Ugo Celada da Virgilio

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Décès
(à 99 ans)
Varèse, Italie
Nom de naissance
Ugo Celada
Nationalité
Italienne
Ugo Celada da Virgilio
Naissance
Décès
(à 99 ans)
Varèse, Italie
Nom de naissance
Ugo Celada
Nationalité
Italienne
Activité
Formation
Maître
Cesare Tallone
Lieu de travail
Mouvement
Réalisme magique, Retour à l'ordre

Ugo Celada da Virgilio, nom d'artiste d'Ugo Celada (, Cerese (Borgo Virgilio) – , Varèse), est un peintre italien. Associé au réalisme magique et aux courants figuratifs du Retour à l'ordre des années 1920-1930, il est connu pour ses natures mortes, ses portraits et ses compositions figuratives[1],[2].

Il choisit le surnom « da Virgilio » en référence au toponyme de sa ville natale, aujourd'hui Borgo Virgilio, revendiquant un lien avec la culture renaissante mantouane et la tradition des maîtres anciens[1].

Après une prise de position publique contre le Novecento italien en 1931, il reste en marge des circuits officiels. Son œuvre fait l'objet d'une redécouverte à partir de 1985, puis d'une exposition monographique au Labirinto della Masone en 2023[1].

Formation

Né à Cerese, aujourd'hui fraction de Borgo Virgilio dans la province de Mantoue, Ugo Celada est inscrit à l'âge de douze ans à l'École royale d'art appliqué de Mantoue grâce à une bourse. Il fréquente ensuite l'École des arts et métiers de Reggio Emilia avant d'entrer à l'Académie des beaux-arts de Brera de Milan, où il suit les cours de Cesare Tallone[1],[2].

Débuts et Première Guerre mondiale

Il expose pour la première fois en 1913 à la Permanente de Milan. Sa carrière est interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il s'engage comme volontaire[1].

Années 1920-1930 et opposition au Novecento

Ses débuts officiels sous le nom d'artiste ont lieu à la Biennale de Venise en 1920, suivis de participations en 1924 et 1926[1]. En 1931, avec d'autres peintres mantouans, il signe une lettre ouverte dénonçant l'hégémonie politico-commerciale du groupe Novecento de Margherita Sarfatti, qu'il qualifie de codification d'un art d'État ; cette prise de position lui vaut un isolement progressif des circuits officiels[1],[3].

Retrait et dernières décennies

Après la Seconde Guerre mondiale, il se retire de la scène publique et continue à peindre jusqu'aux années 1970 pour un cercle restreint de collectionneurs privés[2],[1].

Il meurt le à Varèse, à l'âge de 99 ans[1].

Style et thématiques

Celada se consacre principalement aux natures mortes (fleurs, livres, instruments de musique, objets quotidiens), aux portraits et aux figures féminines. Son travail se caractérise par un rendu précis des matières, des jeux de lumière subtils et une atmosphère de suspension temporelle, rapprochée par la critique du réalisme magique et de la Nouvelle objectivité[1],[2].

Ses compositions intègrent des références à la Renaissance et à Bronzino, ainsi qu'à des contemporains : Giorgio de Chirico pour le motif du mannequin, Giorgio Morandi pour les natures mortes, Cagnaccio di San Pietro pour la lumière froide. Giorgio Villani a décrit son approche comme une « metapittura » : mises en abyme, perspectives insolites, ironie dans les portraits de notables évoquant des vanités[2]. Valerio Terraroli la rapproche du design Déco et du réalisme magique par un désir commun de se désincarner de la réalité courante pour chercher un sens d'enchantement[1].

Œuvres notables

  • Nudo disteso (1926, œuvre aujourd'hui perdue), qualifiée de « chef-d'œuvre d'un maître italien » par Émile Bernard lors de la Biennale de Venise[2].
  • Autoritratto con manichino (1945), hommage à Giorgio de Chirico[2].
  • Il Pescatore (1951, collection famille Celada)[2].
  • Ritratto dell'artista (années 1930, collection du Labirinto della Masone)[1].

Expositions (sélection)

  • Biennale de Venise : 1920, 1924, 1926.
  • Ugo Celada da Virgilio. Enigma antico e moderno / A Discovery Hiding in Plain Sight, Labirinto della Masone, Fontanellato, 7 mai – 15 octobre 2023 (commissaire : Cristian Valenti)[1].
  • Tra guerra e pace. Ugo Celada da Virgilio, 1943-1947, Palazzo Menghini, Castiglione delle Stiviere, 2023.

Collections

Une donation de 56 peintures de l'artiste est conservée au Museo Virgiliano de Pietole (Borgo Virgilio)[1],[4].

Réception critique

Redécouvert en 1985 par l'historien de l'art Flavio Caroli, qui lui consacre un essai, Celada reste absent des grandes anthologies de la peinture italienne du XXe siècle[1],[3].

L'exposition de 2023 au Labirinto della Masone marque un tournant : le commissaire Cristian Valenti le présente comme « un témoin exceptionnel des événements artistiques du XXe siècle, qui a su trouver sa propre voie en résistant aux simplifications historiographiques »[1]. Giorgio Villani (Il Manifesto, 2023) décrit une « metapittura con candore » : virtuosité tendue, formes soustraites à la caducité, influences du Cinquecento et d'un « candore métaphysique »[2].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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