Unit (monnaie)

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Unit est un projet d'unité de compte, de monnaie numérique ou d'instrument de règlement international associée aux débats sur la dédollarisation et les paiements transfrontaliers au sein des BRICS et des pays dits BRICS+. Le projet est généralement présenté comme un instrument destiné aux règlements internationaux, plutôt qu'une monnaie fiduciaire destinée à remplacer les monnaies nationales des États membres[1].

Officiellement
utilisateurs
Projet associé aux discussions financières autour des BRICS
Symbole localUNT (proposé)
Sous-unitéAucune
Faits en bref Officiellement utilisateurs, Banque centrale ...
Unit
Unité monétaire actuelle
Officiellement
utilisateurs
Projet associé aux discussions financières autour des BRICS
Banque centrale Aucune
Symbole local UNT (proposé)
Sous-unité Aucune
Taux de change Panier proposé composé d'or et de monnaies nationales
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Selon le livre blanc publié par la Unit Foundation en 2023, Unit serait fondé sur un panier d'actifs comprenant 40 % d'or et 60 % de monnaies fiduciaires, avec un mécanisme de création décentralisé et une infrastructure utilisant des technologies de registre distribué[2]. Le même document précise que Unit ne serait ni une cryptomonnaie au sens strict, ni un stablecoin, car sa valeur serait liée à un panier de réserve sans mécanisme de conversion inverse garanti contre les actifs sous-jacents[2].

Le projet s'inscrit dans un contexte plus large de recherche d'alternatives au rôle dominant du dollar américain dans le commerce international, les paiements transfrontaliers et les réserves de change. Toutefois, les déclarations officielles des BRICS ne consacrent pas Unit comme monnaie commune officielle ; elles mettent principalement l'accent sur l'augmentation de l'usage des monnaies locales, l'amélioration des systèmes de paiement et la réforme de l'architecture financière internationale[3],[4].

Contexte

Les discussions autour d'une alternative financière au dollar américain se sont intensifiées après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et les sanctions occidentales qui ont suivi. En avril 2022, le ministre russe des Finances Anton Silouanov a appelé les pays des BRICS à élargir l'utilisation des monnaies nationales dans les opérations d'import-export, à intégrer leurs systèmes de paiement et à développer des infrastructures financières indépendantes[5].

La question de la dédollarisation est ancienne au sein des BRICS, mais elle a pris une importance accrue avec l'élargissement du groupe et les tensions géopolitiques touchant les systèmes de paiement internationaux. La Carnegie Endowment for International Peace souligne que les responsables des BRICS cherchent depuis plus d'une décennie à réduire la dépendance au dollar, tout en rappelant que la monnaie américaine conserve une place dominante dans le commerce, la dette extérieure et les marchés de change des économies émergentes[6].

Lors du sommet de Kazan en octobre 2024, les dirigeants des BRICS ont réaffirmé leur soutien à l'usage des monnaies locales dans les transactions financières entre pays membres et partenaires commerciaux. La déclaration finale a également pris note des travaux sur l'amélioration du système monétaire et financier international, sans toutefois annoncer la création d'une monnaie commune des BRICS[3]. En parallèle, un rapport préparé dans le cadre de la présidence russe des BRICS a proposé plusieurs pistes concernant les paiements transfrontaliers, les infrastructures de règlement, les investissements et les réserves internationales[4].

Description du projet

Le projet Unit est décrit par ses promoteurs comme une monnaie ou unité numérique fondée sur une architecture dite « fractale », dans laquelle chaque nœud du réseau conserverait une réplique proportionnelle du panier de réserve[2]. Le panier de référence comprendrait 40 % d'or et 60 % de monnaies fiduciaires, ces dernières étant destinées à refléter la diversité monétaire des participants potentiels[2].

Le livre blanc propose le code monétaire « UNT » pour l'utilisation de Unit dans les paiements et les règlements[2]. Il prévoit également que l'émission de nouveaux jetons Unit puisse être effectuée par des nœuds décentralisés, en échange du dépôt des actifs composant le panier de réserve, sans banque centrale unique ni autorité monétaire nationale responsable de l'ensemble du système[2].

Selon une analyse publiée par The Conversation, Unit ne serait pas conçu comme une monnaie de détail destinée aux achats quotidiens, mais plutôt comme un instrument de règlement pour le commerce international, notamment entre acteurs institutionnels ou commerciaux des pays BRICS+[1]. Cette analyse souligne également que l'objectif stratégique serait de réduire la dépendance collective au dollar américain, à l'euro et au yen dans certaines transactions transfrontalières[1].

Liens avec les BRICS

Unit est souvent évoqué dans le contexte des initiatives financières des BRICS, mais son statut institutionnel demeure ambigu. Les documents officiels des sommets BRICS mettent davantage en avant les règlements en monnaies locales, les correspondances bancaires, les infrastructures de paiement et les travaux autour d'un système financier international plus inclusif que la création immédiate d'une monnaie commune[3],[4].

La déclaration de Kazan de 2024 mentionne explicitement l'utilisation accrue des monnaies locales dans les transactions financières entre pays BRICS et partenaires commerciaux, ainsi que la nécessité de renforcer les réseaux de correspondance bancaire afin de permettre des règlements en monnaies nationales[3]. Elle ne mentionne toutefois pas Unit comme instrument officiellement adopté par le groupe[3].

Des médias et analystes ont également souligné que les autorités russes ont cherché à promouvoir des alternatives aux infrastructures dominées par l'Occident, notamment depuis les restrictions imposées à certaines banques russes dans l'accès au système SWIFT[5]. En octobre 2024, Business Insider rapportait que le président russe Vladimir Poutine avait tempéré les attentes concernant une monnaie commune des BRICS, en indiquant que le groupe se concentrait davantage sur les paiements en monnaies nationales que sur la création d'une monnaie unique[7].

Fonctionnement envisagé

Le fonctionnement proposé de Unit repose sur plusieurs éléments :

  • un panier de réserve comprenant une part fixe d'or et une part de monnaies fiduciaires ;[2]
  • une infrastructure numérique reposant sur des mécanismes de synchronisation de type blockchain ou registre distribué ;[2]
  • des nœuds locaux ou régionaux chargés de détenir une réplique proportionnelle du panier de réserve ;[2]
  • une émission décentralisée de jetons Unit en échange du dépôt d'actifs correspondant au panier ;[2]
  • l'absence de convertibilité inverse automatique des jetons Unit contre les actifs du panier, sauf dans des cas particuliers prévus par les règles du système[2].

L'architecture proposée vise à limiter la dépendance envers une seule devise de réserve et à permettre des règlements transfrontaliers sans passer systématiquement par le dollar américain[2]. Toutefois, le projet nécessiterait des règles de gouvernance, des audits, une acceptation réglementaire et une confiance suffisante des participants pour fonctionner à grande échelle[1].

Objectifs avancés

Les objectifs généralement attribués au projet Unit sont les suivants :

  • faciliter les règlements commerciaux entre pays émergents ;
  • réduire les coûts liés aux conversions successives par le dollar américain ;
  • offrir une unité de compte commune pour certains échanges internationaux ;
  • accroître la résilience face aux sanctions financières et aux restrictions d'accès aux infrastructures dominantes ;
  • fournir un instrument de réserve ou de stockage de valeur partiellement adossé à l'or[2],[1].

Ces objectifs s'inscrivent dans une tendance plus large au développement d'infrastructures alternatives de paiement et de règlement. Le rapport de la présidence russe des BRICS sur l'amélioration du système monétaire et financier international identifie notamment les paiements transfrontaliers, les investissements transfrontaliers, les réserves et les mécanismes de sécurité financière mondiale comme des axes de réforme possibles[4].

Critiques et limites

Plusieurs obstacles économiques, politiques et techniques limitent la perspective d'une adoption rapide de Unit. La première difficulté tient au fait que les BRICS ne constituent pas une union monétaire et que leurs économies présentent des structures, des régimes de change, des niveaux d'inflation et des priorités géopolitiques très différents[7].

La domination du dollar américain reste également un obstacle majeur. Selon la Carnegie Endowment for International Peace, les monnaies des pays BRICS demeurent souvent moins liquides et plus coûteuses à échanger directement entre elles que par l'intermédiaire du dollar, ce qui renforce le rôle de celui-ci comme devise pivot dans les transactions internationales[6].

L'absence d'adoption officielle par les gouvernements ou les banques centrales des BRICS constitue une autre limite. Les déclarations officielles du sommet de Kazan soutiennent l'usage des monnaies locales et la coopération financière, mais ne créent pas de monnaie commune et ne désignent pas Unit comme instrument officiel du groupe[3].

Enfin, un système fondé sur l'or et des monnaies nationales poserait des questions de gouvernance, d'audit des réserves, de liquidité, de convertibilité, de conformité réglementaire et de coordination entre juridictions[2],[1].

Notes et références

Voir aussi

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