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La traverse Matane—Baie-Comeau—Godbout a été fondée en 1959, à Matane, par un groupe d'affaires mené par Félix-Adrien Gauthier et par le capitaine Henri Piuze, nommé La Traverse Matane-Godbout Limitée. Ils obtiennent un permis leur permettant de naviguer en octobre puis lance la construction d'un premier navire aux chantiers maritimes George Brown Limited de Greenock, en Nouvelle-Écosse. Ce premier navire est nommé le N.M. N.A.-Comeau en hommage à Napoléon-Alexandre Comeau. Il a une capacité de 100 passagers et 38 véhicules. Il arrive à Matane le 12 juin 1962. Quelque temps à peine après le début de ses activités, les dirigeants octroient un contrat de 2 400 000 $ au Chantier Davie, à Lévis, pour la construction d'un second traversier plus imposant. En juin 1966, le N.M. Sieur D'Amours arrive à Matane. Ce nouveau navire, nommé en l'honneur du premier seigneur de la seigneurie de Matane, a une capacité de 300 passagers et 55 voitures[1].
Illustration du N.M. N.-A.-ComeauIllustration du N.M. Sieur D'amours
En 1970, le Sieur D'Amours commence à offrir un service partiel l'hiver. On commence cependant à réfléchir à la construction d'un vrai navire de type brise-glace pour offrir un service fiable dans les conditions hivernales difficile de l'estuaire du Saint-Laurent. Une telle décision de construire un navire de ce genre confirmerait le statut de La Traverse Matane-Godbout Limitée comme lien maritime de première importance pour lier les deux régions éloignées face à Pointe-au-Père, déjà affaiblie depuis l'arrivée du Sieur D'Amours. Les paliers régionaux, provincial et fédéral se consultent et décident que le service de traversier sera centralisée à Matane. Le gouvernement du Québec annonce donc la construction d'un traversierbrise-glace, dont il sera l'unique propriétaire, qui débutera en novembre 1972, aux chantiers de la Marine Industries Limitée à Sorel-Tracy. Ce nouveau navire est nommé en hommage au premier médecin de la Basse Côte-Nord, Camille Marcoux. Son arrivée, le 17 mars 1975, marque le retrait du N.A.-Comeau, devenu obsolète. La capacité du nouveau N.M. Camille-Marcoux est de 600 passagers et 114 véhicules. Le Sieur D'Amours reste de service jusqu'en 1981 et sera vendu en 1984 à la Puddister Shipping Limited où il relira Blanc-Sablon et St. Barbe.
En 1979, les deux navires ne suffisent pas a répondre à la demande, si bien que le N.M. Camille-Marcoux est agrandi, il passe de 106 à 120 véhicules.
Après un ralentissement en 1981 qui mène à la vente du Sieur D'Amours, une importante hausse de l'achalandage frappe la traverse en 1988 et oblige la STQ à louer les services du N.M. John-Hamilton-Gray en période estivale. Il est rappelé en 1990, en 1991 malgré les feux de forêts à Baie-Comeau et en 1992. Entre 1998 et 2000, en période estivale, c'est le N.M. Félix-Antoine-Savard qui vient prêter main-forte au Marcoux, après une augmentation de 91% de la demande de transport lourd en 1998. En 1992, 1994 et en 2001 le N.M. Camille-Marcoux offre un service 24h/24 afin de répondre à la demande. Le gouvernement du Québec annonce, en 1994, l'intention de construire un navire supplémentaire pour la traverse. Il faudra attendre 2010 avant l'annonce d'un nouveau navire pour la traverse[2].