Traductologie de corpus
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La traductologie de corpus (le terme équivalent en anglais est corpus-based translation studies) est le résultat du rapprochement entre la linguistique de corpus et la traductologie. L’article fondateur est « Corpus Linguistics and Translation Studies: Implications and Applications »[1] où Mona Baker propose que la linguistique de corpus peut révolutionner le cadre de la traductologie descriptive : les traductologues peuvent utiliser ses méthodes d’analyse et les corpus électroniques pour analyser les textes traduits[2].
À côté de la recherche en traductologie, les corpus sont utilisés comme des outils d’aide à la traduction et dans l’apprentissage des futurs traducteurs. En plus, les corpus électroniques jouent un rôle dans le débat sur la qualité des traductions[2].
Cependant, l’utilisation des corpus dans le cadre de la traductologie est liée à des problèmes d’ergonomie. En premier lieu, en raison des nombreux types de corpus électroniques, ce n’est pas facile de les appréhender. Deuxièmement, la disponibilité des corpus est limitée, et enfin, il n’existe pas une homogénéité entre eux (au niveau du contenu, de l’étiquetage, de l’interface)[2].
La linguistique de corpus se développe depuis la seconde moitié du vingtième siècle, grâce à la révolution informatique. Les nouvelles technologies permettent d’utiliser les corpus électroniques via un ordinateur, c’est-à-dire que les recherches sont automatisées et rapides[3]. En 1957, Firth publie un article sur l’origine de la linguistique de corpus britannique[4], et au début des années 1960, le Brown Corpus, le premier corpus électronique, est créé aux Etats-Unis[2].
En même temps, depuis les années 1990, les chercheurs en traductologie commencent à utiliser des corpus qui ne contiennent que des traductions pour analyser le processus (l’activité traduisante)[2]. C’est Mona Baker qui suggère d’exploiter les outils développés par la linguistique de corpus pour décrire les textes traduits[5]. Après son article fondateur, la traductologie de corpus évolue rapidement : plusieurs projets de recherche sont lancés et on commence à développer des corpus monolingues et multilingues de langue traduite[2].
Enjeux
Enjeux interprétatifs
La nouvelle approche de Mona Baker joue un rôle central dans le cadre de la traductologie de corpus. En effet, la langue traduite devient un objet d’analyse et elle est étudiée pour elle-même ; par conséquent, « le texte traduit acquiert un statut d’égal avec le texte original »[2], on ne compare plus les textes sources et les textes cibles, mais la langue originale et la langue traduite[2].
Qualité des traductions
Les chercheurs dans le cadre de la traductologie de corpus essayent de développer des outils objectifs d’évaluation de la qualité des traductions[2]. En comparant la langue originale et la langue traduite, on recherche les différences entre elles pour savoir si ces différences peuvent être utilisées comme critères de qualité. De plus, les corpus électroniques peuvent être exploités pour améliorer la qualité[2].
Enjeux techniques
Un enjeu important pour la traductologie de corpus est le développement et la compilation des corpus électroniques. Grâce à l’article fondateur, on commence à créer des corpus qui contiennent la langue traduite afin d’étudier les différences entre la langue originale et la langue traduite[2]. De ce fait, le Translational English Corpus (qui contient l’anglais traduit depuis diverses langues) est compilé à l’Université de Manchester et il est aujourd’hui le corpus de référence pour l’anglais traduit[2].
Tandis que le Translational English Corpus est unilingue, il existe des corpus multilingues aussi. Par exemple, PLECI (Poitiers-Louvain Échange de Corpus Informatisés) contient des textes originaux en anglais et en français et leur traduction dans l’autre langue[2].