]. Il se trouve à proximité du village d’Orava[1]. À l’est se trouve East Point, à la pointe sud-est de Bougainville. À l’ouest se trouve la pointe Pupukuna qui borde la baie de Moisurui. Au sud se trouvent l’île de sable et l’île de Tuarato[3].
| Tonolei | |||
| Administration | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Région | Région autonome de Bougainville | ||
| District | Konnou | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 6° 44′ 57″ sud, 155° 54′ 45″ est | ||
| Altitude | 1 m |
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| Localisation | |||
| Géolocalisation sur la carte : Papouasie-Nouvelle-Guinée
Géolocalisation sur la carte : Papouasie-Nouvelle-Guinée
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Seconde Guerre mondiale
Avant la guerre, l’île était située sur le territoire de la Nouvelle-Guinée et était considérée comme faisant partie des Salomon du Nord[3].
Pendant la guerre du Pacifique, l’île de Bougainville est occupée par les Japonais à partir du début de l’année 1942 et jusqu’en septembre 1945. Le port de Tonolei est utilisé par les navires de guerre et les navires de transport japonais comme zone de mouillage et de ravitaillement. En conséquence, Tonolei a été pris pour cible par les bombardiers et les chasseurs alliés. On ne recense pas moins de 13 missions aériennes américaines contre le port de Tonolei entre octobre 1942 et le 4 juin 1944[3],[8]. Le navire japonais Houn Maru s’y échoue le 19 mai 1943[3].
Après-guerre
Le gouvernement autonome de Bougainville a lancé plusieurs projets pour le développement économique de l’île[9], dont deux dans la région de Tonolei. La société publique BOU&KO Ltd, via sa branche minière BOU&KO Mining, a lancé le projet Kokoda dans la région de Tonolei pour l’extraction de cuivre et d’or. Les premiers échantillons d’affleurement prélevés sont considérés comme très prometteurs pour des gisements porphyriques de cuivre et d’or de type veine épithermale[10]. Le projet d’exploitation forestière et de scierie de Tonolei vise à l’exportation de grumes brutes, puis (dans des étapes ultérieures) leur transformation en aval[9]. Le projet a été attribué au développeur de ressources KKCL, basé dans la province de Nouvelle-Bretagne orientale. Il a toutefois a été retardé de deux ans pour donner le temps aux propriétaires fonciers de Tonolei Development Corporation (TDC) de cartographier le cadastre et d’enregistrer les droits fonciers des propriétaires[11].
Malheureusement, seulement trois semaines après que l’entreprise ait commencé à débarquer son équipement et ses machines[11], et à recruter des opérateurs de construction et de tronçonneuses afin de construire un camp approprié pour que l’opération complète commence[12], le camp de Tonolei Logging a été attaqué le 28 septembre 2022 par des hommes armés[4]. La fusillade a coûté la vie à deux habitants et à un expatrié[5]. Le commandant du poste de police de Buin, l’inspecteur John Popui, a déclaré que l’incident s’est produit aux premières heures du matin, entre 6 et 7 heures. Les attaquants ont tué instantanément un ressortissant étranger qui conduisait l’excavatrice. Un autre étranger a reçu une balle dans la poitrine et a été transporté d’urgence à l’hôpital général d’Arawa. D’autres habitants qui ont été tués n’ont pas encore été retrouvés car les assaillants se battaient toujours avec les forces de sécurité du camp. L’inspecteur Popui a déclaré que deux autres habitants ont été blessés et ont été transportés au centre de santé de Buin[12].
Les attaquants ont par la suite été identifiés comme un groupe dissident des Me'ekamui[4], des ex-combattants de l’Armée révolutionnaire de Bougainville qui ont refusé de participer au processus de paix lorsque le reste de la BRA a rejoint Joseph Kabui en 1997 pour participer au processus de paix et a participé à l’élaboration de l’Accord de paix de Bougainville (APB) signé à Arawa le 30 août 2001. Ils se sont tenus aux côtés de Francis Ona pour ne pas accepter le processus de paix et se sont rétablis en tant que « force de défense Me'ekamui », avec le général Moses Pipiro à Panguna, dans le centre de Bougainville[13].
Selon les rapports de police, il y a des luttes internes au sein du groupe militant Me'ekaumi autour du projet d’exploitation forestière de Tonolei, entre deux factions connues sous les noms de « Me'ekamui One » et « Me'ekamui Two ». Le conflit découle d’un désaccord entre les deux factions pour relancer le projet d’exploitation forestière. Me'ekamui Two est favorable au redémarrage du projet, mais Me'ekamui One s’oppose à cette décision. Le service de police de Bougainville n’était pas en mesure d’atteindre la zone des combats qui se poursuivent entre les Me'ekamui One et Two. Selon le commissaire adjoint de la police et chef de la police de Bougainville, Francis Tokura, les policiers ne pouvaient contrôler la situation qu’en dehors de la zone de combat. Les officiers de police n’étant pas armés, ils ne peuvent pas entrer dans la zone car cela mettrait leur vie en danger[4].
Le gouvernement autonome de Bougainville a exprimé sa préoccupation de l’incident, et a déploré la perte inutile de vies innocentes et la destruction de plusieurs millions de kinas de biens. Le gouvernement a appelé les esprits au calme et à la recherche d’une solution pacifique à la question[5]. Le vice-président de l’ABG et ministre de l’Industrie et du Commerce Patrick Nisira a exhorté les Bougainvillois, en particulier ceux qui sont sur les réseaux sociaux, à s’abstenir de spéculer sur la question et d’aggraver une situation déjà tendue. M. Nisira a déclaré qu’en raison de la sensibilité de la question et du respect pour les vies innocentes perdues dans cette tragédie, le gouvernement ne divulguera pas d’autres informations tant que la police de Bougainville ne pourra pas déterminer la nature de l’attaque[4],[5]. Le commissaire Tokura a fait appel aux deux factions du Me’ekamui et aux propriétaires terriens locaux pour résoudre la situation[4].