Télesphore Gagnon est né le 11 juillet 1883 à Sainte-Philomène-de-Fortierville, un village situé sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à environ 100 kilomètres au sud-ouest de Québec. Cultivateur de profession, il était également charpentier, menuisier, forgeron et bûcheron. En 1906, il épouse Marie-Anne Caron, avec qui il a quatre enfants : Marie-Jeanne, Aurore, Georges-Étienne et Joseph. En janvier 1918, Marie-Anne Caron décède de la tuberculose. Le 1er février 1918, Télesphore se remarie avec Marie-Anne Houde, une veuve ayant six enfants issus de son précédent mariage. Marie-Anne Houde emménage chez les Gagnon pour s'occuper de la maison et des enfants[2].
Le 12 février 1920, Aurore Gagnon, âgée de 10 ans, décède des suites de sévices physiques répétés infligés par sa belle-mère, Marie-Anne Houde, et son père, Télesphore Gagnon. Une autopsie pratiquée par le docteur Albert Marois révèle environ 54 blessures sur le corps de l'enfant, dont la plus grave se situe sur le côté du crâne.
Le procès de Marie-Anne Houde débute en avril 1920. Elle est reconnue coupable de meurtre et condamnée à la pendaison. Sa peine est commuée en prison à vie en raison de son état de santé[3].
Télesphore Gagnon est également jugé en avril 1920. Il est reconnu coupable d'homicide involontaire et condamné à la prison à vie. Le jury estime qu'il a été manipulé par sa femme dans les mauvais traitements infligés à sa fille.
Télesphore Gagnon purge cinq ans de sa peine avant d'être libéré en 1925 pour bonne conduite. Après sa libération, il retourne vivre à Sainte-Philomène-de-Fortierville, où il travaille comme menuisier. En 1938, il se remarie avec Marie-Laure Habel. Il décède le 30 août 1961[4].