Traité de Senlis (1493)
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| Signé |
Senlis |
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| Parties | ||
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| Signataires | Charles VIII | Maximilien Ier |
Le traité de Senlis, conclu le entre le roi de France Charles VIII et Maximilien d'Autriche, veuf de la duchesse Marie de Bourgogne et régent de Bourgogne au nom de son fils Philippe le Beau, est une séquelle de la guerre de Succession de Bourgogne, consécutive à la mort de Charles le Téméraire en et achevée en 1482 par le traité d'Arras, favorable au roi de France.
Le traité de Senlis est la conséquence du mariage en 1491 de Charles VIII avec la duchesse Anne de Bretagne, mariée par procuration avec Maximilien en 1490. Ce mariage entraîne de surcroît la rupture des fiançailles de Charles VIII avec la fille de Maximilien, Marguerite, prévues par le traité d'Arras.
En dédommagement de cette double humiliation, Charles VIII doit restituer à Maximilien une partie des territoires acquis en 1482.
La guerre de Succession de Bourgogne et le traité d'Arras (1477-1482)
La guerre de Succession de Bourgogne, dont l’enjeu était le sort des possessions de Charles le Téméraire, mort en , voit l’occupation par les armées de Louis XI du duché et du comté de Bourgogne, de la Picardie et du comté d’Artois, au détriment de Marie de Bourgogne, devenue duchesse de Bourgogne à l'âge de 20 ans. Afin de résister à l'offensive française, elle épouse dès Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric III (1415-1493) et futur empereur Maximilien Ier[1].
Par le traité d’Arras de 1482 qui conclut cette guerre, Maximilien cède au roi de France la Picardie et le duché de Bourgogne (capitale : Dijon), cœur de l'État bourguignon. Le traité prévoit aussi les fiançailles du dauphin Charles de France avec Marguerite d’Autriche, fille de Marie et de Maximilien[2], celle-ci apportant une dot constituée par le comté de Bourgogne (capitale : Dole), le comté d'Artois (capitale : Arras) et des seigneuries annexes du duché de Bourgogne (Noyers, Château-Chinon, Chaussin et Laperrière). .
Les affaires de Bretagne et les mariages de la duchesse Anne (1488-1491)
Vaincu à la fin de la guerre folle à Saint-Aubin-du-Cormier () par les troupes de Charles VIII, le duc François II signe en août le traité du Verger stipulant que tout mariage de l'héritière du duché, Anne de Bretagne (alors âgée de 11 ans), nécessitera l’accord du roi de France. François II meurt peu après (), Anne devient duchesse de Bretagne.
En , à la suite de tractations menées par la cour de Bretagne, elle épouse par procuration Maximilien d'Autriche. Pour Charles VIII, cela signifie que le duché de Bretagne peut tomber aux mains de son ancien adversaire[3], et entrer dans une ligue entre Maximilien et les rois d'Angleterre et d'Aragon.
En 1491, Charles VIII lance de nouveau ses armées dans le duché. Rennes est prise à la mi-novembre et la cour de Bretagne capitule. Le mariage avec Maximilien est cassé et Anne doit épouser Charles VIII. Le mariage a lieu dès le . Marguerite, qui était à la cour de France depuis 1483, devient une sorte de prisonnière de Charles VIII.
