Urbain Chevreau
historien et dramaturge français (1613-1701)
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Urbain Chevreau, né le à Loudun où il est mort le , est un dramaturge et historien français.
Biographie
Fils du peintre vitrier Anthoine Chevreau et de Suzanne Rue. Les études qu'il poursuit à Poitiers lui sont profitables puisqu'il gagne la capitale à vingt ans pour y devenir avocat au Parlement, où il fait de bonnes connaissances. Désirant se faire un nom, il se lance dans le théâtre et la littérature et se connait du monde des lettres grâce à la Lucrèce romaine, la Suite et le mariage du Cid ou Coriolan, sans toutefois jamais rivaliser avec Corneille, Racine…
Retourné à Loudun, en 1647, il continue à écrire poésie française et latine, romans, traités de morale. Sa réputation d’homme savant s’étant étendue jusqu’à l’étranger[1], il se rend, en 1652, à Stockholm à la cour de Christine de Suède, dont il est secrétaire des commandements. Il entame alors de nombreux séjours au royaume de Danemark, à Venise, Kassel, Hanovre et Heildelberg.
Après avoir quitté cet emploi, il est attiré à la cour de l’Électeur palatin, qui le charge d’instruire dans la religion catholique, la princesse électorale, qui devait épouser Monsieur, le . À la mort de l’électeur, qui l’avait gratifié du titre de conseiller, Louis XIV l’a choisi pour être précepteur du duc du Maine[2].
En 1685, il quitte définitivement la capitale et s'installe dans une grande maison loudunaise, qu’il a laissée aux dames de l’Union Chrétienne, aux conditions qu’elles recevraient gratis trois religieuses. Il y constitue une très importante bibliothèque, devenue propriété des moines bénédictins de Saint-Maur de Saint-Jouin après sa mort, en 1701, et vit au milieu de 3 000 tulipes qu'il fait venir de Hollande.
Il achève sa formidable Histoire du monde en huit volumes, un projet d'une trentaine d'années finalisé en 1686[3]. Malgré l’activité de sa vie et ses nombreux voyages, il a trouvé le temps de composer d’autres ouvrages, dont Chevreana, Tableau de la fortune. Il a laissé aussi des traductions sur les Considérations fortuites et sur la Tranquillité de l’esprit, de Joseph Hall. Ses œuvres mêlées consistent en vers latins et français et en lettres[1].
Œuvre
- Scanderbeg, Paris, 1644.
- Le Tableau de la fortune, ou par la décadence des Empires et des Royaumes, par la ruine des Villes, et par diverses advantures merveilleuses, on voit l'instabilité de toutes les choses du monde, Paris, 1644.
- Remarques sur les poésies de Malherbe, 1660.
- Le Mariage du Cid, 1638.
- la Suite et le Mariage du Cid, tragi-comédie, 1638.
- La Belle Lucresse romaine, tragédie, 1643.
- L'Innocent exilé, tragi-comédie, 1640.
- L’Advocat duppé, 1638.
- Coriolan, 1638.
- Les Deux Amis, 1638.
- Les Véritables Frères rivaux, 1638.
- Chevraeana ou mélanges d'histoire, de critique, (1 vol.) 1697 ; (2 vol.) 1700.
- Chevraeana : ou mélanges d'histoire, de critique, Paris, Florantin & Pierre Delaulne, (réimpr. 1700), 2e éd. (lire en ligne), partie 2.
- Histoire du monde, t. 1, Livre 1. Des premiers hommes, de la république des hébreux, des rois d’Assyrie, des rois des Mèdes, des rois de Perse. Livre 2. De la monarchie des grecs, des rois de Macédoine, des rois de Syrie & des rois d’Égypte, La Haye, Jacob van Ellinkhuysen, , 2e éd. (lire en ligne).
- Histoire du monde, t. 3, addition à l'ouvrage de l’abbé Vertot, Amsterdam, David Mortier, , 3e éd. (lire en ligne).
- Histoire du monde, t. 4, Livre 7. De quelques villes considérables, de Babylone, de Ninive, de Jérusalem, etc. Livre 8. Des merveilles du monde, La Haye, Jacob van Ellinkhuysen, , 2e éd. (lire en ligne).
- Histoire du monde, t. 5, Livre 9. De l’Inde occidentale ou Amérique, du royaume du Mexique, du royaume du Pérou, de l'Inde orientale, du royaume de la Chine et table alphabétique des matières, La Haye, Jacob van Ellinkhuysen, , 2e éd. (lire en ligne).
- Histoire du monde, t. 7, Amsterdam, David Mortier, , 3e éd. (lire en ligne).
- Œuvres mêlées, La Haye, 1717.