Trésor de Tourouvre

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TypeMonnaie
MatériauArgent et billon
PériodeIIIe siècle
Trésor de Tourouvre
Image illustrative de l’article Trésor de Tourouvre
Le trésor de Tourouvre exposé au musée de Normandie à Caen en 2018 avec une partie des monnaies et les bijoux, anneaux et médaillon. La bouteille endommagée au premier plan est la bouteille I.
Type Monnaie
Matériau Argent et billon
Période IIIe siècle
Culture Rome antique
Date de découverte 2010
Lieu de découverte Tourouvre
Coordonnées 48° 35′ 25″ nord, 0° 39′ 05″ est
Conservation Musée de Normandie
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
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Géolocalisation sur la carte : Normandie
(Voir situation sur carte : Normandie)
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Le trésor de Tourouvre, appelé aussi trésor double de Tourouvre, est un trésor monétaire découvert en 2010 sur le territoire de la commune de Tourouvre, dans le département français de l’Orne, en région Normandie. Il est acquis par la ville et conservé au musée de Normandie à Caen.

Le trésor est découvert lors d'un diagnostic archéologique déclenché après que le propriétaire du terrain a signalé des pillages au Service régional de l'archéologie. Les diagnostics ont permis d'établir que le secteur est occupé des Gaulois à la fin du Haut-Empire romain. Le trésor était contenu dans deux bouteilles en verre retrouvées lors du diagnostic, dont l'une a été endommagée lors de l'opération.

Comportant plus de quatre cents éléments, monnaies et également bijoux qui ont pu faire l'objet d'une étude approfondie, d'autant plus que l'ensemble est complet, le trésor est un témoin de la crise que traverse l'espace de la future Normandie dans le dernier tiers du IIIe siècle, dans une époque troublée en particulier par des invasions de pirates germains et francs.

Vue d'un manoir entouré d'arbres
Le manoir de Bellegarde à Tourouvre.

Le trésor est découvert à Tourouvre, au lieu-dit « Bellegarde » dans le département de l'Orne, en 2010, lors d'un diagnostic archéologique. Le site se trouve sur une butte en face du manoir de Bellegarde, un édifice des XVe – XVIe siècles[A 1].

Une voie romaine était située à proximité[1].

Découverte

Le propriétaire du terrain constate un pillage dans son domaine en 2008 et le signale au Service régional de l'archéologie (SRA)[2].

Le diagnostic archéologique, dirigé par Guy Leclerc, a comme objectif de préciser la nature du site, connu comme camp militaire romain depuis le XIXe siècle[B 1]. Les fouilles ont lieu en , avec le soutien financier de la DRAC de Basse-Normandie[D 1] ; six sondages sont alors réalisés[2]. Les recherches sur le terrain durent dix jours[2]. Elles ne permettent pas de découvrir des vestiges de constructions mais des fosses[B 1] pleines de matériaux de démolition[A 1]. Outre le trésor, les fouilles ont livré 30 monnaies indiquant que le site a été utilisé de la fin de la période gauloise au IIe siècle[A 1].

Le dépôt monétaire a été étudié par Pierre-Marie Guihard, du laboratoire de numismatique du CRAHAM de l'université de Caen[B 1] après avoir été nettoyé par le service régional d'archéologie d'Île-de-France, chaque contenant étant étudié séparément[A 2]. Un article de 2023[Lequel ?] évoque le traitement des monnaies[pas clair] au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France (BnF)[2].

Description

Le trésor est constitué de 407 monnaies datées des règnes de Domitien à Victorin, dont la date la plus tardive est 270[B 1]. Il y a deux dépôts, le premier de 130 monnaies et l'autre de 277, qui comprennent également des bijoux[A 3]. Les deux dépôts sont probablement simultanés car des monnaies de Victorin datées de 270 ont été retrouvées dans les deux contenants[A 4]. Les deux tiers des monnaies sont datables de 238 à 270, les autres datent des Flaviens jusqu'avant Gordien III[D 2].

Bouteilles

Vue de monnaies rassemblées et de deux bouteilles dans une vitrine.
Vue générale de la vitrine présentant le trésor et ses contenants au musée de Normandie.

Le trésor est contenu dans deux bouteilles de verre rectangulaires à deux anses[A 3] munies de nervures et coudées[C 1] et de 15 à 16 cm de hauteur, d'un type utilisé du milieu du Ier siècle[C 1] ou IIe siècle au milieu du IIIe siècle[B 1]. Soixante-quinze exemplaires de ces bouteilles sont connus en France[C 1].

L'une d'elles a été abîmée lors de la fouille, du fait d'un coup de pioche[A 3], alors que l'autre est intacte. Le fond des contenants comporte des marques inédites[B 2]. Dans celle qui est abîmée, on voit une estampille en losange alors que dans la seconde, l'estampille est davantage travaillée[A 3].

L'un des flacons est à rapprocher d'exemplaires connus en particulier dans le nord de la Gaule et dans le Gard[C 1]. Les récipients de cette forme sont connus dans le centre et l'ouest de la France et la vallée du Rhin, et un atelier existait peut-être aux alentours de Compiègne, mais cette hypothèse ne fait pas l'unanimité[C 1].

Monnaies et bijoux

Détail de monnaies avec deux monnaies placées sur des éléments de verre
Détail des monnaies du trésor.
Détail d'une monnaie ancienne avec un portrait de personnage muni d'une couronne de lauriers
Avers d'un denier d'Antonin le Pieux (image d'illustration).

Le trésor mis au jour comprend un anneau ainsi qu’un pendentif fait d'un denier romain monté en médaillon. L’anneau, de facture très sobre, ne présente aucun ornement. Le pendentif se distingue par sa bordure torsadée autour du denier, émis sous le règne d’Antonin le Pieux et frappé à Rome entre les années 140 et 143[A 5]. Cette monnaie, fortement usée, présente au revers une représentation de la louve allaitant les jumeaux légendaires Romulus et Rémus. La monture du pendentif pourrait contenir de l’or. Ce type de médaillon monétaire connaît une large diffusion au cours du IIIe siècle. En l’absence d’inscription distinctive, l'identité du propriétaire initial ne peut être établie[A 6].

La présence de bijoux n'est pas inédite pour les trouvailles de trésors datés du IIIe siècle, tant dans les découvertes du XVIIIe siècle que celles du XIXe siècle : le constat a été fait aux Préaux vers la fin du XVIIIe siècle, à Heudreville-sur-Eure (1880), Le Landin (1811) et la plus emblématique découverte est un trésor découvert à Rouen lors de travaux de terrassement au XIXe siècle[A 7].

Détail de monnaies
Détail des monnaies du trésor.

Les monnaies sont en argent et en billon[A 4]. La première bouteille contient 130 antoniniens datés de Gordien III à Victorin, avec une grande proportion de monnaies datées des années 260 sous Gallien ou Postume[A 8]. La seconde bouteille ressemble à la première pour la date finale, mais comporte des monnaies datées de la dynastie des Flaviens[A 8].

Il y a peu de fausse monnaie dans le dépôt. Il s'agit surtout de fausses pièces du règne de Postume, d'un poids « à peine inférieur » aux monnaies authentiques[A 9].

Les monnaies les plus récentes découvertes dans le trésor sont des émissions trévires[D 2] de Victorin de 270, et cette date semble pouvoir être retenue pour l'enterrement du dépôt, « époque riche en dépôts monétaires », trente-six étant recensés dans l'ouest de la Gaule[A 10]. Des trésors ont également été enfouis à cette époque sur les côtes britanniques[D 2].

Interprétation

Notes et références

Voir aussi

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