Aurore Gagnon

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Nom de naissance Marie-Aurore-Lucienne Gagnon
Alias
« Aurore, l'enfant martyre »
Aurore Gagnon
Nom de naissance Marie-Aurore-Lucienne Gagnon
Alias
« Aurore, l'enfant martyre »
Naissance
Sainte-Philomène de Fortierville
(Québec, Canada)
Décès (à 10 ans)
Sainte-Philomène de Fortierville
(Québec, Canada)
Nationalité Canadienne
Famille
Télesphore Gagnon (père)
Marie-Anne Caron (mère)
Marie-Jeanne Gagnon (sœur aînée)
Georges Gagnon (frère cadet)
Joseph Gagnon (frère cadet)
Marie-Anne Houde (marâtre)

Aurore Gagnon (), est une fillette canadienne victime de maltraitance de la part de sa belle-mère, Marie-Anne Houde, et de son père, Télesphore Gagnon (1883-1961), dans un village situé dans le Centre-du-Québec. À 10 ans, elle succombe à une septicémie provoquée par environ 52 blessures infligées lors de sévices répétées, ainsi qu’à un épuisement extrême.

Selon le romancier André Mathieu, l'un de ses biographes, son histoire constitue le « drame le plus pathétique »[1] du passé collectif des Québécois. Remis en mémoire par des pièces de théâtre, des romans historiques et des films, son histoire tragique a popularisé son village natal, Sainte-Philomène de Fortierville, et fait d’elle une icône de la culture sociologique et populaire québécoise.

Aurore Gagnon (baptisée Marie-Aurore-Lucienne Gagnon[2]) est la seconde fille de Télesphore Gagnon et de sa première épouse, Marie-Anne Caron, qu'il épouse en . Télesphore est un fermier prospère de Sainte-Philomène de Fortierville, petit village situé sur la rive Sud du fleuve Saint-Laurent à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Québec. Il est propriétaire d'une terre à l'entrée est du village et on estime qu'il possède 10 000 $ en biens en 1920[3]. Le premier enfant des Gagnon, Marie-Jeanne, est née le 1er et fut suivie par Aurore (), Georges-Étienne (1913) et Joseph (1915-1917)[4].

Peu après la dernière naissance, Marie-Anne Caron tombe malade et les médecins diagnostiquent vite la tuberculose. Marie-Anne Houde, la veuve d'un cousin de Télesphore, emménage bientôt chez lui afin de s'occuper de la maison et des enfants. Âgée d'environ trente ans, elle est mère de deux enfants, Gérard et Georges-Henri. Avant son arrivée dans la maison des Gagnon, Marie-Anne Houde avait eu six enfants avec son premier mari[5]. Cependant, cinq d'entre eux sont décédés à un très bas âge[5]. Elle est originaire de Sainte-Sophie-de-Lévrard, une municipalité voisine de Fortierville. C'est à la suite de son arrivée que plusieurs drames successifs s'abattent sur les Gagnon. En , le corps du plus jeune des enfants, Joseph, un enfant de deux ans, est retrouvé mort dans son lit. Une enquête du coroner conclut à une mort naturelle[6]. En , Marie-Anne Caron décède de la tuberculose à l'asile de Beauport, le . Incapable de s'occuper seul de sa ferme et de ses enfants, Télesphore Gagnon épouse discrètement Marie-Anne Houde une semaine plus tard, le .

Marie-Anne Houde, la belle-mère d'Aurore et seconde femme de Télesphore Gagnon.

Les enfants vont vivre quelques mois chez leurs grands-parents maternels à Leclercville, une autre municipalité voisine[7]. Ce n'est qu'à l'été 1919 qu'ils réemménagent chez leurs parents. Pendant six mois, la seconde fille, Aurore, va vivre un martyre. La jeune fille a été maltraitée et violentée non seulement par sa belle-mère, mais aussi par son père, Télesphore[5]. Outre les sévices corporels, Marie-Anne Houde lui faisait boire de la lessive ou lui coupait mal les cheveux (selon certains témoignages). Aurore a même dû être hospitalisée à l'automne à l'Hôtel-Dieu de Québec parce que sa belle-mère avait brûlé son pied avec un tisonnier rougi au feu. À son retour de l'hôpital, les sévices recommencent vite. Le , Aurore décède dans des circonstances tellement suspectes que les autorités sont alertées. Une autopsie est pratiquée dans le sous-sol de la sacristie de l'église par le docteur Albert Marois. Celui-ci note 54 blessures sur tout le corps de l'enfant, résultats des coups portés, aucune n'étant cependant mortelle par elle-même. Une grande majorité de ces blessures et cicatrices retrouvées sur son corps ont même mal guéri[5]. La blessure la plus grave se trouve sur le côté du crâne. Le cuir chevelu est couvert de sang et de pus. La cuisse gauche est tuméfiée. Sur les doigts et les poignets, la peau est enlevée jusqu'à l'os[8].

Les funérailles ont lieu le . Le service fut fait par le prêtre de Fortierville, Ferdinand Massé. À la sortie de l'église, Marie-Anne Houde est condamnée à la pendaison jusqu'à ce que mort s'ensuive par le juge Louis-Philippe Pelletier[9]. Ils ont dû attendre que Marie-Anne accouche de ses jumeaux avant de pouvoir procéder avec la peine de mort[5]. Sa peine est cependant commuée en sentence à vie le . Elle est toutefois libérée le , pour des raisons de santé, car elle est atteinte du cancer du sein ainsi que du cerveau. Elle va s'établir chez une sœur de son premier mari sur la rue Saint-Denis à Montréal, où elle meurt le . Télesphore Gagnon, également accusé du décès d'Aurore, fut quant à lui condamné à la prison à vie (pour homicide involontaire) par le juge Joseph-Alfred Désy, mais il fut libéré de prison en 1925 pour « bonne conduite » après avoir purgé seulement 5 ans. Par la suite, il retourna dans son village natal, où il écrivit plusieurs lettres à Marie-Anne Houde, toujours en prison, et il reprit son « ancienne vie ». Après la mort de sa femme en 1936, Télesphore se remarie, avant de mourir en . La sœur aînée d'Aurore, Marie-Jeanne, décéda en 1986 à Shawinigan[10].

Culture et mythe

Notes et références

Annexes

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