Victor Hageman
peintre belge
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Biographie
Famille
Victor (Victor Charles) Hageman, né à Anvers le , est le fils de Jean Gérard Hageman (1825), né à Dordrecht, agent commercial, et de Catherine Kieffer (1831), née à Sarrebruck, mariés à Arlon le . Il demeure célibataire[1],[2].
Formation
Victor Hageman se forme à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, où il côtoie Vincent van Gogh durant le bref passage de ce dernier à l'Académie au début de l'année 1886. Victor Hageman a notamment Eugène Siberdt comme professeur de dessin[3].
Carrière

Victor Hageman est membre des cercles artistiques Als ik Kan (1891), Eenigen (1900) et, en 1905, l'un des fondateurs de L'Art Contemporain (Kunst van Heden). Il expose également à la Société royale belge des aquarellistes, au cercle Labeur, de même qu'à Düsseldorf (1911), Munich (1913), La Haye (1913), Nice (1928), Alger (1928) et Stockholm (1934)[4].
En 1913 Victor Hageman s'établit à Uccle, où il meurt le , âgé de 70 ans. Il est incinéré et ses funérailles ont lieu dans l'intimité[4].
Œuvre
Caractéristiques



Victor Hageman est surtout connu pour ses portraits et ses scènes de genre témoins de sa conscience sociale. Ses thèmes centraux dépeignent de manière réaliste l'univers portuaire d'Anvers. Il excelle dans la représentation des Émigrants juifs de Russie embarquant vers l'Amérique. Il peint aussi les dockers, les matelots de diverses nationalités, comme les marins hindous. Son univers pictural inclut aussi le thème de la maternité et les paysages brabançons. Il est également aquarelliste et pastelliste[5].
Réception critique
En , lorsque Victor Hageman bénéficie d'une exposition particulière au cercle artistique de Bruxelles, le critique du quotidien Le Matin écrit :
« M. Victor Hageman, peintre curieux, puissant, d'une déconcertante originalité, a rassemblé une cinquantaine de ses types de juifs, d'émigrants, de matelots hindous. Dans ce décor fantastique des bassins, tout hérissé de mâts, de cheminées, des bras obliques des grues […], vous avez vu passer ces petits hommes aux faces polies, couleur de bois des îles, camuses, prognathes, aux fuyants regards. Un pagne blanc, un turban jaune mettait dans le gris et le noir alentour comme une tache inquiétante. Mais plus inquiétante encore est leur allure, calme, mesurée, agile, qui a je ne sais quoi de félin, de sacré aussi, car on dirait qu'en marchant ils accomplissent un rite. C'est tout cela, jusqu'à la vérité criante, que M. Victor Hageman nous restitue dans ces fortes compositions. La technique en est impeccable, le dessin souple et précis, le coloris intense par l'effet même de la sobriété, car il se résume généralement en une ou deux teintes opposées à du noir. Plus humain, plus dramatique, moins subtil aussi, tel est le mystère que cachent sous leur fronts étroits ces émigrants, ces émigrantes, dont on voit passer le troupeau, comme fouaillé par une main invisible. M. Hageman a surpris tout le tragique, la sourde fatalité de leur destin. […] Dans une troisième catégorie d'œuvres, la plus importante, défilent toute une série de types sémites, jeunes filles juives, têtes de patriarches, comme évadés de l'Ancien Testament[5]. »
Expositions triennales
- Salon de Bruxelles de 1893 : Enfant de village[6].
- Salon de Bruxelles de 1907 : Mère tenant son enfant, Enfants russes et Les Émigrants qui passent[7].
- Salon de Gand de 1922 : Paysanne endormie dans l'herbe[8].
- Salon triennal de Liège de 1928.
- Salon d'Anvers de 1930 : Femmes de bûcheron et Le Mendiant.
- Salon de Gand de 1933 : Paysanne aux pommes et Vieux cheval.
- Exposition quadriennale d'Anvers de 1938 : Deux paysannes.
Collections muséales
- Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles) : Émigrante et enfant, craie noire, pastel sur papier, inventaire no 4119, format 52,1 × 52,2 cm, legs du Ministre Auguste Beernaert, Bruxelles, 1912 ; entré au Musée en 1919[9].
- Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers : Mère et enfant, Les Émigrants et Hindous (peintures) et quatre « encre sur papier »[10].
- Musée des Beaux-Arts de Gand : Paysanne endormie dans l'herbe, peinture à l'huile, inventaire no 1922-X, acquis en 1922, après le Salon de Gand[8].