USS England (DE-635)

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USS England
illustration de USS England (DE-635)
L'USS England au large de San Francisco, le 9 février 1944.

Type Destroyer d'escorte
Classe Classe Buckley
Histoire
Chantier naval Bethlehem Shipbuilding CorporationVoir et modifier les données sur Wikidata
Quille posée
Lancement
Équipage
Équipage 15 officiers, 198 marins
Caractéristiques techniques
Longueur 93 m
Maître-bau 11,2 m
Tirant d'eau 3,4 m (pleine charge)
Déplacement 1 400 t (standard)
1 740 t (pleine charge)
Propulsion Propulsion turbo-électrique General Electric
2 chaudières
2 hélices
Puissance 12 000 ch
Vitesse 23 nœuds (43 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
Rayon d'action 3 700 milles marins à 15 nœuds
Carrière
Pavillon États-Unis
Indicatif DE-635

L’USS England (DE-635) est un destroyer d'escorte de la classe Buckley de l’United States Navy actif durant la Seconde Guerre mondiale.

Il est célèbre dans l'histoire navale pour avoir établi un record jamais égalé de chasse anti-sous-marine : la destruction de six sous-marins japonais en seulement douze jours, du 19 au . Cet exploit lui vaut la Presidential Unit Citation et la promesse de l'amiral Ernest King qu'il y aurait « toujours un England dans la flotte des États-Unis »[1].

L’USS England est nommé en l'honneur de l'enseigne de vaisseau John C. England, tué à son poste sur le cuirassé USS Oklahoma (BB-37) lors de l'Attaque de Pearl Harbor[2].

Sa quille est posée le au chantier naval de la Bethlehem Shipbuilding Corporation à San Francisco. Lancé le 26 septembre suivant, il est parrainé par la mère de l'officier défunt, et admis au service actif le [2].

Histoire opérationnelle

Après ses entraînements initiaux, l’England rejoint le théâtre du Pacifique, arrivant à Espiritu Santo le [2]. Il effectue d'abord des missions d'escorte entre Guadalcanal et les bases arrières, avant d'être affecté à une division de chasse (Hunter-Killer Group) au printemps 1944.

Les douze jours de l'England (mai 1944)

En mai 1944, les services de renseignement américains décryptent des messages japonais indiquant une activité sous-marine intense destinée à ravitailler les troupes isolées à Bougainville et à intercepter les porte-avions américains[1]. L’England, accompagné des destroyers d'escorte USS George (DE-697) et USS Raby (DE-698), reçoit l'ordre d'intercepter ces submersibles.

Sous le commandement du Lieutenant Commander Walton B. Pendleton, le navire enchaîne une série de victoires sans précédent grâce notamment à l'utilisation efficace de son mortier anti-sous-marin Hedgehog :

  • (I-16) : Alerté par un avion de patrouille, l’England repère le sous-marin au sonar à 13h35. Après quatre passes infructueuses, la cinquième salve de son Hedgehog provoque une violente explosion sous-marine, coulant l'I-16 qui transportait du riz vers Buin[3].
  • (Ro-106) : Le George repère le submersible au radar avant l'aube mais manque sa cible. L’England prend le relais et détruit le Ro-106 par une attaque au Hedgehog à 05h01[1].
  • (Ro-104) : Le groupe repère le Ro-104 qui tente de s'échapper. Après plusieurs échecs du Raby et du George, l’England réalise une passe décisive à 08h34, enregistrant une dizaine d'explosions suivies de bruits de dislocation de la coque[2].
  • (Ro-116) : À 02h14, une attaque au Hedgehog de l’England détruit ce submersible. Bien que les explosions soient moins massives que les précédentes, des débris et une nappe de pétrole confirment la destruction au lever du jour[2].
  • (Ro-108) : Alors qu'un groupe aéronaval de relève arrive sur zone, l’England détecte une nouvelle cible au radar puis au sonar. Le Ro-108 est détruit par une salve de Hedgehog, marquant la cinquième victoire du navire[1].
  • (Ro-105) : La chasse au dernier sous-marin est longue. Le Ro-105 parvient à esquiver les attaques conjointes du George, du Raby et du Spangler pendant plus de 24 heures. Finalement, le commandant de la division ordonne par radio : « Oh, et puis merde. Vas-y, England » (« Oh, hell. Go ahead, England »)[1]. Le navire tire sa salve à 07h36, provoquant une énorme explosion qui détruit le submersible.

Cet exploit prive la marine impériale japonaise d'une ligne de patrouille complète et reste unique dans les annales de la guerre anti-sous-marine[4].

Fin de service

L’England continue ses missions d'escorte dans le Pacifique Sud et participe aux opérations préliminaires de la bataille d'Okinawa au printemps 1945[2].

Le , alors qu'il patrouille au nord des îles Kerama, il est attaqué par trois bombardiers en piqué japonais. Bien que la défense anti-aérienne du navire parvienne à incendier l'un des appareils, celui-ci s'écrase délibérément sur le flanc tribord, juste sous la passerelle (une attaque Kamikaze). La bombe de l'avion explose peu après l'impact. L'attaque fait 37 morts ou disparus et 25 blessés graves[2].

Remorqué jusqu'à Leyte pour des réparations d'urgence, il traverse le Pacifique pour rejoindre Philadelphie, où il arrive le . Il doit y être converti en transport rapide (APD), mais la fin de la guerre annule ces travaux. Jugé irréparable au vu des dommages et des surplus de navires, l’England est désarmé le et vendu pour la ferraille en novembre 1946[2].

Distinctions et héritage

Notes et références

Voir aussi

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