Trio (structure musicale)
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Le trio est une structure musicale utilisée principalement dans la musique instrumentale occidentale à partir de l'époque baroque et surtout durant les périodes classique et romantique. Elle désigne une section contrastante insérée au sein d'une forme plus large, comme un menuet ou une bourrée, le plus souvent de type A-B-A, où la partie centrale (B) est appelée trio.
Cette seconde danse était à l'origine appelée trio en raison de la pratique, au XVIIe siècle, de l'écrire pour trois instruments[1],[2],[3]. Par la suite, on a continué à employer le terme trio, même lorsque la pièce comportait un nombre de parties plus important. Le menuet du Concerto brandebourgeois no 1 (1721) de Jean-Sébastien Bach constitue un exemple tardif de cette pratique originelle, avec des trios pour deux hautbois et basson, ainsi que pour deux cors et une troisième partie jouée à l'unisson par trois hautbois. Les formes du XIXe siècle dérivées du menuet, comme le scherzo, comportent également souvent des trios contrastants. Le trio présente généralement une texture plus légère que l'exposition principale de la danse ou de la marche[4].
Le terme est également employé pour désigner la section contrastante d'une marche, la partie centrale d'une marche avec da capo, ou la section finale d'une marche qui n'en comporte pas. Les trios de marche en mode majeur modulent généralement vers la sous-dominante de la tonalité principale.
En revanche, dans les oratorios, les opéras et d'autres types de musique scénique, il est fréquent que les différentes parties dont ces œuvres se composent soient confiées à des effectifs vocaux et instrumentaux distincts. Ainsi, le trio vocal constitue souvent un fragment intégré à une composition plus vaste[2],[5].
En littérature
Dans son roman Jean-Christophe (1er volume : L'Aube, 1904) dont le héros est un compositeur enfant prodige, Romain Rolland commente l'op. 1 de Jean-Christophe (Les Plaisirs du jeune âge : Aria, Minuetto, Walzer e Marcia[6]) retouché par son grand-père : « Naturellement, j'ai ajouté l'accompagnement, et les harmonies dans le caractère du chant. Et puis… — (il toussa) — et puis, j'ai aussi ajouté un trio au menuet, parce que… parce que c'est l'habitude… ; et puis… enfin, je crois qu'il ne fait pas mal[6] ».