Tuerie de Dieppe
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| Tuerie de Dieppe | |
| Localisation | Dieppe (France) |
|---|---|
| Cible | Passants et policiers |
| Date | et |
| Type | Attaque au couteau suivie de fusillades |
| Morts | 16 |
| Blessés | 7 |
| Auteurs | Abd el Maleck |
| modifier |
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La tuerie de Dieppe est une série d'attaques commises à Dieppe (Seine-Maritime, alors appelée Seine-Inférieure) dans la nuit du au et au cours de la journée du , par Abd el Maleck, caporal du 5e groupement de tirailleurs nord-africains alors en garnison dans la ville. Après avoir agressé une jeune femme à l'arme blanche, le soldat, probablement ivre, s'empare d'un fusil et tire sur des passants, provoquant la mort de seize personnes.
Nuit du 10 au 11 juin 1945
Le dimanche , vers 21 h 30, Abd el Maleck, caporal du 5e groupement de tirailleurs nord-africains, agresse à l'arme blanche Luce Couture, 18 ans, la blessant grièvement au cou et à la main (l'arme est décrite comme un « couteau ou rasoir » dans Les Informations dieppoises[1]).
Environ une demi-heure plus tard, il est aperçu rue du Château-d'Eau, dissimulant un fusil sous un imperméable. Après un échange avec un aspirant du bataillon, il tire à cinq reprises en sa direction, sans l'atteindre. Il gagne ensuite le quartier des Hospices où il ouvre le feu sur des passants[1]. Il tue Léone Soulet et blesse son mari Léon Soulet à l'angle de la rue Maurice-Thoumyre, puis touche mortellement Georges Dumont à l'angle de la rue Gustave-Lavieuville.
À la tombée de la nuit, le bilan provisoire est de neuf morts et huit blessés, tandis que l'auteur disparaît « à la faveur de la nuit ». Des mesures de sécurité sont mises en place : le commissaire de police Le Bers fait organiser des patrouilles d'agents, tandis que le chef de bataillon Deboudt, commandant d'armes, ordonne des patrouilles de militaires et de gendarmes. Le sous-préfet Le Sidaner reste en contact avec les services de sécurité et raccompagne en voiture des habitants craignant de traverser la zone entre la gare et le Pollet, où le tireur a été signalé[1].
Journée du 11 juin 1945
Vers 8 h 30 le lundi matin, Abd el Maleck — recherché du côté du port — est signalé à Janval, où il tue chez elle Louise Desent, née Couture, 22 ans, sœur de Luce Couture. Des patrouilles sont envoyées et une traque est organisée avec plusieurs forces (police, gendarmerie, brigade mobile, militaires), l'auteur étant ensuite localisé dans le secteur du golf de Dieppe-Pourville[1], où il utilise les blockhaus allemands pour se dissimuler[2].
Il est repéré par deux inspecteurs de police, Jean Bonviolle et René Birot, qui tentent de l'approcher. Le tirailleur se retranche alors dans les ruines d'un radar Mammut (FuMO 51) d'où il ouvre le feu. Les deux policiers, à découvert et armés d'un simple pistolet, sont mortellement atteints[2]. D'autres victimes suivent : l'adjudant Moktar est blessé d'une balle dans le dos ; Fernand Delamare, employé d'assurances, est tué[1] ; Daniel Lardans, de Luneray, est grièvement atteint (il mourra de ses blessures).
Abd el Maleck est finalement localisé sous le tunnel du Petit-Appeville, à Hautot-sur-Mer, et se rend dans l'après-midi après avoir été blessé à la cuisse[1]. Pour cette raison, il est ensuite conduit à l'hôpital où sa blessure est jugée non grave, puis interrogé sans résultat, ne sachant pas lui-même expliquer son geste mais admettant qu'il s'était procuré une bouteille de champagne la veille. Il est emmené à Rouen où il est écroué dans l'attente de son jugement par le Tribunal militaire[3].
Victimes
Bilan
Le premier bilan publié le par Les Informations dieppoises fait état de quatorze morts et neuf blessés. Ce décompte évolue dans les jours suivants après que deux victimes succombent à leurs blessures : Daniel Lardans, puis l'arbitre Robert Dijon qui meurt environ quinze jours après les faits[4]. Le décompte définitif est de seize morts et sept blessés[4].
Morts
La tuerie provoque la mort de seize personnes, dont deux policiers et quatorze civils :
- René Birot, inspecteur de police,
- Roger Blouin (31 ans, entrepreneur de peinture) et Paulette Blouin (née Poulain),
- Jean Bonviolle, inspecteur de police,
- Roland Darcy (24 ans), militaire en permission,
- Eva Debiève (21 ans), femme de ménage,
- Fernand Delamare, employé d'assurances,
- Louise Desent (née Couture), sœur de Luce Couture,
- Robert Dijon, employé au Ravitaillement, plus connu localement comme arbitre de football amateur. Il rentrait d'un match disputé à Bacqueville[3],
- Georges Dumont (43 ans), employé à la SNCF,
- Danielle Dumont (18 ans), employée des PTT,
- Guy Hélouin (16 ans),
- Michel Josse (17 ans),
- Daniel Lardans,
- Ernest Leseillier (40 ans),
- Léone Soulet (46 ans).
Daniel Lardans et Robert Dijon, initialement blessés, meurent de leurs blessures par la suite. La mort de Dijon survient après environ deux semaines d'hospitalisation, malgré la mise à disposition de doses de pénicilline par l'armée américaine à la demande du maire, Pierre-Charles Biez[4].
Blessés
- Luce Couture (18 ans), serveuse,
- Bernard Gouillet (19 ans),
- Madeleine Jean,
- Andrée Leprêtre (24 ans),
- Henri Prevost (44 ans),
- Léon Soulet (44 ans), mari de Léone Soulet,
- Moktar, adjudant au 5e groupement de tirailleurs nord-africains.
Obsèques
Georges Dumont est inhumé dès le , après des obsèques en l'église Saint-Rémy[2]. Daniel Lardans est inhumée le à Luneray à l'issue d'une cérémonie protestante réformée[2].
Le , les obsèques de treize victimes sont célébrées conjointement à l'église Saint-Jacques en présence des principales personnalités locales et d'une foule nombreuse[2]. À l'issue de la cérémonie, le sous-préfet Le Sidaner épingle sur les cercueils des inspecteurs Bonviolle et Birot la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement, décernée par le gouvernement[2].
Les dernières obsèques sont celles de Robert Dijon, mort environ quinze jours après les autres victimes, célébrées le en l'église Saint-Jacques[4].