Tour de France 1950
édition 1950 du Tour de France, course cycliste française
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Le Tour de France 1950 est la 37ᵉ édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du 13 juillet au 7 août 1950 sur 22 étapes pour un total de 4 773 km. La course est remportée par le Suisse Ferdi Kübler, premier coureur suisse vainqueur du Tour de France.
| Course |
37e Tour de France |
|---|---|
| Compétition | |
| Étapes |
22 |
| Date |
13 juillet au |
| Distance |
4 773 km |
| Pays | |
| Lieu de départ | |
| Lieu d'arrivée | |
| Partants |
116 |
| Vitesse moyenne |
32,778 km/h |
| Vainqueur | |
|---|---|
| Deuxième | |
| Troisième | |
| Meilleur grimpeur | |
| Meilleure équipe |
Cette édition est marquée par l’abandon collectif de l’équipe d’Italie au cours de la 12ᵉ étape. À la suite d’incidents impliquant des spectateurs et le coureur italien Gino Bartali, tous les coureurs italiens, dont Fiorenzo Magni, alors porteur du maillot jaune, quittent la course. Cet événement bouleverse profondément le déroulement du Tour et ouvre la voie à la victoire finale de Kübler[1],[2].
Le Tour de France 1950 fait partie des épreuves comptant pour le Challenge Desgrange-Colombo. Il se distingue également par un nombre élevé d’abandons au fil des étapes, dans un contexte de course éprouvant, en raison de la forte chaleur[3].
Parcours
Le Tour de France 1950 s’élance de Paris et effectue le tour de l’Hexagone dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, avec un départ et une arrivée dans la capitale. Le parcours traverse le Luxembourg et la Belgique. Le passage initialement prévu en Italie est annulé en cours d’épreuve : l’étape devant arriver à Sanremo est raccourcie à Menton, qui devient également ville de départ de l’étape suivante.
Plusieurs villes accueillent le Tour pour la première fois, parmi lesquelles Niort, Saint‑Gaudens, Menton et Saint‑Étienne. Le tracé comprend également plusieurs cols empruntés pour la première fois, dont le col de la Cayolle, la croix de Chaubouret, la côte de Saint‑Nizier‑du‑Moucherotte, le col de la Sentinelle et le col du Vasson.
Participation
Le Tour de France est disputé par équipes nationales et régionales. Sur les 116 coureurs qui prennent le départ, 51 rallient l'arrivée à Paris. Le plateau[4] se compose de six équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (10 coureurs chacune), ainsi que la Suisse, le Luxembourg et les Pays-Bas (6 coureurs chacune). S'y ajoutent deux formations de jeunes (cadets italiens et aiglons belges) de 6 coureurs chacune, cinq équipes régionales françaises de 10 coureurs chacune et, enfin, une équipe d'Afrique du Nord de 6 coureurs.
Vainqueur de la précédente édition, Fausto Coppi ne peut participer au Tour de France 1950 en raison d'une grave blessure reçue lors du Tour d'Italie quelques semaines plus tôt. L'équipe d'Espagne est absente du Tour 1950 car elle n'a pas été invitée par l'organisateur Jacques Goddet, en sanction de son abandon collectif jugé injustifié lors de l'édition 1949. Enfin, l'équipe d'Afrique du Nord, composée de six coureurs tous nés sur place, est une formation mixte associant des cyclistes autochtones et des coureurs d'origine européenne vivants au Maghreb.
Déroulement de la course
Les premières étapes sont marquées par une course ouverte et indécise, avant que les Pyrénées ne provoquent une rupture décisive. Les Alpes et les contre‑la‑montre confirment ensuite la supériorité de Ferdi Kübler, qui remporte le Tour à l’issue d’une édition marquée par de nombreux incidents et une forte exposition médiatique [5],[6].
Premières étapes : une course ouverte
- 1re étape (Paris – Metz) : Jean Goldschmit s’impose au terme de la plus longue étape du Tour et endosse le premier maillot jaune, illustrant le caractère offensif du début d’épreuve.
- 2e à 4e étapes : les premières journées voient se succéder plusieurs leaders provisoires. Le Belge Stan Ockers et le Français Bernard Gauthier figurent parmi les coureurs les plus en vue, tandis que les principaux favoris restent prudents.
- 5e étape (Rouen – Dinard) : Giovanni Corrieri s’impose à l’issue d’une étape éprouvante. Le classement général demeure serré, sans hiérarchie clairement établie.
- 6e étape (Dinard – Saint‑Brieuc, contre-la-montre individuel) : Ferdi Kübler réalise une performance solide qui le place parmi les principaux prétendants au classement général, sans provoquer de rupture décisive.
Les Pyrénées : le basculement du Tour
- 11e étape (Pau – Saint‑Gaudens) : première grande étape de montagne, avec le passage du Tourmalet, de l'Aubisque et de lAspin. Gino Bartali s’impose au terme d’une journée marquée par un incident avec des spectateurs au col de l’Aspin, impliquant également le Français Jean Robic. À l’issue de l’étape, Bartali annonce l’abandon de l’ensemble des coureurs italiens, dont Fiorenzo Magni, alors porteur du maillot jaune, dans un contexte anti-italien croissant[1]. Cet abandon collectif constitue un tournant majeur de l’épreuve et bouleverse profondément le classement général.
- 12e étape : à la suite du retrait italien, Ferdi Kübler prend la tête du classement général. Il diffère toutefois le port du maillot jaune, refusant de l’endosser immédiatement.
Kübler résiste : les Français attaquent
- 18e et 19e étapes : dans les Alpes, notamment lors des étapes arrivant à Briançon et à Saint‑Étienne, les Français Louison Bobet et Raphaël Géminiani multiplient les attaques afin de déstabiliser Kübler. Le Suisse, soutenu par une équipe réduite mais disciplinée, limite les écarts et conserve l’avantage.
Dernières étapes : la confirmation
- 20e étape (Saint‑Étienne – Lyon, contre‑la‑montre individuel) : Kübler s’impose et porte un coup décisif à ses adversaires directs, confirmant sa supériorité dans l’exercice chronométré.
- 22e étape (Dijon – Paris) : la dernière étape se conclut par un sprint remporté par Emile Baffert. Ferdi Kübler rallie Paris en tête du classement général et devient le premier coureur suisse vainqueur du Tour de France.
La vitesse moyenne de ce Tour est de 32,778 km/h.
Particularités

- Réglement : sur décision de Jacques Goddet, les délais à l'arrivée sont raccourcis et les bonifications au sommet des cols sont supprimées, en réaction au déroulement de l'édition 1949[2].
- Média : après des résumés quotidiens en 1949, l'édition 1950 est la première de l'histoire à faire l'objet d'une retransmission télévisée en direct.
- Départ : le départ fictif est donné par l'artiste américain Orson Welles[7],[2]
- Crise italienne : à la suite de l'abandon collectif de l'équipe d'Italie au matin de la 12e étape, incluant le maillot jaune Fiorenzo Magni, le nouveau leader Ferdinand Kübler refuse de porter la tunique distinctive par respect durant l'étape suivante.
- Anecdote : L'Algérien Abdel-Kader Zaaf s'illustre lors de la 13e étape : après une longue échappée sous une chaleur caniculaire, il s'effondre, accepte des boissons alcoolisées et repart désorienté en sens inverse de la course, ce qui le contraint à l'abandon.
- Parcours et diplomatie : La 15e étape, qui devait initialement arriver à Sanremo, est écourtée en raison des vives tensions avec le public ; l'arrivée est jugée à Menton, d'où repart la 16e étape le lendemain.
- Changement de nationalité : Gino Sciardis (équipe Ouest) commence l'épreuve sous nationalité italienne et est naturalisé français le 28 juillet, en pleine course. Il succède à Giuseppe Tacca, qui avait connu la même situation en 1948.
Étapes
Classements
Classement général final
| Classement général[13] | ||||
|---|---|---|---|---|
| Coureur | Pays | Équipe | Temps | |
| 1er | Ferdi Kübler |
Suisse | en 145 h 36 min 56 s | |
| 2e | Stan Ockers | Belgique | + 9 min 30 s | |
| 3e | Louison Bobet | France | + 22 min 19 s | |
| 4e | Raphaël Géminiani | France | + 31 min 14 s | |
| 5e | Jean Kirchen | Luxembourg | + 34 min 21 s | |
| 6e | Kléber Piot | Île-de-France - Nord-Est | + 41 min 35 s | |
| 7e | Pierre Cogan | Centre - Sud-Ouest | + 52 min 22 s | |
| 8e | Raymond Impanis | Belgique | + 53 min 34 s | |
| 9e | Georges Meunier | Centre - Sud-Ouest | + 54 min 29 s | |
| 10e | Jean Goldschmit | Luxembourg | + 55 min 21 s | |
| 11e | Pierre Brambilla | Sud-Est | + 57 min 14 s | |
| 12e | Jean Robic | Ouest | + 59 min 45 s | |
| 13e | Roger Lambrecht | Belgique | + 1 h 0 min 29 s | |
| 14e | André Brulé | Île-de-France - Nord-Est | + 1 h 5 min 29 s | |
| 15e | Marcel Verschueren (en) | Aiglons belges | + 1 h 5 min 50 s | |
| 16e | Marcel De Mulder | Aiglons belges | + 1 h 11 min 38 s | |
| 17e | Bernard Gauthier | Sud-Est | + 1 h 13 min 29 s | |
| 18e | Jean Diederich | Luxembourg | + 1 h 14 min 56 s | |
| 19e | Robert Castelin | Sud-Est | + 1 h 25 min 12 s | |
| 20e | Attilio Redolfi | Île-de-France - Nord-Est | + 1 h 28 min 57 s | |
| 21e | Willy Kemp | Luxembourg | + 1 h 37 min 53 s | |
| 22e | Briek Schotte | Belgique | + 1 h 46 min 51 s | |
| 23e | Armand Baeyens | Aiglons belges | + 1 h 47 min 39 s | |
| 24e | Paul Giguet | France | + 1 h 48 min 5 s | |
| 25e | Marcel Hendrickx | Belgique | + 1 h 59 min 19 s | |
| modifier |
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Classements annexes finals
Prix du meilleur grimpeur
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Challenge international
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Évolution des classements
| Étape | Vainqueur | Classement général |
Classement de la montagne | Challenge international |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Jean Goldschmit | Jean Goldschmit | Non décerné | Luxembourg |
| 2 | Adolfo Leoni | |||
| 3 | Alfredo Pasotti | Bernard Gauthier | Sud-Est | |
| 4 | Stan Ockers | |||
| 5 | Giovanni Corrieri | |||
| 6 | Ferdinand Kübler | Jean Goldschmit | Belgique | |
| 7 | Nello Lauredi | Bernard Gauthier | Sud-Est | |
| 8 | Fiorenzo Magni | |||
| 9 | Alfredo Pasotti | |||
| 10 | Marcel Dussault | |||
| 11 | Gino Bartali | Fiorenzo Magni | Louison Bobet | Italie |
| 12 | Maurice Blomme | Ferdinand Kübler | France | |
| 13 | Marcel Molinès | Belgique | ||
| 14 | Custodio Dos Reis | |||
| 15 | Jean Diederich | |||
| 16 | Ferdinand Kübler | |||
| 17 | Raphaël Géminiani | Jean Robic | ||
| 18 | Louison Bobet | Louison Bobet | ||
| 19 | Raphaël Géminiani | |||
| 20 | Ferdinand Kübler | |||
| 21 | Gino Sciardis | |||
| 22 | Émile Baffert | |||
| Classements finals | Ferdinand Kübler | Louison Bobet | Belgique | |
Liste des coureurs
La liste ci-dessous présente les coureurs inscrits par numéro de dossard[8].
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