Un coup de dés jamais n'abolira le hasard
poème de Stéphane Mallarmé
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Un coup de dés jamais n'abolira le hasard est un poème de Stéphane Mallarmé paru en 1897. Composé en vers libres, c'est l'un des tout premiers poèmes typographiques de la littérature française.
L'ouvrage connait une postérité importante dans la littérature et l'art. Il a fait l'objet de nombreux hommages et d’adaptations sous la forme de livres d'artistes.
Histoire du poème
Ce poème est initialement paru dans le numéro 17 de la revue Cosmopolis, éditée dans sa version française par Armand Colin, numéro daté ; le poème est précédé d'une « Observation relative au poème » rédigée par Mallarmé lui-même, et d'une « Note de la rédaction ». Le titre était typographiquement composé ainsi : Un Coup de Dés jamais n'abolira le Hasard[1].
Il est ensuite republié, sous forme de volume, aux Éditions de La Nouvelle Revue française, daté : cette édition a été coordonnée par le docteur Edmond Bonniot, le gendre de Mallarmé.

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard a été republié en 2004 par Michel Pierson et Ptyx : cette édition restitue la composition typographique conçue par Mallarmé pour le projet d'édition élaboré avec Ambroise Vollard à partir de juin- mais sans les illustrations. Dans ses Souvenirs (1937, p. 309), Vollard raconte qu'il avait contacté l'imprimerie Firmin-Didot pour produire un album illustré comprenant le texte en regard de lithographies, tirées à partir de dessins en noir d'Odilon Redon, mais qu'il se heurta à un refus catégorique, l'imprimeur considérant l'objet comme fou, du fait de la mise en page typographique. Puis Mallarmé s'entretint avec Redon, notamment à Valvins, et les deux hommes s'accordèrent pour que les illustrations soient conçues avec un fond, ce que ne souhaita pas Vollard pour des raisons purement commerciales. Au bout du compte, le projet a traîné. La mort du poète en n'a fait que confirmer une situation en impasse. De son côté, Vollard conserva les épreuves textes et images, dans l'espoir d'en faire un jour le tirage.
La restitution de la composition typographique a été établie à partir des jeux d'épreuves conservés à la Bibliothèque nationale de France et provenant de la collection Pierre Bérès, en tenant compte des corrections manuscrites de Mallarmé qui mentionne comme titre final : Jamais un coup de dés n'abolira le hasard. Des illustrations de Redon, quatre nous sont parvenues[2].
Les quatre estampes d'Odilon Redon
Éditions
- Stéphane Mallarmé, « Observation relative au poème Un Coup de Dés jamais n'abolira le Hasard », Cosmopolis : revue internationale, , p. 417-427.
- Stéphane Mallarmé, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, Paris, Nouvelle Revue française, 1914.
Éditions du texte
- Bertrand Marchal pour son édition des Œuvres complètes de Mallarmé, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1998.
- Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (ill. Odilon Redon), Paris, Ypsilon, , 36 p. (ISBN 978-2-356-54069-0, présentation en ligne)
- Stéphane Mallarmé (préf. Yves Bonnefoy), Igitur ; Divagations ; Un coup de dés, Paris, Gallimard, coll. « Collection Poésie », , 443 p. (ISBN 2-07-032157-6)
Traduction
- (ar + fr) رَميَةُ نردٍ أبـداً لَنْ تُبطلَ الزّهـرْ [« Un coup de dés jamais n'abolira le hasard »] (trad. de Mohammed Bennis, ill. Odilon Redon, Textes de Mohammed Bennis, Isabella Checcaglini, Bernard Noël), Paris, Ypsilon, , 40 p. (présentation en ligne)
Postérité
« Il me sembla de voir la figure d'une pensée, pour la première fois placée dans notre espace… Ici, véritablement, l'étendue parlait, songeait, enfantait des formes temporelles. L'attente, le doute, la concentration étaient choses visibles. Ma vue avait affaire à des silences qui auraient pris corps[3]. »
De nombreux artistes se sont inspirés du poème de Mallarmé, et ont décidé de prolonger son œuvre au sein de leur propre pratique.
En 1929, Man Ray intitule son 3e et dernier film Les Mystères du château de Dé en hommage au poème et affiche son titre à la fin de la dernière bobine[4].
Le texte a fait l'objet d'une adaptation théâtrale en 1959, Un coup de dés, mise en scène par Jacques Polieri[5],[6],[7].
Livres d'artistes
L'ouvrage connaît une postérité importante dans la littérature et dans l'art[8]. Il notamment a fait l'objet de nombreux hommages et de réappropriations sous la forme de livres d'artistes[9], parmi lesquels :
- Marcel Broodthaers, Un coup de dés n'abolira jamais le hasard, Antwerp, Wide White Space, 1969.
- UltralabTM, stock-shotsTM : un coup de dés jamais n'abolira le hasard, 2003[10]
- Michalis Pichler, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard : Sculpture, Berlin, Greatest hit, 2008 (ISBN 978-3-86874-001-1) ; rééd. 2023, Spector Books (ISBN 9783959058186).
- Jérémie Bennequin, Le Hasard n’abolira jamais un Coup de Dés, éd. Librairie Yvon Lambert, 2014, 100 ex.
Bibliographie
Ouvrage
- Jacques Scherer, Le « Livre » de Mallarmé : premières recherches sur des documents inédits, Paris, Gallimard, (réimpr. 1978), 383 p.
- (en) Robert Greer Cohn, Mallarmé's Masterwork : New Findings, La Haye, De Gruyter Mouton & Company, coll. « Practica » (no 1), (ISBN 9783110991147, lire en ligne
) - Michel Murat, Le coup de dés de Mallarmé : un recommencement de la poésie, Paris, Belin, coll. « L'extrême contemporain », , 178 p. (ISBN 2-7011-4149-4, ISSN 0991-6458)
- Thierry Roger, L'archive du Coup de dés : étude critique de la réception d’Un coup de dés jamais n'abolira le hasard de Stéphane Mallarmé, 1897-2007, Paris, Classique Garnier, coll. « Études de littérature des XXe et XXIe siècles » (no 11), (ISBN 978-2-8124-0133-6)
- Quentin Meillassoux, Le nombre et la sirène : un déchiffrage du « Coup de dés » de Mallarmé, Paris, Fayard, coll. « Ouvertures », , 248 p. (ISBN 978-2-213-66591-7)[11]
- (fr + en) Michalis Pichler, Coup de dés (Collection) Books and Ideas after Mallarmé, Spector Books / Center for Books Arts, 280 p. (ISBN 9783959058179)
Chapitre
- Paul Valéry, « Le Coup de Dés », dans Variétés II, Gallimard, 1929 [lire en ligne]
- chap. IV « Un coup de dés jamais n'abolira le hasard », dans Albert Thibaudet, La poésie de Stéphane Mallarmé : étude littéraire, Paris, Gallimard, , 470 p. (lire en ligne), p. 417-434. Rééd. Gallimard, 2006, (ISBN 2-07-077740-5)
- Maurice Blanchot, Le livre à venir, Gallimard, 1959, chapitre 5.
