Victimes sacrificielles du Minotaure
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Dans la mythologie grecque, les victimes sacrificielles du Minotaures sont quatorze jeunes citoyens nobles (sept jeunes hommes et sept jeunes filles) que les habitants d'Athènes sont contraints de choisir et d'offrir, à un moment de leur histoire, au monstre mi-humain, mi-taurin, par le roi crétois Minos, en représailles pour la mort de son fils Androgée.

Excellent athlète, Androgée, fils du roi Minos, est tué par des jeunes gens d'Athènes et de Mégare à la demande du roi Égée, jaloux de ce qu'il leur a enlevé tous les prix aux Panathénées. Minos, pour venger ce meurtre, s'empare de ces deux villes, et oblige les habitants à lui envoyer tous les ans ou tous les quelques années sept jeunes garçons et sept jeunes filles qui étaient alors livrés au Minotaure[1]. Dans une autre version Égée, jaloux des triomphes d'Androgée aux Panathénées, le pousse à affronter le taureau du Marathon. Androgée est tué lors du combat. Apprenant sa mort, Minos lance une attaque contre Athènes. Décimés par la peste envoyée par Zeus et sur les conseils d'un oracle, les Athéniens sont forcés de se rendre. Pareillement, Minos leur impose un tribut : lui envoyer tous les ans sept jeunes garçons et sept jeunes filles qui seront livrés au Minotaure[2].
Les victimes étaient tirées au sort, devaient être désarmées et finiraient soit par être consommées par le Minotaure, soit par se perdre et périr dans le Labyrinthe, la structure où le Minotaure était gardé. Les offrandes devaient avoir lieu tous les un, sept ou neuf ans selon les versions et durèrent jusqu'à ce que Thésée se porte volontaire pour rejoindre le troisième groupe de victimes potentielles, tue le monstre et conduise ses compagnons en toute sécurité hors du Labyrinthe[3],[4],[5],[6].
Rationalisation du mythe

Plutarque dans sa Vie de Thésée cite une version rationalisée de ce mythe, faisant référence à Philochore qui à son tour prétendait suivre une tradition crétoise locale. Selon elle, les jeunes n'ont pas été réellement tués mais donnés comme prix aux gagnants des jeux funéraires d'Androgée. Le Labyrinthe était un donjon ordinaire où ils étaient temporairement gardés. Le vainqueur qui les reçut en prix fut Taurus, le général le plus puissant de Minos. Il maltraitait les jeunes, gagnant ainsi la réputation d'un monstre. Plutarque cite en outre une œuvre perdue d'Aristote, La Constitution des bottéens (en), dans laquelle les jeunes Athéniens n'auraient pas été tués en Crète, mais réduits en esclavage pour le reste de leur vie. De plus, lorsque, des générations plus tard, les Crétois envoyèrent une offrande de leurs premiers-nés à Delphes en accomplissement d'un serment, des descendants de ces Athéniens se trouvaient parmi ceux envoyés. L'ensemble du groupe s'est installé à Delphes mais est rapidement devenu incapable de subvenir à ses besoins. Ils ont alors d'abord déménagé à Iapygie en Italie, puis à Bottiée en Thrace[8].

