Tristan Rémy

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Nom de naissance Raymond Marcel Desprez
Décès (à 80 ans)
Mériel (France)
Activité principale
Tristan Rémy
Nom de naissance Raymond Marcel Desprez
Naissance
Blérancourt
Décès (à 80 ans)
Mériel (France)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Faubourg Saint-Antoine
  • Les Clowns
Maryse Begary sur corde lisse
Maryse Begary sur corde lisse, archives de Tristan Rémy[1].

Tristan Rémy est le pseudonyme de l'écrivain français Raymond Desprez, né le à Blérancourt dans l'Aisne et mort le à Mériel dans le Val-d'Oise.

Spécialiste de l'histoire du cirque, il est l'un des promoteurs de la littérature prolétarienne en France qu'il promeut dès les années 20 aux côtés d'Henri Poulaille.

Fils d'une boulangère et d'un ouvrier agricole d'origine picarde entré aux chemins de fer, Tristan Rémy entre également aux chemins de fer.

Il rencontre Henry Poulaille en 1922 à la revue montmartroise La Vache enragée et anime avec lui un groupe d'écrivains ouvriers formé en août 1928 autour des travaux de la revue Monde. En 1931, il est membre du comité de rédaction de Nouvel Âge, revue fondée par Henry Poulaille, mais rompt avec le mouvement prolétarien en 1933[2].

Il se rapproche de la doctrine littéraire du Parti Communiste et adhère à l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires en 1935. En 1936, il remporte le prix du Roman populiste pour son roman Faubourg Saint-Antoine.

Après la Seconde Guerre mondiale, Tristan Rémy se spécialise dans les ouvrages sur le cirque[3]. Il publie jusqu'en 1975 plusieurs articles sur ce sujet dans l'Almanach Ouvrier et Paysan, publié annuellement par L'Humanité.

Il joue son propre rôle de spécialiste des clowns dans Les Clowns (1971) de Federico Fellini.

Pensée de la littérature prolétarienne

Comme d'autres écrivains ouvriers, Tristan Rémy entre dans le monde littéraire par l'intermédiaire de la presse de gauche et identifie tôt son combat littéraire à la promotion d'auteurs prolétariens, éloignés du champ littéraire « pur » que représente la maison d'édition Gallimard[2]. En 1925, il est ainsi associé au lancement du Journal sans nom et du « Prix sans nom » avec pour objectif la promotion d'écrivains occupant des positions dominés et la destruction du champ littéraire classique[2]. En 1932, il définit ainsi la littérature prolétarienne comme : « La vie du prolétariat racontée par des auteurs qui sortent de ses rangs[4] ».

La littérature défendue par le mouvement prolétarien d'Henri Poulaille se veut indépendante de la pensée marxiste et s'oppose à la doctrine littéraire du PC, Poulaille déclarant en 1931 « qu’il faudrait demander une fois pour toutes au Marxisme de ne jouer que sur son propre plan, car il n’a rien à faire dans le domaine artistique »[5]. Il se distingue par là de Tristan Rémy qui, dès 1928, confère à ce courant littéraire une dimension militante plus marquée, appelant par exemple de ses vœux en 1930 la création d'une revue de littérature prolétarienne adoptant la méthode de la dialectique marxiste[2].

Leur refus de s'inscrire dans la doctrine marxiste conduit à la condamnation des écrivains prolétariens en 1930 au congrès de Karkhov, qui débouche sur la fondation de Union Internationale des Écrivains Révolutionnaires (UIER), et à la création de l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR) en 1932. Poulaille et Rémy créent le Groupe des écrivains prolétariens en 1932 en réponse à ces critiques[2].

Dès 1933 cependant, Tristan Rémy se détache du non-conformisme du mouvement prolétarien dans « Écrivains dits prolétariens et littérateurs », publié en novembre dans Le Peuple, puis intègre les projets du PC et les activités de l'AEAR en 1935, tout en soulignant sa volonté de rassemblement et d'autonomie. Par la suite, il promeut le réalisme socialiste, à l'aune duquel il juge les productions prolétariennes[2].

Tristan Rémy conserve des liens avec Henri Poulaille, qu'il rejoint dans la revue Maintenant après la Seconde Guerre Mondiale, et continue de s'intéresser aux formes traditionnelles de la culture prolétarienne comme le cirque[2].

Bibliographie partielle

  • Porte Clignancourt, Rieder, 1928
  • À l'ancien tonnelier, Valois, 1931
  • Sainte-Marie des Flots, Valois, 1932
  • Faubourg Saint-Antoine, Gallimard, 1936
  • La Grande lutte, Éditions sociales internationales, 1937
  • Les Clowns, Grasset, 1945, nouvelle édition augmentée, Grasset, 2002
  • L'Homme du canal, J. Vigneau, 1947
  • Le Cirque et ses étoiles, Artis, 1949
  • Le Cirque Bonaventure, Éditions de la Paix, 1952
  • Jean-Gaspard Deburau, L'Arche, 1954
  • Entrées clownesques, L'Arche, 1962
  • Georges Wague, Éditions Georges Girard , 1964
  • Le temps des cerises (Jean-Baptiste Clément), Éditeurs français réunis, 1968
  • La Commune à Montmartre, Éditions sociales, 1970

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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