Traité de Madrid (1617)
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Le traité de Madrid est un traité de paix entre la république de Venise et la monarchie des Habsbourg, mettant fin à la guerre de Gradisca. Il eut pour conséquence indirecte l'élimination de la piraterie d'Uskok en mer Adriatique.
Après la Longue Guerre turque, de nombreux réfugiés s'installent dans la région de Senj, à la frontière militaire du Saint-Empire romain germanique avec l'Empire ottoman. Ces réfugiés grossissent les rangs des Uskoks, une milice irrégulière qui menait des raids transfrontaliers contre les Ottomans. Outre ces raids, les Uskoks se livrent également à la piraterie, attaquant les navires sans distinction d'origine ethnique ou de religion. En 1606, les Ottomans et le Saint-Empire romain germanique signent le traité de Zsitva-Torok, interdisant les raids transfrontaliers entre les deux États. En 1615, le traité est renouvelé, incitant davantage d'Uskoks à se tourner vers la piraterie en mer Adriatique.
Leurs activités avaient nui aux intérêts commerciaux de la république de Venise dès 1564, celle-ci cherchant déjà à étendre son territoire vers l'Istrie des Habsbourg[1]. Venise engage des mercenaires du royaume d'Angleterre et des Provinces-Unies, et instaure le blocus des ports du Saint-Empire romain germanique et de l'Adriatique. Le 20 décembre 1615, le blocus dégénère en guerre d'Uskok, marquée par une invasion vénitienne des zones côtières. Le vice-roi espagnol de Naples, Pedro Téllez-Girón, 3e duc d'Osuna, intervient dans le conflit aux côtés de l'Empire, sans l'approbation de l'Espagne. Les Habsbourg ne parviennent pas à réagir de manière appropriée, le pays étant en proie à une lutte de pouvoir interne. Néanmoins, les Vénitiens sont décimés par la maladie, incapables d'exploiter leur supériorité numérique. Bien que les négociations se soient poursuivies tout au long du conflit, un accord ne fut conclu qu'en 1617 grâce à la médiation espagnole, papale et française[2],[3].