Trading de change au détail
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le trading de change au détail est un segment de petite taille du marché des changes au sens large, dans lequel des particuliers spéculent sur les taux de change entre différentes devises. Ce segment s’est développé avec l’apparition de plateformes de trading électronique dédiées et d’Internet, qui ont permis aux particuliers d’accéder aux marchés mondiaux des devises. En 2016, il a été rapporté que le trading de change au détail représentait 5,5 % de l’ensemble du marché des changes, soit environ 282 milliards de dollars de volume de transactions quotidiennes[1].
Avant le développement des plateformes de trading sur le marché des changes à la fin des années 1990, le trading de devises était réservé aux grandes institutions financières[2]. L’essor du trading de change au détail a été favorisé par le développement d’Internet, des logiciels de trading et des courtiers en devises proposant des opérations sur marge. Aujourd’hui, les opérateurs peuvent négocier des devises au comptant avec des teneurs de marché en utilisant l’effet de levier, ce qui leur permet d’engager seulement une faible proportion de la taille totale de la transaction et d’acheter ou de vendre des devises en quelques secondes.
L’année 1994 a vu apparaître la première génération de plateformes de trading en ligne sur le marché des changes[3],[4]. Les technologies web ont non seulement facilité le développement du trading de change au détail en offrant aux clients des moyens simples et rapides d’accéder aux marchés, mais ont également permis de négocier des paires de devises directement depuis leur propre ordinateur.
Le développement logiciel des plateformes de trading s’est déroulé en plusieurs étapes. À l’origine, les plateformes reposaient sur des programmes basiques téléchargés sur les ordinateurs. Elles ont ensuite évolué vers des interfaces plus faciles à utiliser et des fonctionnalités avancées, telles que les graphiques et les outils d’analyse technique. L’étape suivante a été le passage aux plateformes basées sur le web, puis aux appareils mobiles comme les tablettes et les smartphones. Depuis 2010, les évolutions se sont également concentrées sur l’intégration d’outils de trading automatisé et de trading social au sein des plateformes de change[5].
Depuis 2010, les courtiers en ligne proposent de plus en plus le copy trading, permettant aux traders moins expérimentés de reproduire les transactions potentiellement rentables d’investisseurs plus aguerris sur la plateforme. Des plateformes en ligne telles que eToro, ZuluTrade et Tradeo ont utilisé le copy trading pour attirer des millions d’utilisateurs ces dernières années[5].
Réglementation
À partir de 2010, les autorités de régulation financière des marchés développés ont mis en place des mesures visant à limiter le niveau de levier auquel les investisseurs particuliers peuvent recourir, en particulier pour les opérations de change. Ces restrictions visaient à réduire la spéculation et à protéger les investisseurs particuliers contre des pertes imprévues. Les courtiers en devises sont également soumis à une réglementation ; dans la plupart des pays, des règles relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme s’appliquent, notamment des obligations de connaissance du client (know your customer) pour les courtiers. Certaines réglementations relatives aux cryptomonnaies peuvent également s’appliquer lorsque celles-ci sont utilisées pour déposer ou retirer des fonds auprès de courtiers en devises[5].
États-Unis
Aux États-Unis, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a limité l’effet de levier disponible pour les traders particuliers sur le marché des changes à 50:1 pour les principales paires de devises et à 20:1 pour toutes les autres[6]. Les principales devises comprennent le dollar australien, la livre sterling, le dollar canadien, la couronne danoise, l’euro, le yen japonais, le dollar néo-zélandais, la couronne norvégienne, la couronne suédoise, le franc suisse et le dollar américain. La National Futures Association (NFA) est habilitée à réviser périodiquement la liste des principales devises, en fonction de l’évolution de leur volatilité[6].
La version initiale de la réglementation de la CFTC adoptée en 2010 proposait d’abaisser les limites d’effet de levier à 10:1[6]. Toutefois, à la suite de critiques émanant des acteurs du marché des changes, la CFTC a retenu les limites plus élevées de 50:1 et 20:1 décrites ci-dessus. Avant 2010, aucune restriction de ce type n’était en vigueur lorsque ces règles sont entrées en application.
Union européenne
En Europe, l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a plafonné le niveau d’effet de levier que les courtiers et les fournisseurs de contrats sur différence (CFD) peuvent proposer aux investisseurs particuliers. Ces limites, entrées en vigueur en 2018, varient de 30:1 à 2:1 selon la classe d’actifs concernée[7]. Les classes d’actifs plus volatiles, telles que les cryptomonnaies, sont soumises à des plafonds plus faibles.
Les limites d’effet de levier fixées par l’ESMA sont les suivantes :
- 30:1 pour les principales paires de devises ;
- 20:1 pour les paires de devises non principales, l’or et les principaux indices boursiers ;
- 10:1 pour les matières premières autres que l’or et les indices boursiers non principaux ;
- 5:1 pour les actions individuelles et autres valeurs de référence ;
- 2:1 pour les cryptomonnaies.
Les principales paires de devises définies par l’ESMA comprennent toute combinaison de deux des devises suivantes : le dollar américain, l’euro, le yen japonais, la livre sterling, le dollar canadien et le franc suisse[8]. Toutes les autres devises sont considérées comme non principales.
Les principaux indices définis par l’ESMA comprennent les indices boursiers suivants : FTSE 100, CAC 40, DAX 30, Dow Jones Industrial Average, S&P 500, NASDAQ, NASDAQ 100, Nikkei 225, ASX 200 et EURO STOXX 50[8]. Tous les autres indices sont considérés comme non principaux.
Canada
Au Canada, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières réglementent les marchés financiers, bien que les règles puissent varier selon la législation provinciale. L’Investment Industry Regulatory Organization of Canada (IIROC) réglemente également les contrats sur différence (CFD) et le trading de CFD[9].