Valve Corporation
entreprise américaine de développement et d'édition de jeux vidéo
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Valve Corporation (/ˈvælv ˌkɔːpəˈɹeɪʃən/) est un studio de développement, éditeur et distributeur de jeux vidéo américain basé à Bellevue, dans l'État de Washington. Valve est devenu célèbre après la sortie de son premier jeu, Half-Life, en novembre 1998. Le studio a prolongé ce succès en développant des modifications, des séries dérivées et des jeux, parmi lesquels on compte Half-Life 2, Counter-Strike, Team Fortress, Portal, Portal 2 et Dota 2. Valve est également connu pour être le précurseur et chef de file dans la distribution numérique de contenus de jeux vidéo, avec sa plateforme Steam.
| Valve | |
Logo de Valve. | |
Bureau de Valve à Bellevue (Washington). | |
| Création | [1] |
|---|---|
| Fondateurs | Gabe Newell (Gaben), Mike Harrington |
| Forme juridique | LLC (SARL) |
| Siège social | Bellevue |
| Direction | Gabe Newell (CEO) |
| Activité | Industrie vidéoludique |
| Produits | Jeux vidéo (cf. Jeux) Plateforme de distribution Steam Moteur de jeu Source Valve Anti-Cheat |
| Filiales | Valve S.a.r.l., Luxembourg |
| Effectif | ~336 (2025) |
| Site web | www.valvesoftware.com |
| Fonds propres | 10 milliards de dollars (2018) |
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Histoire
Valve est à l'origine un studio de développement de jeux vidéo créé en 1996 par Gabe Newell et Mike Harrington, deux informaticiens qui ont passé respectivement 13 et 9 ans chez Microsoft. Ils décident de recruter une équipe composée de jeunes développeurs et d'amateurs doués dans leur domaine[2]. En partenariat avec l'éditeur Sierra On-Line, le studio se lance dans la conception de son premier jeu, nommé Half-Life. Ce dernier sort le .
Le marque le lancement de Steam[3], plateforme servant initialement à distribuer des mises à jour pour Counter-Strike, avant de se diversifier en 2005 dans la vente de jeux vidéo dématérialisés[4].
Le , Valve annonce l'acquisition de Turtle Rock Studios, derrière le titre multijoueur Left 4 Dead[5].
En , Valve rachète le studio Campo Santo, qui a développé Firewatch. Les 12 membres de l'équipe quittent alors San Francisco pour s'installer dans les locaux de Valve à Seattle[6].
Le , une partie de l'effectif du studio Hopoo Games (développeur de la licence Risk of Rain) dont l'un de ses cofondateurs[7], est absorbée par Valve[8],[9].
Logos
Structure de l'entreprise
Organisation horizontale
Valve fonctionne selon une structure organisationnelle horizontale et utilise un système d'allocation ouverte (par exemple les bureaux qui ont des roulettes permettent à chaque employé de choisir par lui-même l'endroit et les personnes avec lesquels il veut partager son expertise et contribuer à la création du produit de l'entreprise qui l’intéresse et le motive)[10].
Productions
Jeux vidéo
Moteur de jeu Source
Après le succès d'Half-Life premier du nom (9,3 millions de vente dans le monde)[13], l'équipe menée par Keiran Wright s'est concentrée sur la création de mods, spin-offs, et suites, incluant Half-Life 2. Tous les jeux de Valve sont aujourd'hui basés sur son moteur de jeu Source. La société a développé 6 séries de jeux : Half-Life, Team Fortress, Portal, Counter-Strike, Left 4 Dead et Day of Defeat. Valve est réputé pour son support dans la communauté de modding de ses jeux, avec en bonne place : Counter-Strike, Team Fortress, et Day of Defeat. Valve a continué dans cette voie en offrant aux joueurs Dota 2, la suite stand-alone du mod de Warcraft III: Reign of Chaos. La genèse de chacun de ces jeux a débuté par un mod créé par un tiers, que Valve a acquis et développé pour en faire un jeu complet. Ils distribuent aussi des mods créés par la communauté sur Steam.
Logiciel de distribution numérique Steam

La société est également à l'origine de la plate-forme d'acquisition en ligne de jeux vidéo Steam. Il s'agit d'un logiciel disponible sur Windows, Linux, et Macintosh (couplé à un site internet) qui permet de s'inscrire puis d'acheter (via une transaction sécurisée) et de télécharger des jeux ainsi que des logiciels parmi le catalogue de Valve, mais également de nombreux autres éditeurs. Entre autres avantages du système, il y a la mise à jour constante et automatique des jeux, la mise à disposition de nombreux outils communautaires et de nombreuses offres très régulières.
En 2013, Valve a annoncé l'arrivée des Steam Machines, un ensemble d'ordinateurs de jeu assemblés dans des boîtiers ressemblant pour la plupart fortement aux consoles de salon traditionnelles, et fonctionnant sous SteamOS, un système d'exploitation dérivé de Debian, une distribution Linux, qui intègre Steam, lancé au démarrage des Steam Machines en mode Big Picture, une interface totalement contrôlable à la manette. Valve annonce un peu plus tard, la même année, l'arrivée du Steam Controller, une manette de jeu spécialement étudiée pour permettre de jouer aux jeux prévus pour clavier/souris. Cette manette sera vendue seule ou avec certaines Steam Machines. Valve donne également la possibilité de créer sa propre Steam Machine, en permettant d'installer SteamOS sur n'importe quel ordinateur personnel.
Esport
Via ses réalisations Counter-Strike: Global Offensive et DotA 2, Valve est un acteur important du sport électronique. L'entreprise organise elle-même The International, un championnat annuel sur DotA 2 réputé pour ses récompenses records[14]. Cependant, en 2014, une affaire de matches arrangés via des sites de paris est révélée au grand jour ; pour la première fois, Valve intervient et bannit à vie les joueurs de "toute compétition nécessitant Steam"[15]. En 2015, un sénateur australien met en doute la légalité de la plate-forme Steam, laquelle pourrait contrevenir aux lois sur les paris déguisés[16]. En , Valve prend des sanctions contre divers sites de paris en rapport avec Counter-Strike: Global Offensive, en en faisant fermer certains ; cependant, le gouvernement américain met en cause la responsabilité de Valve dans ces paris, via la Washington State Gambling Commission (en)[17].
Affaires judiciaires
Accusations de pratiques anticoncurrentielles
Procès d'Epic Games contre Apple
En novembre 2020, dans le cadre du procès intenté par Epic Games contre la société Apple pour pratiques monopolistiques, Apple assigne Valve à comparaître en avançant que certaines informations de Steam seraient cruciales pour monter son dossier contre Epic. Apple réclame alors un total de six années de données confidentielles relatives à Steam, ce que Valve refuse, en acceptant malgré tout de fournir certains documents dans une « mesure raisonnable ». Peu satisfait par Valve, Apple dépose une lettre de communication de pièces conjointe le 18 février 2021 devant le tribunal de district du nord de la Californie[18],[19],[20],[21].
Accusation d'abus de position dominante de Steam
Le 26 janvier 2026, la militante britannique des droits numériques des enfants Vicki Shotbolt mène une action collective devant le Competition Appeal Tribunal contre l'entreprise Valve, qu'elle accuse d'exercer avec Steam une position dominante abusive sur le marché de la distribution numérique de jeux vidéo sur PC. Parmi les mesures abusives de Valve sur les consommateurs qu'elle recense, elle cite notamment la commission de 30 % que prend la société américaine sur les ventes de jeux, ce qui empêcherait les éditeurs de proposer des tarifs plus compétitifs, ou encore la "clause de parité de prix" imposée aux éditeurs, obligeant les studios à proposer les mêmes prix sur Steam que sur les boutiques concurrentes comme GOG ou l'Epic Games Store. Pour tous ces abus, Vicki Shotbolt réclame 656 millions de livres (soit 754 millions d'euros) à Valve pour rembourser les « près de 14 millions de personnes au Royaume-Uni qui ont acheté des jeux ou du contenu supplémentaire via Steam ou d’autres plateformes depuis 2018 »[22],[23],[24].
Accusations de violation des lois sur les jeux d'argent
Dans l'État de New York
Le 25 février 2026, la procureure générale de l'État de New York Letitia James attaque Valve en justice, accusant l'entreprise d'avoir violé les lois locales sur les jeux d’argent à travers plusieurs de ses titres (Counter-Strike 2, Team Fortress 2 et Dota 2). Sa plainte vise particulièrement le modèle des loot boxes, qui « incitent les utilisateurs à payer pour avoir une chance de gagner un objet virtuel rare doté d’une valeur monétaire significative » selon l’enquête menée par son bureau. Elle estime ainsi « que Valve a gagné des milliards de dollars en attirant ses utilisateurs, dont beaucoup sont des adolescents ou plus jeunes, vers des pratiques de jeu d’argent dans l’espoir de gagner des objets virtuels coûteux qu’ils peuvent ensuite monnayer »[25],[26],[27].
Le 11 mars 2026, l'entreprise états-unienne se défend en arguant que « ce type de boîtes est largement utilisé dans [ses] jeux, non seulement dans les jeux vidéo, mais aussi dans le monde réel » et que « les joueurs n'ont pas besoin d'ouvrir de boîtes mystères pour jouer aux jeux Valve »[28],[29].
Dans l'État de Washington
Le 9 mars 2026, l'avocat états-unien Steve Berman (en), fondateur du cabinet d'avocats Hagens Berman (en), poursuit Valve dans le cadre d'une action collective devant le tribunal du district ouest de l'État de Washington. En effet, il « accuse Valve d'exploiter sciemment des jeux d'argent illégaux via son système de « loot boxes » »[30],[29].
Controverses
Réaction de l'entreprise à l'invasion russe de l'Ukraine
Malgré l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 et les sanctions internationales imposées à la Russie, Valve Corporation a continué de fournir des services au pays, suscitant des critiques pour avoir soutenu l'économie russe et entravé l'influence des sanctions internationales[31]. Valve n'a pas abordé publiquement le conflit, et l'utilisation de la plateforme en Russie a été compliquée uniquement par la suspension des services par les fournisseurs de paiement[32]. À partir de janvier 2024, une recherche de la Yale School of Management, qui a évalué la réaction des entreprises à l'invasion russe, a classé Valve dans la catégorie « Grade F » de « Digging In », ce qui signifie « Défier les demandes de cessation ou de réduction des activités »[33].