Dans un passé lointain[2], les archanges Gabriel et Michel se trouvent en désaccord. Si tous deux s'accordent sur le fait que les hommes étaient jadis mus par la bonté et la compassion, Gabriel soutient que ces vertus perdurent, tandis que Michel affirme que l'humanité les a perdues. Afin de trancher ce différend, ils conviennent de soumettre les humains à une épreuve.
Les deux archanges descendent à Médine : Gabriel se présente à la mosquée sous les traits d'un homme gravement malade, tandis que Michel apparaît sur la place du marché en tant que médecin. Pris de pitié, les habitants offrent de l'argent à Gabriel pour qu'il sollicite un guérisseur. Ce dernier affirme en connaître un et les conduit auprès de Michel.
Michel déclare alors qu'il ne peut guérir Gabriel qu'à l'aide du sang d'un jeune homme sacrifié ; il précise que la victime doit être un septième fils, unique survivant d'une fratrie dont les six aînés sont morts en bas âge. Le seul individu correspondant à cette description est Kassim, le fils de l'homme le plus riche du village. Les habitants acceptent la condition et en informent le père de Kassim. Celui-ci consent au sacrifice, sous réserve de l'accord de son épouse. Cette dernière accepte à son tour, à la condition que Kassim donne lui-même son consentement, ce qu'il fait. Michel exige ensuite que le père doit lui-même procéder à la mise à mort de son fils. Accablé de douleur, le père s'exécute. Les archanges disparaissent alors, laissant les habitants du village préparer les obsèques de l'enfant.
Au Ciel, Michel reconnaît auprès de Gabriel que l'humanité fait encore preuve d'une compassion exemplaire. Les archanges implorent alors Dieu de ressusciter Kassim. Une fois l'autorisation divine obtenue, ils retournent au village sous une nouvelle apparence et se présentent à la famille endeuillée en demandant l'hospitalité. Malgré sa douleur, le père enjoint à son épouse de préparer de la nourriture et de l'eau pour les voyageurs.
Gabriel invoque alors la puissance divine pour ramener à la vie les sept fils de la fratrie, déclenchant l'allégresse de toute la cité. De retour au Ciel, les archanges prophétisent qu'à l'avenir, les hommes perdront leur sens de la compassion au profit d'une obsession pour leur bien-être matériel et l'accumulation de richesses. Le poète clôt son œuvre en affirmant que cette prophétie s'est, de son temps, déjà réalisée.