Trichopoda pennipes
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- Musca pennipes Fabricius, 1781
- Thereva pennipes Fabricius, 1805
- Thereva hirtipes Fabricius, 1805
- Ocyptera ciliata Fabricius, 1805
- Dictya pennipes Fabricius, 1805
- Phasia jugatoria Say, 1829
- Trichopoda flavicornis Robineau-Desvoidy, 1830
- Trichopoda haitensis Robineau-Desvoidy, 1830
- Trichopoda cilipes Wiedemann, 1830
- Trichopoda nigripes Wulp, 1892
- Trichopodopsis giacomellii Blanchard, 1966
- Eutrichopodopsis funebris Blanchard, 1966
- Eutrichopodopsis nitens Blanchard, 1966
- Eutrichopodopsis imitans Blanchard, 1966
- Eutrichopodopsis similis Blanchard, 1966
- Eutrichopodopsis bruchi Blanchard, 1966
- Trichopodopsis nigrifrontalis Blanchard, 1966
- Trichopodopsis bosqi Blanchard, 1966
- Trichopodopsis gustavoi Mallea, Mácola, García, Bahamondes, Suárez & Lanati, 1977
Trichopoda pennipes est une espèce de mouches brachycères de la famille des Tachinidae, du genre Trichopoda, qui parasite les punaises Pentatomomorpha. Elle est présente en Amérique du Nord et du Sud.
Elle a souvent été confondue avec Trichopoda pictipennis, autre espèce originaire d'Amérique du Sud, introduite sur le continent australien par l'industrie agroalimentaire comme moyen de lutte biologique contre la punaise invasive Nezara viridula, et introduite également mais accidentellement en Europe dans les années 1980. Une étude de 2021 démontre l'erreur d'attribution et corrige l'identification[2].
Description
De taille moyenne (5,6 à 7,5 mm), elle a une grosse tête, des ailes fumées de noir, marqué de jaune diffus chez les mâles (le jaune ne démarre que rarement à la base de l'aile, aalors que c'est le cas chez T. pictipennis), avec une bordure hyaline. Le scutellum est jaune fauve à brun foncé, plus clair et jaunâtre chez les individus d'Amérique du Sud. L'abdomen des mâles est jaune orange à jaune fauve, avec des marques variables, celui des femelles identique avec l'apex sombre, rarement entièrement sombre comme c'est le cas chez T. pictipennis. Les pattes claires à la base (coxa, trochanter, base du fémur) puis sombre avec les griffes claires[3]. La troisième paire de pattes porte un peigne de poils noirs, caractéristique propre au genre Trichopoda.
Répartition
Elle est présente dans les zones néarctique (Amérique du Nord) et néotropicale (Amérique du Sud, Antilles).
Écologie
Elle parasite les punaises, de la famille des Coreidae, des Pentatomidae, des Largidae, des Scutelleridae[4], Pyrrhocoridae et Alydidae[5]. Elle a également été repérée sur une Mantidae, Tenodera australasiae[4]. Elle est considérée comme ayant coévolué avec Anasa tristis, mais son hôte le plus commun est devenu aujourd'hui Nezara viridula, dans une association nouvelle étant donné que cette punaise est arrivée accidentellement vers 1700 dans le Nouveau monde[5].

Elle est attirée par les phéromones des mâles, surtout lors des pullulations sur des cultures. Elle pond un ou plusieurs œufs sur la punaise, en général sous le thorax ou l'abdomen, mais ailleurs également. La larve pénètre à l'intérieur de l'hôte et se nourrit des fluides internes. Une seule larve peut survivre dans un hôte. Après environ deux semaines de croissance, la larve sort au troisième stade, entre les segments abdominaux. L'hôte meurt peu après, de l'effet mécanique de la sortie et non pas de la nourriture du parasite. La nymphose a lieu dans le sol, dans un cocon brun-rouge foncé, d'où l'adulte sort environ deux semaines plus tard. Il peut y avoir jusqu'à trois générations par année. La larve peut hiverner, au second stade, dans son hôte hivernant. Ainsi, malgré ce parasitisme, l'hôte continue à se nourrir, et garde la possibilité de se reproduire, même si peu à peu, ses organes sexuels sont atrophiés par le développement de la larve ayant atteint son stade 2. L'adulte émerge à la fin du printemps ou au début de l'été. À ce moment, il s'en prend à des adultes ayant hiverné, les seuls assez grands pour héberger les larves. Les générations suivantes vont parasiter aussi bien des larves aux derniers stades que des adultes de l'année. 50 % des larves parasitées vont mourir avant de devenir adultes, et les autres meurent avant de pondre. Le taux est moindre chez les punaises parasitées adultes, dont le cycle de vie n'est pas synchronisé avec celui du parasite[6]. Dans une étude menée en Californie, chez les Coreidae, le taux de parasitisme peut atteindre 80 %[7].
L'adulte se nourrit de nectar sur les fleurs où il se tient souvent avec les ailes étalées, notamment la carotte sauvage (Daucus carota), le coriandre, la Spirée cotonneuse (Spiraea salicifolia), puis, plus tard dans l'année sur des asters (Symphyotrichum spp.) et des solidages (Solidago spp). On la trouve également sur la menthe et la Cryptoténie du Canada[6],[8].
Les hôtes parasités répertoriés appartiennent aux genres suivants[9]:
- Coreidae : Acanthocephala, Anasa (ravageurs des cultures de courges en Amérique du Nord), Archimerus, Chelinidea, Euthochtha, Leptoglossus (dont Leptoglossus occidentalis, une espèce d'Amérique du Nord invasive en Europe[10]), Narnia ;
- Pentatomidae : Acrosternum, Alcaeorrhynchus, Euschistus, Murgantia, Nezara viridula, Plautia, Thyanta, Graphosoma lineatum ;
- Largidae : Largus ;
- Scutelleridae : Coleotichus.
- Vue dorsale: les ailes ne sont pas marquées de jaune (Virginie, États-Unis).
- Vue de face. Individu avec plus de jaune sur l'aile.
- Vue latérale.
- Accouplement (Maryland, États-Unis).
- Adulte se nourrissant sur une fleur (Virginie, États-Unis).
- Autre individu à ailes sombres (Virginie, États-Unis).
