Traité commercial luso-anglais de janvier 1642
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Le traité commercial luso-anglais de , signé par le roi Charles Ier d'Angleterre alors que démarre à peine la première révolution anglaise, qui va le contester, est une des conséquences de l'indépendance du Portugal, proclamée en pour mettre fin à l'Union ibérique avec l'Espagne. Il intervient six mois après la prise par les Hollandais du port de Luanda, en Angola, principale source d'approvisionnement en esclaves des Portugais et va favoriser un trafic illégal vers les Antilles anglaises alors que la route maritime du Brésil est très surveillée.
Le Portugal bloqué au Brésil et en Angola
Le traité précédent entre les deux pays datait du traité de Windsor de . Deux siècles et demi plus tard, celui de 1642 est signé sur fond de guerre néerlando-portugaise qui a épuisé et déstabilisé le commerce au Brésil, que se disputent ces deux puissances maritimes, et qui s'étend à l'Afrique : à partir de l'été 1641, l'occupation hollandaise des ports de l'Angola a stoppé les importations d'esclaves noirs des plantations du sud du Brésil, resté portugais ; la rupture de la traite négrière a « fait doubler le prix des esclaves »[1] dans les zones portugaises du Brésil et « motivé les deux seules expéditions négrières du XVIIe siècle entre le Mozambique et le Brésil »[1], qui se sont déroulées en 1643 et 1644.
La fin de l'Union ibérique
La Restauration portugaise de Noël 1640 met par ailleurs fin à l'Union ibérique associant depuis 1580 ce petit royaume à son grand voisin espagnol. Le roi Jean IV remplace le précédent.
À la recherche d'alliés, le Portugal signe dès une trêve avec les Néerlandais et les marchands anglais réclament immédiatement les mêmes privilèges[2]. Le Portugal se réconcilie alors même avec l'ex-ennemi historique qu'était l'Angleterre[2].
Les prémices de la première révolution anglaise
Par ailleurs, côté anglais, la fin de l'année , la petite île anglaise de la Barbade, aux Antilles, a déjà accueilli le premier navire négrier de son histoire, le Seerobbe, avec à bord 264 esclaves sur les 330 pris en Afrique[2]. La Guinea Company de Nicholas Crispe, un très proche ami du roi d'Angleterre Charles Ier, avait été dénoncée dès 1640 par le Parlement britannique en raison de son monopole sur les forts d'Afrique pris par les Anglais aux Portugais pour tenter d'y collecter de l'or.
Le sucre avait été introduit dans l'île en 1637 par Peter Blower, un Hollandais venu du Brésil mais l'expérience des Portugais peut être utile aux Anglais, car ils « connaissaient les rythmes infernaux et les secrets complexes de la production de sucre »[2], les gestes adaptés pour couper la canne et les dimensions exactes des laminoirs et chaudrons[2], comme y fait référence le planteur brésilien Gaspar Dias Ferreira en 1645: « les Noirs et les sucres doivent passer par les mains des Portugais »[2].
Également juste avant la signature du traité, en , la révolte en Irlande et de supposés complots papistes dénoncés par des pamphlets alarmistes dans tout l'Angleterre protestante[3] ont poussé le roi Charles Ier, père de Charles II, à se réfugier le au château de Windsor, au début de la guerre civile anglaise qui mènera à sa décapitation.
Signature
Le roi d'Angleterre Charles Ier était en pleine préparation de ce traité d'alliance et de commerce avec le Portugal[4], qu'il signe le malgré l'opposition du Parlement anglais, et qui permet aux Anglais de tenter d'acheter des esclaves en Angola, à moitié envahi par les Hollandais, pour tenter d'en revendre aux planteurs anglais de la Barbade.
Clauses et contenu
Ce traité ouvre « les terres, les forts, les châteaux, les ports et les côtes d’Afrique, de Guinée, etc. l’île de [São Tomé] et dans toutes les autres îles qui s’y trouvaient » à leurs navires ».
Comme pour le distinguer du petit troc[2], il autorise à « transporter des marchandises, des chargements ou des calèches sur des wagons, des chevaux ou des navires » des terres portugaises à « tout autre endroit »[5]. Le texte appelle également à de futurs accords commerciaux avec le Brésil, dont une partie est restée portugaise[6].
Suites immédiates
Opposés avec virulence au roi d'Angleterre dont ils dénoncent les abus de pouvoir, les compromissions et les favoris, les parlementaires menés par Oliver Cromwell obtiennent en 1643 la fin du monopole de la Guinea Company. La Royal Navy lui réclame 5 000 sterling dès l'année 1642[7] et le Parlement place sous séquestre, en 1644, les biens de Nicholas Crispe, proche ami et conseiller du souverain, notamment la moitié du capital de la Guinea Company[7]. Il est aussi question de saisir la moitié de la cargaison du navire The Star, qui ramène 10 000 livres sterling d'or africain[7].