Ventilation industrielle
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La ventilation industrielle désigne les techniques et procédés industriels permettant de renouveler l’air au sein d’une usine : on évacue l’air intérieur pollué et on injecte de l’air « pur » extérieur. L'un des objectifs est le traitement et le conditionnement de l'air pour la santé et la sécurité des travailleurs en usine. Le principe de fonctionnement reste identique, mais les systèmes sont adaptés aux besoins de chaque bâtiment.
La première ventilation artificielle dont l'histoire fasse mention est celle que conseille Hippocrate en -460[1] : elle consistait en faire de grands feux sur les places, pour que le déplacement d’air entre l’air chaud et l’air froid crée une ventilation, et que la chaleur détruise les miasmes et purifie l’atmosphère. L’efficacité est cependant limitée, car la chaleur est très localisée.

La ventilation s’est inventée au fur et à mesure des siècles, pour répondre à différents besoins, principalement sanitaire; par exemple dans les prisons, les navires, les hôpitaux, où le nombre de morts était particulièrement élevé du fait d’une mauvaise circulation de l’air, favorable à la propagation des maladies.
Processus
On distingue deux techniques principales de ventilation : la ventilation locale par aspiration à la source, et la ventilation générale aussi appelée ventilation par dilution.
La ventilation générale
La ventilation générale[2], aussi appelée ventilation par dilution, a pour principe d’apporter de manière massive de l’air “neuf” et évacuer de manière tout aussi massive l’air pollué, par le biais de grands ventilateurs d’extraction placés soit au niveau des murs du bâtiment, soit sur le toit. L’objectif est de diluer la pollution et de faire passer la concentration des substances toxiques sous un certain seuil (défini selon l’entreprise et dans le respect des normes en vigueur). La répartition des polluants dans l’ensemble du local induit néanmoins le risque que d’autres personnes, se trouvant relativement éloignées du poste de travail contaminant, soient atteintes par la pollution.

La ventilation par dilution peut être optimisée selon la position du ventilateur d’extraction. En effet, lorsque celui-ci est situé à proximité des travailleurs exposés de façon à aspirer la pollution avant qu’elle n’atteigne la zone de respiration du travailleur, et que l’apport d’air est situé derrière le travailleur, l’air contaminé est immédiatement ventilé et non pas respiré (voir schéma 1).
Cette méthode laisse néanmoins toujours une partie de la pollution dans l’environnement de travail, c’est pourquoi elle est privilégiée, et ne doit être utilisée, que dans les cas suivants :
- substances à la toxicité moindre
- quantités de polluants générées peu élevées
- travailleurs n’exécutant pas leurs tâches à proximité immédiate de la source de contamination
- uniformité du taux d’émission de contaminants
Elle peut également servir de complément à la ventilation locale au cas où celle-ci ne parviendrait pas à capter la totalité de la pollution émise. Elle est aussi utilisée à titre principal dans les cas où le recours à une ventilation locale serait impossible pour des raisons techniques.
En résumé, la ventilation par dilution a pour limites :
- de ne pas complètement éliminer les contaminants
- de ne pas être utilisable pour les produits chimiques hautement toxiques
- d’être inefficace pour la poussière, la fumée de métaux, ou les grandes quantités de gaz ou de vapeurs
- d’être inefficace pour la gestion de pics d’émission irréguliers, car la quantité d’air utilisé doit être calculée en fonction de la pollution de l’air
- de nécessiter de grandes quantités d’air de remplacement, qu’il faut chauffer ou refroidir
La ventilation locale

La ventilation locale consiste à éviter la dispersion de la pollution dans l’environnement et l’exposition des travailleurs en la captant à sa source, ou du moins le plus proche possible de celle-ci. On cherche à évacuer les polluants et à les maintenir dans une zone la plus restreinte possible.
Pour une bonne ventilation locale, plusieurs principes sont à respecter. Il s’agit en premier lieu d’envelopper autant que possible la zone productrice de polluants, de façon à contenir les polluants dans une zone aussi restreinte que possible et à limiter les possibilités de fuite dans l’environnement, le tout sans gêner le travailleur. Il est nécessaire de capter au plus près de la zone d’émission, car l’efficacité du système d’aspiration diminue avec la distance, tout en utilisant les mouvements naturels des polluants, par exemple dans le cas d’air pollué chaud. Une plus grande proximité entre le dispositif de captage et la zone d’émission de la pollution garantit donc une bonne efficacité tout en faisant appel à de plus faibles débit d’air. Il faut également que la vitesse de l’air soit suffisante et uniforme sur toute la zone de captage, pour assurer que tous les polluants soient bien captés et éviter les fuites (si la vitesse d’aspiration est trop faible, ou non uniforme, ce qui entraîne des fuites de l’air pollué par les zones à plus faible vitesse d’aspiration).
Il existe trois dispositifs de captage aussi appelées « hottes » dans le cas d’une ventilation locale : hotte enveloppante, hotte de capture et hotte de réception.

Les hottes enveloppantes, ou hotte de « fumée », sont des hottes entourant le processus de travail ou la source d’émission des contaminants. Des exemples de hottes fermés (4 cotés fermés), sont les « Glove boxes » , les boîte à gants et les capots de broyeur consiste en une enceinte ou une cabine autour de la zone d’émission ayant pour but de contenir la dispersion du polluant au sein de cette enceinte, avec un système d’aspiration de l’air pollué.
Les hottes de capture sont situées à côté d'une source d'émission sans l'envelopper.
Les hottes de réception sont conçues pour recevoir ou capter les émissions d'une source ayant une vitesse ou un mouvement initial. Par exemple, un type de hotte de réception appelée hotte à auvent reçoit de l'air et des gaz chauds montants. Un exemple est une hotte à auvent située au-dessus d'un four de fusion.
Principes communs
Peu importe la technologie choisie, l’un des principes de base de la ventilation est le renouvellement de l’air dans les mêmes quantités. Ainsi, la masse d’air polluée rejetée par la ventilation doit être compensée en continu et de manière fluide par une entrée d’air sain, afin d’éviter au maximum les différences de pression entre le local ventilé et l’extérieur, ce qui comprend les locaux adjacents. Il faut également éviter les courants d’air et tout ce qui peut entraîner une sensation d’inconfort thermique pour le travailleur.
Toute forme de ventilation est confrontée aux problèmes suivants :
- le système se détériore au cours des années, il perd en efficacité du fait de l’accumulation des contaminants au sein du système, spécialement dans les filtres
- l’ensemble exige une maintenance en continu
- des tests réguliers sont obligatoires afin de prévenir les problèmes le plus tôt possible, et de mettre en place des mesures correctives
- seul le personnel qualifié devrait modifier le système de ventilation, afin d’assurer que celui-ci continue de fonctionner correctement et de garantir la sécurité des employés